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Etude qualitative de la faune culicidienne de l'étang du quartier mairie (Zoetele - Cameroun)

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par Serge Eugène AMOUGOU ZIBI
Université de Yaoundé I - DEA 2010
  

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I-2-3 La nymphe

La nymphe est une pupe mobile, apode, en forme de virgule vivant dans l'eau, caractérisant le stade de repos qui s'intercale entre la larve et l'adulte Elle est formée d'un céphalothorax globuleux et d'un abdomen.

Le céphalothorax porte des ébauches des yeux et des appendices (antennes, trompe, pattes, ailes) .On note aussi l'existence de deux trompes siphonothoraciques respiratoires par lesquelles la nymphe respire l'air atmosphérique ou l'air des plantes aquatiques (Grassé, 1979).

L'abdomen est composé de huit segments visibles et d'un neuvième atrophié, tous portant des soies caractéristiques. Le 1er segment est muni d'une soie palmée. Les segments 2 à 7 présentent des soies simples. Le 8e segment est muni de deux palettes natatoires ainsi qu'une soie palmée.

Au fur et à mesure qu'approche la fin du stade nymphal, la morphologie de l'adulte contenue dans l'exuvie devient de plus en plus visible par transparence. L'augmentation de la pression interne entraîne un déchirement médio-dorsal de la cuticule du céphalothorax, permettant l'émergence de l'imago. L'exuvie nymphale va servir de radeau jusqu'au durcissement complet de la cuticule de l'adulte. Dès lors, l'adulte reste un instant immobile, le temps que ses ailes se déploient, puis s'envole. L'émergence dure environ quinze minutes et représente une phase

délicate dans la vie de l'insecte où survient une forte mortalité par noyade allant à près de 80% dans certains cas (Rodhain et Perez, 1985).

La durée du stade nymphal est de 2 à 3 jours. Elle est ailleurs inversement proportionnelle à la température : 20 jours à 20°c, mais seulement 7 jours à 31°c, permettent ainsi la compétition de cette phase dans des sites temporaires. La variation de la pluviosité est un facteur important dans la productivité nymphale.

Après le stade nymphal, l'insecte subit une cinquième mue libérant ainsi l'adulte.

I-2-4 L'adulte

L'imago est un petit nématocère fin à corps allongé de 5 à 10 mm de long. L'adulte mâle et femelle est nectarivore, mais la femelle est en plus hématophage et la quantité de sang prélevée fluctue de 4 à 10 mm3 en 1 à 2 minutes. La femelle est attirée par les odeurs corporelles, le gaz carbonique ou la chaleur émise par leurs hôtes (Rozendaal, 1999)

L'hématophagie est importante pour la maturation des oeufs, car la plupart des espèces ont besoin d'apport supplémentaire en protéines. Elle n'est pas indispensable à la survie. Il existe néanmoins des espèces dites autogènes, qui sont capables de produire leur première ponte sans repas sanguin, et utilisent les réserves énergétiques accumulées par la larve, à l'exemple de Culex pipiens, Coquillettidae richiardii, Uranotaenia unguiculata (Cléments, 1963).

Les adultes présentent des préférences trophiques diverses vis-à-vis des hôtes et l'environnement. Ainsi, on a des espèces zoophiles (piquent les animaux), anthropophiles (piquent l'Homme), zoo-anthropophiles (piquent les animaux et l'Homme), exophages (piquent à l'extérieur) ou endophages (piquent à l'intérieur des maisons), exophiles (se reposent à l'extérieur) ou endophiles (se reposent à l'intérieur). Les femelles sont fécondées peu de temps après l'éclosion. L'accouplement a lieu soit en plein vol au niveau des essaims (espèces eurygames),

soit au repos (espèces etenogames). La femelle pond généralement après le premier repas sanguin. Le nombre de ponte varie de trois à cinq. La femelle ne s'accouple qu'une seule fois au cours de son existence. Les spermatozoïdes sont emmagasinés dans un réceptacle appelé spermathèque dont ils sont extraits progressivement pour féconder la totalité des oeufs qu'elle produit pendant le reste de sa vie. Quand la femelle est gravide, elle cherche un gîte aquatique adapté à la ponte. Le temps qui s'écoule entre le repas sanguin et la ponte des oeufs s'appelle cycle gonotrophique. La durée de ce cycle varie de deux à cinq jours selon les espèces ; elle varie de 48 à 74 heures en zone tropicale chez le genre Anopheles (Mouchet et Carnevale, 1991). La longévité de l'adulte varie selon la température, l'humidité relative de l'air et l'espèce de moustique. En général, les femelles vivent en moyenne trente à quarante jours, les mâles trois à quatre jours sous une température de 25°c à 27°c et une humidité relative de 70% à 80% chez le genre Anopheles (Rodhain et Perez, 1985). Pour certaines espèces, elle est de trois à quatre semaines (par exemple Culex pipiens en période estivale), pour les espèces qui hibernent à l'état adulte, elle peut atteindre et dépasser six mois (c'est le cas d'Anopheles atroparvus) (Mouchet et Carnevale, 1991). Les moustiques adultes du genre Aedes ne survivent que dans un climat humide, à des températures supérieures à 22°c jour et nuit, par exemple Aedes aegypti n'est actif que si la température est supérieure à 23°c.

La distance parcourue dépend de la réserve d'énergie fournie par le glycogène, synthétisé à partir du nectar et stocké dans le corps gras et dans les muscles .La distance maximale parcourue après un repas de nectar est d'environ 30 km, mais pas forcément en une seule fois, ni une seule direction. Le rayon d'action est variable selon le sexe et les espèces, de 1 à 10km quand les conditions atmosphériques sont convenables. Le mâle a un rayon d'action plus court, par conséquent la présence d'un grand nombre de mâles indique la proximité d'un gîte (Bakwo, 2005).

Les moustiques sont de petits nématocères fin à corps allongé, de 5 à 10 mm de long. Le corps est subdivisé en trois parties distinctes (la tête, le thorax, et l'abdomen) recouvertes d'écailles qui aident à l'identification (Holstein, 1949).

Le tégument est composé de plaques rigides (sclérites) reliées entre elles par des membranes chitineuses minces. Chaque métamère (segment du corps) est un anneau formé d'un tergite (sclérite dorsal) d'un sternite (sclérite ventral) et de deux pleurites (sclérites latéraux). Les téguments portent des soies ou des écailles (ornementations) qui jouent un rôle protecteur en ralentissant l'évaporation cutanée. La disposition, la couleur des écailles servent en taxonomie.

La tête est globuleuse et bien dégagée du thorax. Elle est portée par un cou étroit et porte :

Une paire d'yeux très grands, réniformes et composés d'yeux élémentaires (ommatidies) juxtaposées en occupant la majeure partie.

Une paire d'antennes implantées dans la région faciale formées de plusieurs segments : un bourrelet d'insertion globuleux, le scape. Un deuxième segment allongé ; le torus qui renferme l'organe auditif de Johnston (plus développé chez le mâle) une troisième partie ; le flagellum composé d'articles en nombre variable selon les sexes. Entre chaque article s'insèrent des soies courtes chez les femelles (antennes glabres) et très longues chez les mâles (antennes plumeuses).

La trompe est un organe impair située dans la partie inféro-médiane. Sa structure est différente selon les sexes : chez la femelle, hématophage, la trompe est composée :

- De trois pièces impaires qui sont de haut en bas : l'épipharynx, l'hypopharynx et le labium.

- De quatre pièces paires et symétriques : deux mandibules en haut, deux maxilles en bas.

Chez les mâles qui ne se nourrissent pas de sang, mais de sucs végétaux, seuls persistent l'épipharynx et le labium.

Les autres pièces buccales foreuses sont atrophiées. Les deux palpes maxillaires situés de part et d'autre de la base de la trompe, sont des organes tactiles formés de trois ou quatre articles ; elles sont de même longueur que la trompe. Chez les mâles, l'extrémité distale est aplatie ou raquettes.

Le thorax est renflé dorsalement et globuleux. Il est formé de trois segments fusionnés (le prothorax, le mésothorax, et le métathorax) portant chacun une paire de pattes articulées composée d'un fémur, un tibia, un tarse à cinq articles dont le premier est encore appelé métatarse et le dernier dépourvu de deux griffes ou ongles égales ou inégales munies (Aedes) ou non d'une ou deux dents accompagnées (Culex) ou non (Aedes) de pulvilli. Le prothorax est réduit par rapport au mésothorax qui porte une paire d'ailes minces et transparentes avec une frange de soies au bord postérieur à nervures couvertes d'écailles. Le métathorax porte deux balanciers ou haltères qui sont les vestiges de la deuxième paire d'ailes ; ces haltères vibrent rapidement lorsque le moustique est en plein vol ; ils servent d'organes d'équilibre.

L'abdomen est allongé et a une forme cylindrique. Il est constitué de dix segments distincts dont huit seulement sont visibles, portant des écailles chez les Culicinae, dépourvus (sauf à de rare exception) d'écailles chez les Anophelinae.

Chez le mâle, le neuvième segment porte l'armature génitale ou hypygium. Chez la femelle, il porte des cerques plus ou moins visible. Le bout de l'abdomen est effilé ou tronqué et sert à l'identification des différents genres de moustiques.

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