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L'incidence des importations et aides alimentaires sur l'agriculture congolaise

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par jean louis ndonda
Université de kinshasa - Licence 2009
  

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2.3. Recours à l'aide et aux importations alimentaires pour faire face au déficit alimentaire

Pour faire face au déficit alimentaire, la RDC fait recours à l'aide alimentaire et aux importations alimentaires. Il est donc indispensable ici de connaître les produits les plus en vue au niveau de l'aide alimentaire comme des importations alimentaires. Pour ce faire, un examen de la structure des importations et de l'aide alimentaires est indispensable.

2.3.1. Structure des importations alimentaires

Les importations alimentaires en RDC ne cessent de croitre, malgré la protection relativement importante de la production locale. Le pays importe surtout des céréales (maïs, farine de maïs, riz, blé dur, sucre, huile végétale) et des produits carnés (viande et poisson)82. Les statistiques sur les importations ont été fournies par le service statistique de la DGDA, on ignore le degré de fiabilité de ces statistiques, mais on constante de grandes fluctuations d'une année à l'autre qui ne s'expliquent pas toujours. Les principaux produits importés sont les suivants :

i' Blé dur et farine de blé : la production de blé est très restreinte en RDC. Elle n'était que de 10.000 tonnes 199983. La RDC importe environ 200.000 tonnes d'équivalent de farine de blé. Actuellement, elle n'importe plus de farine mais uniquement du blé en grains. Il provient des Etats-Unis, à cause du taux de change dollar/Euro favorable aux importations de blé dur de la zone dollar. Ces importations augmentent régulièrement et font que le pain, ou plutôt la baquette, sont d'une consommation très courante dans les villes, surtout comme alimentation hors du domicile. Les importations sont principalement entre les mains

82 TOLLENS E, et HUART Alain, Les importations alimentaires et la protection douanière en RDC, Belgique, Troupeaux et cultures des tropiques, 2006, p.23

83 GOSSENS, MINTEN et TOLLENS, Nourrir Kinshasa, l'approvisionnement local d'une méthode africaine, éd L'harmattan, Paris, 1994, col. zaïre-histoire et société, p.277

de la Minoterie de Matadi (MIDEMA), qui dispose d'installations de déchargement et de stockage dans le port de Matadi.

i' Riz : la RDC importe plus de 100.000 à 200.000 tonnes de riz chaque année, surtout en provenance d'Asie, dont 30% de brisures de riz. Souvent, ce riz provient de stocks de sécurité alimentaire et est âgé de 3 à 4 ans. Depuis deux années, les prix du riz sur le marché mondial ne cessent de grimper. Aussi le riz de production locale, qui a la préférence des consommateurs, gagne-t-il en compétitive. Le principal frein à la consommation de riz en ville est le prix. On assiste souvent à une augmentation de la consommation de riz lorsque les revenus des ménages augmentent ; d'une manière générale, le riz importé est préféré au riz local dans les milieux urbains, surtout à Kinshasa. Le prix du riz importé influence celui du riz local. Ainsi, l'offre croissante du riz à des prix mondiaux nettement inférieurs a eu un effet négatif sur les prix du riz local.

i' Maïs et farine de maïs : la RDC importe essentiellement du maïs et de la farine de maïs à Kinshasa pour les besoins de l'aide alimentaire. Il n'y a pratiquement pas d'importations commerciales de maïs, ou du moins pas dans l'ouest du pays84. Au Katanga et dans les deux Kasaï, où le maïs est la composante essentielle de la consommation alimentaire avec le manioc, le grand déficit de la production locale oblige la RDC à importer massivement, surtout des pays voisins et d'Afrique du Sud, des quantités relativement importantes car des sources informelles parlent de 200.000 t par an, mais une information qui n'est pas confirmée par le service des statistiques de la DGDA.

i' Viande bovine : on importe 30.000 à 40.000 t/an de viande bovine, surtout de 5ème quartier (tête, queue, pattes, boyaux), la viande kappa et de la viande de moindre qualité. On importe actuellement de la viande buffle à partir de l'Inde. Ces importations de boeuf se font du Brésil, de l'Argentine, de l'Afrique du Sud et de l'Union Européenne.

84 OCHA, Rapports d'évaluation des besoins humanitaires par province, Kinshasa, 2006, p.34

i' Mpiodi : il s'agit du poisson chinchard, congelé, non trié et non éventré, pêché dans les eaux territoriales de la Namibie ou de la Mauritanie par des bateaux de pêche industrielle. La RDC en importe plus de 100.000 t/an. Le prix de vente est d'environ 1,5 dollar/kg. Presque tous les ménages urbains consomment le mpiodi. Il est en concurrence direct avec le poisson local provenant de la pêche artisanale. Son prix augmente au fur et à mesure que l'on s'éloigne de Kinshasa.

i' Huile végétale : la RDC était jusqu'en 1958 le plus grand exportateur d'huile de palme au monde ; elle importe actuellement de grandes quantités d'huile végétale 50.000 à 60.000 t/an.

Les tableaux ci-dessous nous donnent l'état de l'importation des produits alimentaires et l'importation de produits vivriers pour une certaines périodes.

Tableau n°4: Les importations alimentaires (en tonn es

Denrée Années

2001

2002

2003

Farine de blé

119.541

223.340

179.478

Farine de Maïs

4.690

67.651

7.904

Viandes de boeuf de porc

8.126

82.469

184.658

Volaille

8.812

49 .164

27.763

Poisson

75.127

149.426

94.669

Lait, produits laitiers

6.220

18.400

10.378

Pomme de terre

93

1.034

541

Oignon

78

3.635

3.315

Haricot

3.666

4.032

3.536

Riz

46.678

273.764

115.265

Huile végétale

2.900

95.790

8.876

Source : DGDA et OCC

Du point de vue de leur évolution sur la période, les importations ont connues une régression annuelle moyenne de 6,2%. Elles sont constituées essentiellement de poissons 46%, de riz 24%, de maïs 23%, et 7% restant sont répartis sur d'autres produits dont spécialement la farine de froment, les produits laitiers et les épices.

Malheureusement, au même moment, on ne relève aucun effort tendant à l'incitation de la production intérieure sur ces mêmes spéculations.

Quant à l'avenir, la RDC deviendra un importateur net de produits agricoles, une tendance qui va perdurer et s'amplifier : nous estimons que d'ici 2020, le déficit commercial agricole atteindra le 90% contre le 60% en 2015 si aucun n'effort n'est entrepris pour inciter la production agricole locale.

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