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La représentation de l'Afrique et des Africains dans les écrits d'un missionnaire poitevin. Le père Joseph Auzanneau à  Kibouendé (Congo français) 1926-1941

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par Josué Muscadin
Université de Poiters - Master 1 2011
  

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B- L'Evangile au Congo français

La première activité missionnaire au Royaume Kongo54 remonte au XVe siècle avec le baptême du Roi Nzinga Nkuvu. Elle s'est limitée à la zone côtière occidentale comprise entre l'océan Atlantique à la rivière Inkisi.55 Généralement, on situe cette période entre 1485 à 1835. Quatre cent missionnaires portugais, italiens et espagnols envoyés par la Propagande se succédèrent dans la région, depuis les Franciscains (1491), jusqu'au Récollets (1674), en passant par les Jésuites (1544), les Dominicains (1570), les Carmes (1584), les Tertiaires de Saint-François (1604), les Capucins (1645).

Cette première étape dans le processus de christianisation connut des difficultés croissantes. Les missionnaires peu nombreux se trouvent confrontés à des problèmes d'adaptation, ce qui les empéche de progresser dans leur travail. A ces difficultés liées au climat et au manque de personnel, s'ajoute une atmosphère politique peu encourageante. L'Espagne et le Portugal, deux pays principalement concernés dans cette entreprise, ne s'y investissent pas suffisamment pour aider les missionnaires à régler à certains soucis. Pendant toute cette période, les réalisations étaient peu importantes. Malgré les efforts consentis par les missionnaires pour former un clergé local, le projet n'aboutit pas à un résultat tangible, hormis le cas exceptionnel d'un fils du roi devenu évêque.56 Au début du XIXe siècle, cette

54 Le royaume de Kongo était un empire de l'Afrique du sud-ouest, situé dans des territoires du nord de l'Angola, de Cabinda, de la République du Congo, l'extrémité occidentale de la République démocratique du Congo et d'une partie du Gabon. À son apogée, il s'étendait de l'Océan Atlantique jusqu'à l'ouest de la rivière Kwango à l'est, et du fleuve Congo jusqu'à la rivière Loje au sud. Notons qu'à la veille de la Conférence de Berlin, la region fut divisée en trois parties, précisément : le Congo Léopoldville pris par les Belges, le Congo Brazzaville pris par la France et l'Angola qui appartenait historiquement au Portugal.

55 Un affluent du fleuve Congo

56 NDAYWEL È NZIEM, Isidore, Histoire générale du Congo. De l'héritage ancien à la République

Démocratique. p. 345 [CD-ROM]

expérience d'évangélisation n'a pas survécu face aux obstacles qu'elle connut : en 1835, les Capucins, les derniers restés sur place, abandonnèrent leur implantation.

Un deuxième moment de cette évangélisation fut amorcé par des missionnaires français de la Congrégation des Pères du Saint-Esprit qui s'est vue confiée la tâche de reprendre une entreprise dont le début a connu un échec. Sur les ruines de l'ancienne mission capucine abandonnée depuis trois décennies par les premiers évangélisateurs, s'est construite la préfecture du Bas Congo ou de Landana limitée au Nord par le cap Sainte-Catherine (en face de Sao Tomé), au Sud par la rivière Kunene (extrémité méridionale de l'Angola), et à l'Est par le Kasaï. Cependant, la présence effective des missionnaires du Saint-Esprit dans la région date de 1880, l'année oü ils commencèrent à s'établir plus à l'intérieur du pays. Ils ont construit des postes à Linzolo en 1884 et à Kwamouth en 1886. Le missionnaire le plus remarquable dans cette occupation plus ou moins effective du territoire congolais fut Mgr Augouard auquel on reconnait un esprit d'entreprenant et plein d'initiative. L'Evêque des anthropophages, comme on le surnomme couramment, avait été détaché du Gabon pour assurer la bonne marche de la préfecture du Congo.

Les spiritains adoptèrent de nouvelles méthodes d'approche dont la formation des catéchistes et du clergé local. Un Séminaire fut créé en 1875 par le Père Duparquet. Les premiers éléments formés dans ce moule furent ordonnés prêtres, le 17 décembre 1892 à Loango. L'Acte de la Conférence de Berlin en 1885 partagea l'ancien royaume de Kongo entre la France, la Belgique et le Portugal ; la partie française fut érigée en Vicariat apostolique sous le nom de Vicariat Apostolique du Congo français, par décret de la Sacrée Congrégation de la Propagande en date du 21 mai 1886. Suite à une décision de Léopold II de voir son Etat évangélisé exclusivement par des missionnaires Belges, le Saint-Siège ordonne aux Spiritains de quitter le domaine du roi. En 1891, ils cédèrent leur poste aux missionnaires belges de « Congregatio Immaculati Cardi Mariæ », plus connu sous le nom de missionnaires de Scheut. Ainsi la répartition religieuse suivait la division politique.

Mgr Carrie fut nommé Vicaire apostolique et sa résidence fut fixée à Loango. Tenant compte de l'étendue géographique de ce vicariat, le Souverain Pontife, par Bref du 14 octobre

books.google.com/books?id=U47B0mwVU_4C&pg=PA8&dq=histoire+générale+du+congo+et+l'héritage+anci en+de+la+république. Consulté le 24/03/2011.

1890, divisa le Vicariat du Congo français en deux. L'ancien prit le nom de Vicariat apostolique du Bas-Congo français tandis que le second devint Vicariat apostolique du Haut - Congo français ou Oubangui. Le premier resta sous la direction de Mgr Carrie tandis que le second fut confié à Mgr Augouard.

Le vicariat apostolique de Brazzaville, ci-devant Vicariat apostolique du Bas-Congo, couvrait 36.500 km2 en 1951. Il comprenait la capitale de l'AEF (l'Afrique équatoriale française) et une partie de la région du Pool. Fondé en 1890, il était confié aux pères du Saint-Esprit. Le plus petit par sa superficie des trois diocèses du Moyen-Congo, il rassemblait le plus de chrétiens et le plus de personnel ecclésiastique. En raison de sa proximité avec Brazzaville, grand centre administratif et intellectuel de l'AEF, ce vicariat ouvrit un petit séminaire en 1913 dans l'enceinte de la Cathédrale du Sacré-Coeur avant d'être transféré à Kibouendé en 1937, puis à M'bamou en 1939.

Ces deux dernières régions, domaines géographiques de notre étude, ont très vite acquis une importance considérable aux yeux des Spiritains qui voulaient étendre le domaine évangélisé au-delà des zones proches des côtes. Des postes missionnaires y seront établis pour répondre à cet objectif, celui de faire connaitre Dieu aux gens de la brousse congolaise. C'est ainsi qu'au début de 1926 un certain Madzela vendait son vaste et superbe plateau au Père Joseph Bonnefont sur lequel la mission de Kibouendé s'élèvera. Le 24 juin 1926 Mgr Guichard bénit les premiers bâtiments provisoires, et cette date est retenue pour celle de la fondation de la mission.57

Cette pénétration à l'intérieur du pays est accompagnée d'une extension des Spiritains dans toute l'Afrique centrale. Tout ceci est favorisé par des moyens de transport, élément non négligeable dans le développement de l'action missionnaire en Afrique qui leur permet d'améliorer leur déplacement sur le terrain. Comme le souligne Olivier Ouassongo58, dès la mise en place du Vicariat apostolique du Haut Congo, la mission posséda un vaisseau portant le nom de Léon XIII que Mgr Augouard utilisait pour naviguer principalement sur le Congo,

57 ERNOULT, Jean, Les spiritains au Congo de 1865 à nos jours, p. 248.

58 Olivier Ouassongo, « Mgr Augouard et le bateau à vapeur » in Congrégation du Saint Esprit : L'Echo de la Mission, 2003 À 3, dossier 300 ans (4). http://www.spiritains.org/qui/histoire/dossier/doss4.htm. Consulté le 26/03/2011

l'Oubangui et l'Alima. En 1889, il fut transformé en bateau à vapeur et rebaptisé Diata. Le nouveau Léon XIII fera son premier voyage en avril 1898, jusqu'aux missions de l'Oubangui. Enfin, le Pie X, construit en 1909, vient compléter la flottille du vicariat. Ces bateaux serviront pour de nouvelles fondations de mission, pour le ravitaillement, le transport de personnel et les visites épiscopales. En outre, le vicariat avait deux ports à Brazzaville : le port Saint-Roch et le port Léon. De ces ports se faisaient tous les embarquements et les débarquements pour le compte de la mission.

Toutefois, si la propagation de l'Evangile devient moins difficile dans la région grace à l'utilisation de la technologie, les missions sont confrontées à un problème de main-d'oeuvre. En laissant son pays en 1926, le Père Joseph Auzanneau devait venir pallier un problème de bras qui finalement n'est pas résolu. C'est dans un contexte délicat marqué par une instabilité de personnels que le nouveau venu va commencer son apostolat.

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