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Les figures de Joseph Rey (1779-1855): conspirateur libéral, "philosophe" et socialiste "utopique"

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par Nicolas Boisson
Université de Grenoble 2 - IEP 2001
  

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III-3. 1826-1830 : tentative de vulgarisation de la pensée de Robert Owen en France et expérience saint-simonienne

En 1826, Rey arrive à Paris en juillet et doit se présenter devant le garde des sceaux afin de s'enquérir de son sort.

Avec l'appui à nouveau de Dambray, Rey se voit autoriser de rester à Paris. Il est même amnistié quelques mois plus tard par Charles X, qui n'avait pas connaissance de son passé de comploteur...

Rey à nouveau accepté sur le sol français, retrouvait alors une toute autre situation politique qu'à celle de son départ. Les velléités « conspiratrices » s'étaient finalement tues avec la fin des dernières conspirations de la Charbonnerie française en 1823 et le mouvement libérale renonçait définitivement à ce type d'entreprises ... Surtout, le pays connaissait une renaissance intellectuelle avec le succès des doctrines de Saint-Simon, de Fourier ou de Cabet... Rey, qui de toute manière avait définitivement renoncé aux conspirations, ne pouvait donc qu'accueillir ainsi avec joie la renaissance de débats autour de l'étude des problèmes sociaux.

Il en profite donc pour tenter d'en enrichir le contenu en diffusant les thèses de Robert Owen. Il publie ainsi en 1828 ses Lettres sur le système de coopération mutuelle qui relancent un vif débat au sein des disciples de Fourier, Cabet et Saint-Simon, sans que pourtant, ces derniers ne s'arrêtent sur les thèses assez obscures de Owen. Cependant, Rey s'évertuera jusqu'en 1830 de promouvoir le système communautaire de Robert Owen , tentant avec quelques autre fanatiques de ce « communisme » paternaliste de faire venir en vain M.Owen à Paris397(*) ...

Bref, arrive 1830 et ses « trois glorieuses », dont l'espoir de voir enfin la République s'installer est vite anéanti l'année suivante par le retour cette fois du derniers des Orléans : Louis-Philippe. Rey s'écria alors : « Nous étions en 1831, et tant d'autres actes avaient déjà montré les vues rétrogrades du gouvernement...Quelle douleur, alors, quand je songeai aux tristes résultats du mouvement sublime de l'année précédente !... et pourtant qu'il eût été facile alors d'entreprendre la reconstitution pacifique de la société ! »398(*). Rey semblait alors, face à un climat de tension sociale et politique, de plus en plus convaincu de la possibilité d'une mise en oeuvre d'une reconstruction sociale, telle que déjà il pouvait y songer en 1820.

En effet, les années 1830 marquent déjà l'exacerbation de la tension de la classe ouvrière . Eclatent en juillet-novembre 1830, les premières grèves exigeant une augmentation des salaires et une diminution de la journée de travail et apparaîtront par la suite les premiers actes de luddisme. De même, le climat politique cède à nouveau à la violence, se multipliant dés février 1831 des émeutes anticléricales et antilégitimistes à Paris et en Province. On notera aussi les révoltes des canuts lyonnais , du 6 au 10 avril 1831, qui annoncèrent les graves troubles et émeutes des faubourg de Saint-Denis au mois de juin... Bref, éclate dans ses 1830-1831 la colère des ouvriers, victime de conditions de travail déplorables...

Face à ces troubles sociaux et politiques, Rey rejoint l'école de Saint-simon qui dresse une sévère critique des désordres sociaux en les reliant comme Owen, à l'absence de prise en compte du patronat de la douleur physique et morale du prolétaire. Ainsi, les saint simoniens dénonçaient les propriétaires oisifs et demandaient l'abolition de tous les privilèges de la naissance. Ils exigeaient ainsi que les institutions réduites au désordre, prennent réellement en charge la question de l'amélioration physique, intellectuelle et morale de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre... L'enseignement devait donc prendre une place considérable au sein du société, où chacun devait pouvoir trouver une place correspondant à ses dispositions premières. Comme le disait l'adage des simoniens, « A chacun selon ses oeuvres »...

Cependant, Rey critiquait la mysticité des dogmes simoniens, laissant une trop grande place à un certain fatalisme... Rey défendait plutôt l'idée d'une élévation des classes par le milieu, rompant avec l'axiome de hiérarchie sociale maintenue au sein de la doctrine de l'Eglise Saint-simonienne. Bref, l'épisode saint-simonien de Rey restera court : 1832-1833. Il se consacrera pendant un an à la propagande de leur doctrine, après avoir été initié par Olinde Rodrigues qui demeurera toujours avec Enfantin un bon camarade.

* 397 C.f , Serge Dupuis, Robert Owen, un socialiste utopique (1771-1858), éd du CNRS, octobre 1991, 361p.  « Le voyage aura lieu en 1837 mais malgré les articles enthousiastes du New Moral World, organe de l'école, rien de notable en résultera.... », Serge Dupuis, op.cit, p.310.

* 398 Rey, T.3938, p.122-123, 2nde pagination.

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