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L'insécurité alimentaire dans la région du Nord au Cameroun: représentations sociales, stratégies de lutte et enjeux

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par Alain Christian ESSIMI BILOA
Université de Yaoundé I - Master en sociologie 2010
  

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CHApiTRE 3 :
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DANs LA LuTTE CoNTRE L'iNsECuRiTE
ALiMENTAiRE

Etant donné que les populations sont concernées au premier chef par le problème de l'insécurité alimentaire puisqu'elles en sont les victimes directes, elles posent des actions qui vont dans le sens de la lutte contre ce phénomène. Quelquefois, ces actions sont isolées et individuelles. Mais parfois aussi, elles sont concertées et collectives. Abdou GARBA nous apprend à propos que :

« Face it l'insécurité alimentaire, nous nous sommes réunis pour mettre nos forces productives ensemble, et trouver des stratégies communes, car en groupe on est toujours plus fort. On nous dit chaque fois que l'union fait la force. Et depuis qu'on travaille ensemble, ça va un peu mieux. »

I- LA CONSTRUCTION DES GRENIERS

La première arme trouvée par les populations de la région du Nord pour lutter contre l'insécurité alimentaire est de constituer des réserves de céréales en particulier et de vivres en général pendant les récoltes et qui seront utilisées pendant les périodes de déficit telles la soudure. Pour conserver ces céréales, les populations construisent des greniers. Ces derniers tiennent une place essentielle dans les concessions et les villages. HAMITI TIZI nous confie que :

« Ici au village, dès qu'on a fini de récolter le mil ou le sorgho, on sèche ça et on garde ça dans les greniers. Dans le grenier il n'y a pas de problème parce que ça ne se gatte pas lit-bas dedans surtout si ça bien séché. Si c'est beaucoup, on vend une partie pour acheter les produits, pour payer l~école des enfants ou rembourser les dettes ; et on mange l'autre. On garde aussi une partie pour semer la prochaine fois ».

Les greniers sont également un signe de prestige social dans la mesure oil il est un indicateur de prospérité et d'abondance : on mesure la richesse d'une personne à l'aune de la

forme et de grandeur de son ou ses greniers. Plus le grenier est grand, plus il est censé contenir une grande quantité de récolte, signe d'une bonne production et par anticipation, d'une bonne future vente.

Le grenier est construit selon la même technique que la cuisine, dont la porte est percée après le montage des parois. Le pied du grenier est bâti sur des plaques de pierre, puis le corps est monté et ensuite l'étage de bois et de terre où est ménagé une trappe. On façonne alors les bords du hublot et enfin, avec de la glaise, la cupule. Le grenier de l'homme, réservé aux seuls sorghos, n'est pas cloisonné alors que celui de la femme est divisé en quatre parties : deux grands compartiments pour les sorghos et les haricots et deux petits pour l'oseille, le souchet & L'étage, outre les effets personnels, renferme chez l'homme le mil de semence et chez la femme la provision hebdomadaire de sorgho, les calebasses etc.

Les greniers, groupés en cercle, sont abrités par une case et si leur nombre excède 5 ou 6, les perches du toit reposent sur des entretoises qui relient le haut des greniers.

Selon le groupe ethnique, la forme du grenier diffère. Par exemple, il y a :

- le grenier (( bouteile » : c'est un grenier extérieur en terre, dont la forme rappelle celle

d'une bouteille. On le trouve chez les Mousgoum, les Massa, les Toupouri ou les Guiziga - le grenier (( cyclope » : c'est une grenier tubulaire en terre, à voûte arrondie, doté d'une

seule ouverture circulaire dans la partie sommitale latérale.

Les problèmes inhérents au grenier sont ceux que nous avons évoqués plus haut. S'il est avéré que son importance n'est plus à démontrer, il constitue la première cause de (( racket » dont sont victimes les populations. En effet, comme il en a été question de la régulation sociale, les autorités traditionnelles s'arrogent le droit d'imposer les agriculteurs à partir de leurs réserves alimentaires. Par ailleurs, la modicité de leurs moyens et leur manque de formation et d'information entraîne parfois un mauvais entretien de ces réserves et de leur contenu. Etant donné qu'ils sont construits, à l'image du reste des habitations, avec un matériau pas assez solide, ils ne sont pas très solides et sont exposés aux intempéries et aux insectes tels les termites qui mettent à sac les grains stockés.

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