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L'insécurité alimentaire dans la région du Nord au Cameroun: représentations sociales, stratégies de lutte et enjeux

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par Alain Christian ESSIMI BILOA
Université de Yaoundé I - Master en sociologie 2010
  

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II- L'INTENSIFICATION ET LA DIVERSIFICATION DU SYSTÈME
AGRICOLE ET DE LA PRODUCTION ANIMALE

La céréale représente la principale constituante des habitudes alimentaires des populations de la région du Nord. Une nécessité s'impose d'adopter une large gamme de cultures pour une sécurité alimentaire durable. C'est le cas par exemple des racines et des tubercules qui doivent être encouragés.

« Ces cultures ont des atouts indéniables que le paysan peut exploiter notamment son adaptabilité aux sols très marginaux et à la sécheresse. Ils regorgent d'importantes quantités de calories, enfin ils donnent des rendements élevés, les feuilles sont aussi consommables. »116

Les racines et tubercules constituent une source non négligeable de revenus pour les paysans. Les sous produits (cossettes, galettes, tapioca ...) peuvent être vendus également. Heureusement, ils entrent déjà dans les us des populations de la région dans la mesure où en 1998/1999, 4.195 tonnes d'ignames ont été produits et pendant la saison agricole 1999/2000, ce sont 3.679 tonnes qui ont été produits117. Mais cette production reste insuffisante.

L'handicap majeur qu'on peut relever dans la consommation des racines est leur valeur nutritionnelle. Celle-ci est de quantité vraiment médiocre et cela ne va pas sans poser des problèmes sur la santé humaine.

Cette diversification du système agricole doit aussi porter sur le maraîchage. A l'heure actuelle, le maraîchage se limite essentiellement autour des cases et à l'autoconsommation. Ce dernier doit se combiner de avec d'autres activités destinées à procurer des revenus complémentaires. Il est adapté au climat à influence soudano-sahélien. Les produits qui en sortent à l'instar de l'oignon, du haricot ou de la tomate sont très prisés sur les marchés locaux. D'ailleurs, la culture de l'oignon et du haricot entre de plus en plus dans les mSurs des populations. Par exemple pendant la période agricole 1999/2000, 428 hectares de plantations ont produit 7.072 tonnes d'oignons. Le haricot (niébé) fut produit à hauteur de 12.598 tonnes. Cependant, cette production est marginale par rapport à ce que peut produire la région voisine de l'Extrême-Nord118.

116 BIYONG BIYONG, op.cit., p.36.

117 Source MINADER.

118 A la même période, l'Extrême-Nord a produit 48.575 tonnes d'oignons sur 4.894 hectares d'exploitations ; et 36.374 tonnes de haricot. Source : MINADER.

Les cultures fruitières, quoique très sensibles à la sécheresse, ne doivent pas rester à la traîne. La production a souvent une rentabilité pour celles des exploitations qui disposent d'eau en permanence, et le paysan doit intégrer dans sa nutrition la consommation des fruits qui semble nécessaire pour l'édification de son organisme. Une expérience de ce genre est exposée par Anselme KAMENI et al. à propos des mangues. Ils estiment en effet que :

« Au Cameroun, la production du manguier (Mangifera indica) est forte pendant la période de récolte qui dure (2 à 3) mois an suivant les régions. En zone rurale, il y a alors un problème de surproduction et le séchage de la mangue serait une voie intéressante pour la conservation de cette surproduction »119.

Brièvement, nous résumons cette technique du séchage de la mangue ainsi qu'il suit :

> Matériel et méthodes

Les fruits de trois variétés de mangue améliorées (Amélie, Zill et Irwin) et d'une variété locale (Horé Wandou) ont été récoltés à deux degrés de maturité : maturité commerciale et maturité avancée. Après préparation des fruits, la pulpe a été découpée en lamelles et séchée soit par séchoir solaire, soit par exposition directe au soleil. La composition physico-chimique des échantillons de pulpe a été étudiée avant et après séchage.

> Résultats

Après un séchage à 50 °C pendant 24 h, les lamelles de mangue séchée obtenues ont présenté une teneur en eau comprise entre (16 et 24) %. Des différences significatives sont apparues dans les rendements au séchage des variétés étudiées. Les teneurs des différents constituants physico-chimiques analysés ont varié en fonction des variétés et du degré de maturité des fruits récoltés. Les taux moyens de conservation des constituants (vitamine C, sucres réducteurs, extraits secs solubles) après séchage ont été supérieurs à 56 % sauf pour la teneur en fibres dont le taux de conservation a été de 16 %. Les mangues séchées directement au soleil ont été semblables à celles obtenues par passage en séchoir électrique malgré une durée de séchage plus longue et un moindre taux en vitamine C.

119 Anselme KAMENI et al, Aptitude au séchage des fruits de quelques variétés de manguiers cultivées au Cameroun, CIRAD, EDP Sciences 2003.

> Conclusion

Les variétés Amélie, Zill, Irwin et la variété locale Horé Wandou se prêtent bien au séchage qui conserve les principaux éléments nutritifs avec des rendements importants.

Par ailleurs, l'élevage dans la région du Nord dépend de la disponibilité en eau et du fourrage. Les principaux problèmes proviennent de l'insuffisance des pâturages, de l'absence des soins appropriés et enfin des conflits entre agriculteurs et éleveurs. Le potentiel productif des pâturages peut être augmenté par l'intégration d'une graminée pérenne spontanée : l'andropogon ganajus, comme à Bobo-Diolasso au Burkina Faso. Cette graminée a une valeur fourragère très recherchée par les animaux. Les tiges sont également fort utilisées par les paysans pour la confection des toits et des palissades. Les graines et les plantules sont peu compétitives par rapport à d'autres herbacées.

L'itinéraire technique est simple, répond à la protection contre l'érosion et enfin ne nécessite pas un investissement coûteux. Il y a toutefois quelques contraintes techniques qui peuvent être de nature à décourager les agriculteurs. On peut citer par exemple les difficultés à se procurer des semences en quantité suffisante. Celles-ci doivent être recueillies auprès des reservoirs naturels d'andropogon, au moment de la fructification des tiges. C'est aussi un travail fastidieux (pour des raisons liées à la biologie de la plante) et qui plus est, nécessite de la part des paysans un reflexe d'anticipation, de prévoyance.

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