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Dynamique de l'endettement public extérieur et croissance économique au Burundi (1980-2010)

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par Hervé NDAYININAHAZE
Université Lumière de Bujumbura - Licence 2013
  

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Section 1 : Profil de la dette publique extérieure

L'endettement extérieur du Burundi ne date pas d'hier, mais les problèmes y relatifs ne commencent à faire surface qu'au début des années 80. Il s'avère donc important de s'intéresser à sa genèse, sa structure et son évolution.

1.1. Genèse de l'endettement extérieur

L'endettement public extérieur du Burundi commence au lendemain de son indépendance comme la plupart des pays de l'Afrique Noire. BARANSAKA (1988) indique qu'hormis le crédit consenti par la BIRD en 1960 pour la réfection de la route BUJUMBURA-BUGARAMA, la première dette extérieure du Burundi indépendant date de la première République.

De 1966 jusqu'en 1969, on observe un début d'endettement encore timide. La dette contractée jusqu'à ce jour était encore dérisoire et s'élevait à 564,6MBIF. En revanche, selon toujours le même auteur, un changement spectaculaire est amorcé en 1972 avec l'octroi d'un unique prêt chinois, 4,1 fois supérieur à la dette jusqu'alors contractée pour le financement des divers projets de développement. Il s'agissait a priori d'un endettement soutenable mais compte tenu de l'insuffisance de l'épargne intérieure, ce volume de financement extérieur n'était certainement pas suffisant pour amorcer le développement économique et social d'un pays fraichement sorti de la monarchie.

Au Burundi, la flambée des cours mondiaux du café (principale source des devises) en 1978-79 après le choc pétrolier d'octobre 1973 a généré des recettes supplémentaires qui lui ont permis de compenser largement le surcoût provenant des importations et d'initier beaucoup de projets. Les gains ont été si importants que les objectifs du deuxième plan

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quinquennal de développement économique et social (PQDES) ont été révisés à la hausse. Le Burundi a ainsi enregistré des performances économiques considérables.

Le véritable mouvement de l'endettement extérieur s'est déclenché au début des années 80, mais le rythme n'a cessé de s'accélérer jusqu'au début la mise en oeuvre de l'IPPTE. Celle-ci se voulant résoudre définitivement les problèmes liés à l'endettement extérieur. La structure et l'évolution de la dette extérieure ne sont pas restées figées tout au long de la période en revue.

1.2. Evolution de la dette extérieure du Burundi

L'encours de la dette totale (intérieure et extérieure) est passé de 18 772,2 MBIF en 1980 à 1 840 396,30 MBIF en 2008 soit une hausse de 9703,8% sur une période de trois décennies alors que, sur la même période, le PIB a connu un accroissement moins sensible. En effet, revenu national réel est passé de 85 607MBIF en 1980 à 146 999MBIF en 2010.

De 1980 à 1995, la dette extérieure a crû rapidement passant respectivement de 11 030,4 à 306 168,3MBIF pour atteindre 1 530 542,8MBIF en 2007. Sur la même période, le service de la dette extérieure est passé de 553 à 7 390 MBIF (13, 3 fois) pour frôler un montant des 50 000MBIF (90, 3 fois) en 2007. A ce niveau, il y a lieu de déceler une disproportion entre l'encours et le service qui est due certainement à l'accumulation des arriérés de paiements dans les années 90 suite à l'éclatement d'une guerre civile qui a durement déstabilisé l'économie.

Avec l'avènement de l'IPPTE, la situation a commencé à se redresser. L'encours de la dette extérieure a sensiblement chuté, revenant de 1 567 958,7MBIF en 2008 à 527 748,2MBIF fin 2010 (soit une diminution de 66,34%).Quant au service de la dette extérieure et sur la même période, il a chuté en passant de 47 047,4 à 5 782,3MBIF, soit une nette amélioration de 87,7%.

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Graphique n°1 : Evolution du stock de la dette publique en % de la dette totale

(1980-2010)

100

40

80

60

20

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Dette Publique Extérieure

Ce graphique indique que la dette du Burundi est principalement d'origine extérieure. Le stock de la dette extérieure est passé respectivement de 11 030,40 à 1 244 659,2 MBIF sur la période allant de 1980 à 2005 soit des parts relatives respectives de 58,76 et 86,57% de la dette totale. Cela permet de constater que la structure globale du financement public n'a pas beaucoup changé et est restée dominée par le financement extérieur.

Il faut remarquer que la dette extérieure et la dette intérieure se substituent pour financer les dépenses publiques. En effet, le graphique montre que la dette extérieure baisse quand la dette intérieure augmente et vice versa. Cela montre que l'Etat accuse une faiblesse des ressources propres lui permettant de réaliser ses objectifs sans recourir à l'endettement. Entre 2005 et 2010, la dette extérieure a sensiblement baissé, mais au même moment, la dette intérieure augmentait au même rythme.

Il importe alors d'analyser la structure de la dette publique extérieure en distinguant les différents créanciers du Burundi.

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1.3. Structure de la dette extérieure

La dette extérieure est majoritairement composée de la dette multilatérale, suivie par la dette bilatérale et la dette commerciale représentant une part très faible de la dette publique extérieure totale.

Graphique n°2 : Dette extérieure par type de bailleurs en % de la dette totale

(1980-2010)

100%

40%

80%

60%

20%

0%

Dette Multilatérale Dette Bilatérale Dette Commerciale

Comme le montre ce graphique, la dette multilatérale occupe une place importante par rapport aux autres composantes de la dette publique du Burundi. A travers son évolution, la dette multilatérale s'est sensiblement écartée de la dette bilatérale depuis les années 90.

De 1980 à 1990, la dette d'origine multilatérale est passée de 5 242,6 à 108 169,3MBIF et la dette bilatérale, quant à elle, est passée de 4 350,5 à 29 604,4MBIF. En termes de pourcentage, ces deux composantes de la dette extérieure sont respectivement passées de 50,43% et 41,85% en 1980 contre 78,00% et 21,35% en 1990. S'agissant de la dette commerciale, elle est de 801,7MBIF (soit 7,71%) en 1980 pour passer à 911,8MBIF (soit 0,66%) en 1990.

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Ici encore, il sied de remarquer que le Burundi fait un arbitrage entre la dette multilatérale et la dette bilatérale parce que les deux composantes de façon à se substituer mutuellement. La baisse de l'une des composantes de la dette publique ne signifie donc pas une amélioration en termes des performances économiques, mais plutôt un changement de créancier par le Burundi dans un contexte marqué par la faiblesse des ressources de l'Etat pour faire face à ses engagements.

En outre, l'évolution de la dette affiche un changement de tendance, en considérant la période allant de 2008 à 2010. Cette inversion de tendance observée en fin de période sous étude est due à l'aboutissement au point d'achèvement en 2009 qui a occasionné une remise importante de la dette multilatérale.

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"Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit."   La Rochefoucault