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Guide touristique aux pays des CHO, à  l'usage des managers


par Emilie GAUTIER
EM Lyon - Master Management des unités opérationnelles 2018
  

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V. LES PRESCRIPTIONS

« T'es gentil, t'es responsable du bonheur, mais voilà c'est juste rigolo, c'est juste un titre. »Au début de sa prise de poste, c'est une phrase que Virginie Vandesmissen, CHO chez Tapptic,a entendu dans ses relations privées ou professionnelles.

Oui, le pays des CHO est vu comme le monde des « Bisounours »42. L'effet mode du développement personnel ne fait pas bonne publicité à la stratégie du bonheur en entreprise dont le CHO a les rennes. Le bonheur est un terme avec des attentes très grandes et trop importantes de la part des managers et salariés. Il ne peut donc générerque frustrations et déceptions. Un des accords toltèques43 est « ne pas faire de suppositions » afin de ne pas être déçu. Communiquer sur ses attentes et ses envies permet leur réalisation et réduit l'écart entre le rêve et la réalité.

Les réfractaires au poste CHO parlent d'utopie. Nous verrons dans les sous-chapitres suivants qu'il en faut peu pour passer d'utopie à la réalité du terrain.

« En fait, je crois qu'il vaut mieux ne pas avoir de Bonhomme Joyeux dans l'entreprise si c'est juste pour avoir un gentil organisateur-décorateur, ou un DRH un peu plus fun, mais qui ne met pas en place des vraies valeurs qui nous permettent de nous sentir bien. »?Article UPTIMOI, 16 septembre 2016

Laetitia Sahuet, CHO à Payname, propose une belle métaphore avec le jardinage. En effet, elle parle de terrain fertile (entreprise) pour planter la graine du « bonheur au travail ». Mais, en qualité de CHO et manager, faut-il encore avoir la main verte !

1. Stratégie et Culture de l'entreprise

« Quelles sont mes valeurs ? Qui suis-je ? J'ai appris cela via la formation PGM. J'ai une certaine éthique : autonomie, reconnaissance, confiance et disponibilité de mes supérieurs, équité, utilité.J'ai besoin que les valeurs de mon groupe soient en adéquation avec les miennes.Aujourd'hui, mes

relations avec mes collègues sont devenues « amicales » : on s'entraide, on s'écoute, on ne se juge pas. Ce qui me fait rester dans mon entreprise, c'est que mes valeurs soient respectées.

42- « Bisounours » est un terme souvent utilisé dans le livre « Happy RH » afin de démontrer que le voyage vers le bonheur n'en fait pas parti car il est parsemé d'échecs, de doutes et d'hésitations.

43- Don Miguel Ruiz, Les quatre accords toltèques-La voie de la liberté personnelle, Edition Jouvence, traduction Olivier Clerc, Mai 1999.

Vanhée, Laurence. Happy RH: Le bonheur au travail, rentable et durable (French Edition) (Emplacements du Kindle 145-146). La Charte, Professional Publishing. Édition du Kindle.

« Mettre en place une éthique d'entreprise comprise et partagée par les salariés favorise considérablement le bien-être, l'esprit d'équipe, l'entraide. Ce sont des salariés motivés, dynamiques, reconnaissants et désireux de partager les valeurs de l'établissement qui seront présents et qui accueilleront les clients au sein de la structure. Le rôle fondamental du manager est aussi de transmettre et d'informer ses équipes. Son rôle est d'impliquer toute l'équipe dans le développement de l'établissement, notamment dans l'ambiance ressentie afin que l'expérience client soit optimale. »Philippe ATTIA, Directeur Général du ChâletRoyalp Hôtel & Spa 

Lors des interviews, les managers ont évoqué régulièrement le lien entre la stratégie, la culture d'entreprise et leur bonheur au travail.

Posons la définition de la stratégie comme « l'acte de déterminer les finalités et les objectifs fondamentaux à long terme de l'entreprise, de mettre en place les actions et d'allouer les ressources nécessaires pour atteindre lesdites finalités. »(Alfred Chandler, 1962). En parallèle de celles-ci, l'entreprise crée sa culture. Certaines inconsciemment et d'autresconsciemment afin de créer un levier puissant d'engagement.

Pour Laurence Vanhée, « elle est l'âme d'une société, permettant de distinguer l'une de l'autre, deux entreprises au même core business, avec le même savoir-faire à l'oeuvre sur le même marché.[...] C'est "l'élément invisible aux yeux des collaborateurs mais visibles avec leur coeur". »La culture est la chose la moins formalisée mais la plus partagée : elle « transmissible, évolutive et spécifique. »

On peut définir la culture d'entreprise comme un ensemble de règles, de valeurspartagées et de comportements qui permettent le fonctionnement de cette organisation. Elle prend en compte l'histoire et les éléments socioculturels de l'entreprise.

« Si l'on veut que la culture d'entreprise prenne, il faut aligner les actes aux paroles à tous les étages de la hiérarchie. Du bon sens basique peut-être, mais là encore, ça va mieux en le disant. », L. Vanhée, Happy RH

Si l'on souhaite que le CHO et les managers puissent collaborer et travailler tous deux au bonheur de l'entreprise, il sera donc essentiel que celle-ci mette au centre de ces préoccupations le bonheur des employés : ce qui est la définition même du terrain fertile.

« Pour être heureux au travail, j'ai besoin d'être en phase avec mon supérieur hiérarchique et avec les valeurs stratégiques de l'entreprise. »

Trop de sociétés aujourd'hui utilisent le bonheur comme une opération de communication afin de développer leur image de marque. On appelle cela le « Happywashing »44. En effet, lors de mes recherches, j'ai remarqué que deux des cinq offres d'emploi sur le poste CHO, étaient du « Happy washing » : Phénix, entreprise qui donne une seconde vie aux produits, spécialisée dans le recyclage desdéchetset Wedoogift, qui propose des cartes cadeaux multi-enseignes dématérialisées.

Sur ces annonces parues en février/mars 2017, seul le titre du CHO faisait référence au bonheur des employés. Les missions de cette fonction différaient grandement de tout ce que nous avons démontré :

· WEDOOGIFT recherchait un stagiaire CHO, avec pour objectifs en fin de stage,la compréhension et la connaissance du marché, la base de gestion d'un centre de profit, la prospection clients et les connaissances relatives aux contrats clients.

· PHENIX, start-up, séparait ce poste de CHO en trois axes : 30% de ressources humaines (paie, contrat, prime, mutuelle), 50% de suivi comptabilité et facturation et 20% d'évènementiel interne (actions du CHO sans finalité de missions).

On peut d'abord se poser la question de l'attribution du poste CHO à un stagiaire. La personne en charge du bien-être des employés ne doit-elle pas être une personne inscrite à long terme dans l'entreprise ? Le CHO, s'il n'est pas obligéd'avoir de nombreuses années d'expérience,doit être doté d'une forte capacité d'analyse et de savoirs-être nécessaires à la bienveillance et l'ouverture sur autrui. Je ne suis pas persuadée qu'un(e) stagiaire soit capable de répondre à ces exigences.

De plus, le CHO que recherchent ces entreprises n'effectue aucune des missions préalablement définies dans les chapitres précédents. On peut donc conclure que ces entreprises se servent de ce poste pour communiquer sur leur image etne se soucientpas réellement du bien-être de leurs salariés. La désillusion pour le recruté et les salariés n'en sera que plus grande. Il est donc normal d'entendre parler de monde des « bisounours » dans ce genre de cas.

« Si ce n'est qu'une démarche marketing, si l'entreprise veut seulement donner l'impression d'être cool, ça marchera deux à six mois, mais pas plus.» Franck Martin

44- Happywashing, terme créée dans les années 2000, faisant référence à la définition de Greenwashing qui « consiste pour une entreprise à orienter ses actions marketing et sa communication vers un positionnement écologique. C'est le fait souvent, de grandes multinationales qui de par leurs activités polluent excessivement la nature et l'environnement. Alors pour redorer leur image de marque, ces entreprises dépensent dans la communication pour "blanchir" leur image. » http://www.greenwashing.fr/definition.html

C'est une illusion de croire que n'importe quelle entreprise peut du jour au lendemain assurer le bonheur de ses salariésen employantles quelques recettes préalablement énoncées.

La direction d'une entreprise, si elle veut offrir à ses collaborateurs le bonheur,doit elle-même se poser la question du « comment ». Elle doit définir une stratégie à long terme et une culture d'entreprise avecun socle de valeurs partagées par ses managers et ses employés.

A l'inverse, modifier la stratégie et intégrer de nouvelles valeurs ne permet pas le bonheur des employés.

« Et si c'était la clé, écouter les employés et les impliquer dans la mise en place de cette stratégie » Uptimoi

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