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Francis Ponge et Bernard Heidsieck: exemples d'un parti pris du banal en poésie contemporaine

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par Delphine Billard-Kunzelmann
ENS-lsh Lyon - DEA stylistique 2004
  

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2.2) La banalité à vivre

Le banal ne se contente donc pas d'être un sujet d'étude, ou un sujet de description, ou un sujet de définition. Heidsieck ne définit rien, ne décrit rien. Il n'entre absolument pas dans les attentes de la poésie habituelle ou encore, malheureusement unanimement et banalement comprise.

Le banal n'est pas seulement « prétexte » d'écriture, il est rendu dans son « être-là ». On pourrait dire qu'il est le début, le milieu et la fin du travail. Début en tant que « biopsies » parfois menées au hasard de ce banal jamais complètement prévisible. D'où cette énorme difficulté à en rendre compte, car il est une donnée fluctuante et non maîtrisable. Milieu car le poète doit s'imprégner par la sémantique (qu'il opposera à François Dufrêne) de ce banal : comment le mettre en sons, en rythme, en cris, voire en mots complets ou tronqués. Et enfin, « fin », pour autant qu'elle soit possible car les textes qui rendent vraiment compte d'une boucle fermée sont rares, dans la transmission à un public. Seule cette imprégnation finale du public qui permet une réciprocité du texte, du lecteur-Heidsieck et du public teste l'efficacité du poème. Cette trinité de la banalité pose un point quasi final à sa perfectibilité. Il s'agit bien d'une poésie centrifuge, happante, inclusive, grâce à ces petites saynètes de mise en situation du banal. Certes, ce banal est une sorte de concentré de banal dans la mesure où l'engagement du poète n'est pas à démontrer. Il choisira ce qui produit du son et du sens, en une accumulation de divers procédés qui ont pour but de créer un monde de banalité.

Donc on ne peut pas parler comme Ponge d'une « transfiguration » du banal mais d'une « phono-signifiance » du banal, à la fois comme mise en sons et comme compte-rendu sonore. Nous verrons qu'il s'agit aussi d'une sublimation.

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