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Du NOMIC au Sommet Mondial de la Société de l'Information : Le rôle de l'UNESCO dans la réduction de la fracture numérique

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par Destiny TCHEHOUALI
Université Stendhal (Grenoble) / Institut de la Communication et des Médias - Master 2 Recherche - Sciences de l'Information et de la Communication 2007
  

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III- Problématique et objectifs de recherche


A- Problématique

Depuis trente ans que se sont ouverts les débats sur le Nouvel Ordre Mondial de l'Information, la communication internationale a semblé stagner, du moins au niveau du sens de circulation de l'information, bien que celle-ci puisse être considérée comme finalement décolonisée tel que le recommandait Hervé Bourges déjà dans les années 1970. Si d'un point de vue économique, beaucoup de facteurs de régulation des flux ont évolué, il demeure que le contexte géopolitique dans lequel cette évolution s'est réalisée n'a pas profondément changé, du moins en ce qui concerne les rapports de force entre l'Afrique et les pays industrialisés de l'occident. Du coup, l'écart entre l'Afrique et les pays du Nord qui était censé se réduire par les belles promesses de la société mondiale de l'information s'est davantage creusé même si les populations de ce continent demeurent confiantes et optimistes sous l'effet des croyances engendrées par les discours de promotion des TIC.

Et pourtant, depuis trente ans, au nom de la « coopération internationale », des organisations internationales n'avaient cessé de se mettre au devant de la lutte contre la fracture numérique, affichant leur volonté d'aider les pays du Sud à une appropriation progressive des TIC et à l'intégration de ces pays dans l'e-inclusion. Mais pourquoi alors, depuis l'échec du NOMIC jusqu'au lendemain du SMSI à Genève et Tunis, l'UNESCO, en dépit de sa « solidarité numérique » vis-à-vis des pays africains, n'arrive pas à rééquilibrer les rapports humains en matière de communication et d'accès aux TIC sans que ces pays ne demeurent écartés par les critères géographiques et de frontières privilégiant les pays industrialisés ?

Il importe d'interroger à nouveau l'histoire mais en analysant cette fois-ci les éventuels enjeux géopolitiques sous-tendus sans doute par des intérêts financiers et

hégémoniques des maîtres du monde. Il serait encore plus intéressant et c'est là l'une des particularités de notre travail, de nous questionner sur les probables pressions et influences que subirait l'UNESCO. Rappelons que les maîtres du jeu que sont les superpuissances du Nord n'hésitent pas pour imposer leurs propres intérêts à «discipliner» les organisations intergouvernementales en les menaçant d'un retrait (comme cela a été le cas pour les Etats- Unis et la Grande Bretagne qui se sont retirés de l'UNESCO pendant plus de 15 ans), et en exerçant, à l'encontre de certains récalcitrants, la politique de la carotte et du bâton.

« L'insubordination» et l'attitude hostile à l'égard des intérêts occidentaux ne manquent pas de générer de nouvelles sanctions, telles l'exclusion de la clause de la nation la plus favorisée, ou des restrictions à l'exportation. Les actions des organisations internationales ou intergouvernementales seraient donc soutenues par certains pays industrialisés qui sont les pays (donateurs) finançant souvent les politiques de lutte contre la fracture numérique mondiale. L'UNESCO est-elle financièrement indépendante pour mener jusqu'au bout ses programmes en faveur du développement international de la communication ? Si non, n'estelle pas obligée de répondre à certaines conditions ou de satisfaire certaines exigences qui lui sont imposées ?

Pour répondre à ces questions, nous aurons à pénétrer au coeur de la communication internationale et de la souveraineté nationale des pays afin de voir de plus près les grandes actions menées par l'UNESCO, telles que le PIDC ou encore l'organisation du SMSI tout en vérifiant si les enjeux géopolitiques caractéristiques des rapports de force entre pays du Sud et pays du Nord ne sont pas les principaux facteurs de blocage ou d'échec de ces programmes. L'UNESCO, par ses stratégies de diffusion des TIC en Afrique contribue-t-elle davantage à la dépendance technologique de ces pays ? Ou ces actions favorisent-elles vraiment la réappropriation des TIC par ces pays?

Il semblerait que le continent africain soit tombé dans le fossé numérique creusé par la mondialisation de l'information, laquelle mondialisation conditionne l'internationalisation et la globalisation des échanges y compris ceux de l'information, et des technologies. Et pour sortir de ce fossé, l'Afrique a-t-elle nécessairement besoin de l'UNESCO ou d'autres organisations internationales ? Pourquoi une solidarité numérique dans la société de l'information alors que cette société dans ses fondements sous-entend déjà des valeurs de solidarité et d'égalité (d'accès universel et de partage de l'information) ?

Finalement, l'appropriation ou la réappropriation des TIC par les pays africains ne devrait-elle pas de ce fait être repensée à un niveau plutôt national, régional et local qu'international ? Mais les Etats africains ont-ils des budgets suffisants pour une auto- appropriation de ces TIC ? Sont-ils prêts à prendre en main leur destin numérique ? Avant le développement économique, à quand d'abord l'indépendance numérique des pays africains les moins avancés en communication ?

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