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Soutenabilité de la dette publique des pays post PPTE de la Zone Franc

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par Guy Albert KENKOUO
ISSEA - Ingénieur statisticien 2008
  

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II.2- Analyse des besoins de financement des pays post PPTE de la Zone Franc

D'après SALIOU (2003), la croissance de la production de toute économie dépend entre autre de l'accumulation du capital, requiert une épargne suffisante pour satisfaire l'investissement nécessaire. Mais, la composante domestique (l'épargne publique, l'épargne privée constituée de celle des ménages et des entreprises privées) de cette épargne est insuffisante dans la plupart des PVD. Cette idée pose le problème réel de financement du développement de ces pays. Dans cette section, nous analysons les besoins de financement des pays de la Zone Franc. Ceci afin de comprendre le niveau de leur dette. Plus précisément, nous analyserons le solde primaire et le besoin de financement brut de chaque pays et nous examinerons les OMD avec ses problèmes de financement.

II.2.1- Analyse du solde primaire et du besoin de financement brut des pays post PPTE de la Zone Franc

Nous analyserons ici le solde budgétaire primaire (solde budgétaire hors intérêts) et les besoins de financement brut calculés dans la balance de paiements. Ce besoin de financement brut est le déficit budgétaire, plus l'amortissement de la dette publique à moyen et long terme, plus dette à court terme à la fin de la période précédente. Le graphique 5 illustre bien la situation des soldes primaires des pays post PPTE de la Zone Franc.

Graphique 5 : Évolution des déficits primaire (en % du PIB) des pays post PPTE de la Zone Franc de 1992 à 2005

Source : BEAC-Pôle-Dette

Le Bénin seul a maintenu des excédents budgétaires (primaires) sur la période de l'étude. Ceci est peut-être dû au respect des critères de convergences28(*) en zone UEMOA. Mais cet excédent en pourcentage du PIB est décroissant sur la période de l'étude.

Le Cameroun depuis 1994 réalise des excédents primaires et ces excédents en pourcentage du PIB sont croissants de 1994 à 2005.

De 1992 à 2005, le Mali, le Niger et dans une moindre mesure le Sénégal réalisent des déficits budgétaires primaires importants. Et ces déficits évoluent en dents de scie.

Le Burkina Faso a enregistré des déficits primaires de 1992 à 2002, et depuis lors, il dégage des excédents primaires croissants.

En résumé, de 1992 à 2005, parmi les pays post PPTE de la Zone Franc, seuls le Bénin et le Cameroun ont dégagé des soldes primaires globalement positifs. Les autres pays sont caractérisés par des déficits primaires. L'existence de ces déficits fait naître des besoins de financement. Le graphique 6 illustre bien la situation de l'évolution des besoins de financements bruts des pays post PPTE de la Zone Franc.

Graphique 6 : Évolution des besoins de financement bruts (en % du PIB) des pays post PPTE de la Zone Franc de 1993 à 2005

Source : BEAC-Pôle-Dette

A l'exception du Sénégal qui, au cours de certaines années a présenté des capacités de financements, tous les pays post PPTE de la Zone Franc ont présenté entre 1993 et 2005 des besoins de financement bruts. Ces besoins de financement bruts en pourcentage du PIB sont croissants pour certains (Bénin, Burkina Faso et Mali) et décroissants pour d'autres pays (Cameroun, Sénégal et Niger). Nonobstant ces résultats, la principale inquiétude vient du financement des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Le paragraphe suivant examine le financement des OMD.

II.2.2- Les OMD et leur financement

Les OMD constituent aujourd'hui le cadre commun de référence pour les stratégies de développement. Ces OMD, au nombre de huit (8) sont les suivants29(*) : (i) faire disparaître l'extrême pauvreté et la faim d'ici à 2015, (ii) garantir à tous une éducation primaire, (iii) promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, (iv) réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans, (v) améliorer la santé maternelle, (vi) combattre le VIH/SIDA, (vii) le paludisme et d'autres maladies, (viii) assurer la durabilité des ressources environnementales et mettre en place un partenariat mondial pour le développement. Ces OMD reconnaissent explicitement que l'élimination de la pauvreté ne peut être obtenue que par un renforcement du partenariat entre les différents acteurs du développement et par une action plus résolue des pays riches. Il existe une responsabilité collective à se battre pour l'amélioration des conditions de vie dans les pays pauvres. Aussi, reconnaissent-ils que le développement mondial n'est plus seulement axé sur la croissance économique mais aussi sur l'être humain : la réduction de la pauvreté devient une conditionnalité du bien-être des personnes. Le but du développement consiste à offrir aux populations plus de choix, de liberté et de dignité. Les OMD reflètent une véritable force politique : ils constituent la première vision globale du développement qui, tout en bénéficiant de l'aval politique de la planète entière, se concentre clairement sur les plus pauvres des êtres humains. Plus qu'un catalogue de bonnes intentions, les OMD représentent le point de mire à moyen terme de la majorité des stratégies internationales, régionales et nationales de développement. Ils se sont très rapidement imposés comme le cadre exclusif de structuration des politiques internationales de développement, et forment dorénavant la pierre angulaire, le pivot autour duquel s'organise une grande partie du système d'aide actuel.

Cependant, les besoins de financement estimés par le FMI à l'horizon 2015 sont de 135 millions USD pour les pays à faibles revenus. Tous ces besoins ne pourront pas être entièrement satisfaits par des dons. Ainsi, l'atteinte des OMD par les pays post PPTE de la Zone Franc augmentera leurs besoins de financement et ils seront alors exposés à des risques de surendettement.

En résumé, la Zone Franc a deux zones d'émission : la CEMAC et l'UEMOA. Ces pays ont pour dénominateur commun le F CFA et l'histoire qui les lient à la France. Treize d`entre eux sont des pays à revenu faible et deux à revenu intermédiaire. Les performances économiques de ces pays sont relativement faibles par rapport au niveau mondial. En ce qui le Cameroun, environ huit produits représentent plus de 70 % de ses exportations. Par contre, pour les autres pays, environ cinq produits représentent plus de 70 % des exportations des pays post PPTE de la Zone Franc. Notons que la plupart de ces produits sont des produits de base dont les cours fluctuent régulièrement sur le marché mondial. La mise en oeuvre des initiatives d'allègement de la dette des PVD (IPPTE et IADM) a réduit significativement la dette des pays post PPTE de la Zone Franc, mais ces pays demeurent confrontés aux défis de développement.

* 28 Parmi les critères de convergences en zone UEMOA, le solde budgétaire primaire doit être positif ou au moins nul.

* 29 PNUD, Rapport mondial sur le développement humain, 2003

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