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Etat des lieux de la microfinance et du système bancaire camerounais

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par Olive Berenice Ngafi Djomo
Faculté universitaires catholiques de Mons (belgique) - Master en sciences de gestion option (finance) 2006
  

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4.4.5 Les bailleurs de fonds

Parmi les bailleurs de fonds48(*), nous trouvons : Le Crédit mutuel pour la France, la Caisse Desjardins pour le Canada, Raiffesen pour l'Allemagne, le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), l'AFD (agence française de développement), etc.

Ces bailleurs de fonds apportent aux IMF des ressources financières et des appuis techniques. Ils jouent un rôle de catalyseur dans la microfinance en renforçant les capacités institutionnelles des IMF, notamment par la mise en place des programmes d'assistance technique pour les plus jeunes IMF et la création des programmes de développement de nouveaux produits orientés vers les populations non servies (milieu rural).

Cependant, l'appui des bailleurs de fonds décourage l'investissement privé. En effet, les institutions de microfinance, le gouvernement et les clients sont tous habitués aux subventions et sont peu enclins à fonctionner suivant les conditions du marché. De plus, les interventions des bailleurs de fonds sont souvent commandées par des priorités ou des accords d'ordre politique qui entravent le développement du secteur dans son ensemble. Dans ce sens, la microfinance est parfois considérée comme une sous composante d'autres programmes plutôt qu'une composante du secteur financier.

Nous constatons que par rapport aux banques, la microfinance joue un rôle important dans l'économie camerounaise. Cependant les IMF rencontrent plusieurs difficultés. Dans la suite, nous exposerons les problèmes des IMF et nous proposerons quelques solutions.

4.5 PROBLEMES DES IMF

Certaines institutions de microfinance sont confrontées à plusieurs obstacles tels que :

- Le mauvais système d'information entrainant des mauvais résultats ;

- La fraude (exemple: falsifications des données financières, transferts dans les comptes personnels afin d'avoir des gains illégaux, allongement des délais, prêts fictifs, corruption, dissimulation, etc.) ;

- Les impayés qui illustrent la mauvaise qualité du portefeuille de crédit ainsi qu'une mauvaise qualité de la sélection des clients ;

- La concurrence excessive ;

- L'insuffisance des moyens de financement.

4.6 QUELQUES RECOMMANDATIONS

Nous donnons quelques recommandations permettant de remédier aux problèmes rencontrés par les IMF. Nous pensons que pour améliorer leurs méthodes de travail, les IMF doivent :

- Disposer d'un bon système d'information ;

- Lutter contre la fraude ;

- Motiver le personnel ;

- Encourager les clients, par exemple en renouvelant les prêts des bons clients ;

- Collecter la liste des clients défaillants pour lutter contre des multiples emprunts ;

- Déterminer le meilleur échelonnement des remboursements ;

- Bien utiliser les subsides ;

- Mettre en place des techniques pour intégrer les banques ;

- Tenir compte du fait que la population à faible revenu se trouve dans les zones rurales. Dès lors, puisque le développement est une action dont le but est de contribuer à l'amélioration des conditions de vie de la population, ce processus ne saurait commencer ailleurs que dans les zones rurales;

- Prendre en compte la culture et la tradition ancestrale du lieu d'implantation. L'ouverture de ce type d'institutions contribuera à améliorer les services financiers au sein d'une communauté qui connaît mieux ses difficultés et les éventuelles solutions ;

- Encourager l'innovation et la mise en place instruments financiers adaptés à toutes les couches de populations.

Dans ce chapitre, nous avons présenté l'importance et la couverture de la microfinance au Cameroun, un problème auquel nous avons été confrontés c'est le manque de statistique récente. Nous remarquons que pour l'Etat la Microfinance apparaît comme étant un élément essentiel. Néanmoins, les acteurs du secteur trouvent que l'Etat joue un rôle insuffisant dans la promotion du secteur.

Nous retiendrons que le secteur de la microfinance est largement dominé par les coopératives d'épargnes et de crédit et que les IMF au Cameroun sont déclarées sous le régime d'associations ou de coopérative d'épargne et de crédit.

Pour l'exercice de leur activité, les IMF sont tenues de demander un agrément auprès du ministère des finances. Les conditions d'exercice de leur activité sont définies par la CEMAC.

Nous avons également exposé les différents acteurs de la microfinance au Cameroun à savoir : les institutions de microfinance, l'association nationale des établissements de Microfinance du Cameroun (ANEM-CAM), les autorités, les ONG, les bailleurs de fonds et les structures spécialisées dans la formation en microfinance. Nous avons aussi montré quelques obstacles rencontrés par les IMF et nous avons proposé des solutions pour l'amélioration du secteur. Nous constatons que par rapport aux banques, les IMF interviennent plus dans le financement de l'économie puisqu'elles s'efforcent d'offrir des services financiers à la majorité de la population. Mais pouvons-nous réellement parler de la microfinance comme d'un instrument de lutte contre la pauvreté? Les institutions de microfinance sont-elles des outils de développement? Dans la deuxième partie, nous essayerons de répondre à ces questions.

* 48 Organisations publiques ou privées dont l'objet est de soutenir le développement par le biais de la mise à disposition de dons (subventions) ou de prêts à taux inférieur à ceux du marché.

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