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Etat des lieux de la microfinance et du système bancaire camerounais


par Olive Berenice Ngafi Djomo
Faculté universitaires catholiques de Mons (belgique) - Master en sciences de gestion option (finance) 2006
  

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2.4 LA BANQUE ET LE FINANCEMENT DE L'ECONOMIE22(*)

Nous examinerons la relation de la banque avec chacune des articulations de l'économie camerounaises à savoir : les PME/PMI, le secteur agricole et les grandes entreprises.

2.4.1 La banque et les PME/PMI

Les PME/PMI tiennent une place essentielle dans les économies des pays en voie de développement. Elles créent des emplois à la mesure des compétences locales et permettent la satisfaction à moindre coût des besoins élémentaires. Le secteur des PME/PMI fait preuve de plus de dynamisme que le secteur public dont la plupart des entreprises sont en faillites et en cours de liquidation. Il présente aussi un avantage d'autonomie par rapport à certaines grosses entreprises privées trop dépendantes de l'extérieur pour leurs approvisionnements ou pour leurs ventes. Une enquête menée par le CRETES (Centre de Recherche et d'Etudes en Economie et Sondage) montre que seulement 31% du financement des PMI camerounaises est d'origine bancaire, le reste étant fourni par les tontines, l'épargne personnelle et accessoirement par la famille, les fournisseurs et les autres sources étrangères. Il existe donc une profonde rupture entre les PME/PMI camerounaises à la recherche de financements pour leur expansion et les banques dont les caisses débordent de liquidités. Les deux parties se rejettent mutuellement les causes de cette mésentente.

Les banques reprochent aux PME/PMI d'être mal structurées et de ne pas avoir les documents nécessaires pour l'instruction du prêt. En effet, certaines PME/PMI sont souvent mal gérées par des promoteurs qui confondent leur patrimoine et celui de l'entreprise.

Les PME reprochent aux banques leur excès de formalisme, l'exigence de nombreuses garanties, la lenteur dans le traitement des dossiers, et les coûts de transactions élevés.

La différence culturelle entre les PME/PMI habituées aux solutions simples et immédiates et les banques pour lesquelles le respect des procédures est la règle d'or conduit à une méfiance réciproque.23(*)

2.4.2 La banque et le financement de l'agriculture

L'apport de la banque est insignifiant, voire nul pour ce secteur. L'abandon des zones rurales par les banques est caractéristique de l'absence de volonté de travailler avec ce secteur.

Les banques justifient ce retrait par la faible rentabilité et l'absence d'infrastructures qui rendent difficile le contrôle des agences dont la fonction principale est la collecte des dépôts.

La vocation urbaine des banques est confirmée par la concentration de plus de 42% des agences en zone urbaine (Douala et Yaoundé)

Le secteur agricole est la principale victime de la situation de quasi-monopole des banques qui ne favorise pas l'innovation et qui ne permet pas au client de compter sur l'effet de concurrence.

La réticence des banques commerciales envers le monde rural, le secteur informel et les pauvres se justifient par : L'éloignement et l'enclavement des sites d'investissements, l'absence ou la faiblesse des garanties, le montant trop faible des crédits individuels par rapport aux coûts de suivi à engager, l'absence de la bonne maîtrise des techniques modernes par les paysans et l'imprécision des données climatologiques.

* 22 Mbouobouo Ndam (2004), Banque contre microfinance : les enjeux de l'intermédiation dans la zone CEMAC, mémoire de DESS en banque, monnaie et finance internationale, Yaoundé, Institut des Relations Internationales du Cameroun.

* 23 BOYE S., HADJENBERG J., POURSAT C. (2006), «Le guide de la microfinance», Paris, Editions d'organisations, P50

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