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La délinquance dans le canton de Coussey durant le premier XIXème siècle

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par Hugues Herbillot
Université Nancy 2 - Master 2009
  

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2. Le profil social du délinquant.

Le délinquant du XIXème siècle donne l'image d'un vagabond miséreux, rodant de villages en villages à l'affût de la moindre rapine. La réalité est beaucoup plus complexe, comme le montre le graphique suivant, toutes les couches sociales commettent des délits, et ont toutes une infraction de référence.

Figure 16, Répartition socioprofessionnelle des accusés dans le canton de Coussey de 1810 à 1860.

a. Répartition socioprofessionnelle des accusés.

Les accusés du canton occupent des métiers variés, pour les classer nous nous sommes inspirés du classement réalisé par Alain Pauquet qui retient pour son analyse sociale de la violence les cinq divisions suivantes174(*) :

1. Exploitants agricoles et journaliers, manoeuvres, vignerons, etc.

2. Domestiques,

3. Ouvriers d'industrie et ouvriers artisans (boulangers, bouchers, meuniers, tailleurs, voituriers),

4. Classe moyenne et supérieures (commerçants, professions libérales et les aubergistes),

5. Gens sans aveu, marginaux.

Le milieu agricole se place en tête de la hiérarchie des accusés avec 43,67 % des délinquants, les ouvriers et les artisans arrivent en seconde position. Les classes moyennes et supérieures se placent troisièmes, puis viennent les gens sans aveux et les domestiques qui sont peu représentés dans ce classement et qui ne fournissent chacun que 4% des accusés.

On constate une homogénéité de l'appartenance sociale du plaignant et du prévenu, celle-ci va jusqu'à opposer de nombreuses fois des individus exerçant le même métier. Ainsi, à Mont les Neufchâteau en 1817, deux cultivateurs règlent leur différent à l'aide de la Justice pour un arrachage de pommes de terre, de tels exemples sont nombreux.

Les classes moyennes et supérieures recourent souvent à la justice pour des violations de leur propriété. A Sionne, la famille Muel possédant les forges de Sionne saisit ainsi huit 8 fois la justice.

A l'opposé un individu d'un milieu social inférieur, saisit rarement la Justice contre un riche propriétaire, sans doute le poids des structures sociales d'Ancien Régime est-il encore présent dans les esprits.

b. Les catégories socioprofessionnelles et le délit.

Si la délinquance touche toutes les strates sociales, tous les accusés ne commettent pas les mêmes délits selon leur niveau et leur origine sociale175(*).

Les classes moyennes et supérieures se distinguent surtout par le délit de chasse qui reste dans l'imaginaire comme l'apanage de la noblesse, cette catégorie n'hésite pas à braver les dates d'ouverture et les réglementations locales en vigueur. A l'opposé, les classes privilégiées volent et mendient très peu.

Le monde de l'agriculture est très présent parmi les délits de chasse et les violences physiques. Les cultivateurs et autres travailleurs des champs sont en permanence en contact avec la nature et sa faune. En effet, tendre des collets ou emporter son fusil aux champs est courant pour les paysans.

Les ouvriers ont quant à eux souvent recours souvent à la violence physique et au vol. Le vol, est un délit souvent commis par ceux qui ne peuvent se procurer l'objet de leur désir par les voies traditionnelles du commerce. Avec les paysans, les ouvriers sont le groupe qui recourt le plus aux violences physiques. Contrairement aux domestiques et aux classes moyennes et supérieures, ils n'ont aucune retenue, et n'hésitent pas à régler leurs différents à coup de pied ou de poing.

Un quart des délits commis par les domestiques est un vol. Les domestiques vivent au service de personnes évoluant dans des conditions plus confortables, la convoitise semble avoir raison de l'honnêteté de certains. De manière générale plus le niveau économique de l'individu est bas, plus la chance que le délit commis soit un vol augmente. Les servants sont en revanche les moins violents, leur statut marqué par la dépendance restreint leur liberté d'action.

Nous n'avons pas pris en compte les vagabonds et les mendiants qui sont principalement accusés de vagabondage, parfois accompagné de vol. Alain JACQUET, montre que déjà au XVIIIème siècle dans les Vosges de L'Ouest, « les errants, sont le cauchemar des autorités : le pouvoir multiplie les édits contre
eux176(*) ». « Les vagabonds, sont des délinquants actifs. Ils commettent de nombreux vols, notamment sur les foires et marchés177(*) ». Le vagabond du XIXème siècle, est un solitaire qui commet essentiellement des vols de subsistance.

Les agriculteurs majoritaires dans le canton arrivent logiquement en tête du classement de la délinquance. Les ouvriers sont les plus violents, avec les domestiques ils sont les personnes qui commettent le plus de vols. Des divergences encore plus marquées que l'origine sociale, s'observent selon le sexe.

* 174 PAUQUET A, La société et les relations sociales en Berry au milieu du XIXe siècle, Clamecy, l'Harmattan, 1998, p 466.

* 175(Cf : Annexes d'illustration, Annexe VII. Tableau des délits commis selon les origines du délinquant).

* 176 JACQUET, A, La terre la charrue les écus, La société villageoise de la plaine thermale des Vosges de 1697 à 1789, Nancy, PUN, 1998, p 125.

* 177 Ibid

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