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La délinquance dans le canton de Coussey durant le premier XIXème siècle

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par Hugues Herbillot
Université Nancy 2 - Master 2009
  

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b. La délinquance féminine, entre violence et délits contre les biens.

La gent féminine se démarque par un comportement plus violent que les hommes. En effet, 43,39 % de ses délits concerne la violence verbale ou physique. Les violences physiques féminines sont majoritairement commises sur d'autres femmes à 63 %, voir sur des enfants ou plus rarement sur des hommes. Ainsi, à Houécourt une femme agresse un jeune enfant qui jouait dans la neige, pensant que celui-ci lui avait lancé une « pelote de neige182(*) », « elle le frappa à la tête d'une pierre qu'elle tenait à la main en lui disant d'aller chez lui et de ne pas jeter de la neige ».

La violence physique féminine est rarement exercée contre un homme dont la force physique est souvent supérieure. Cependant, le 1er mars 1846, dans le département, « une jeune fille a tiré un coup de pistolet sur le nommé Jacquet qui, dit-on lui faisait la cour. Jacquet n'a heureusement que l'oreille meurtrie. On ignore la véritable cause de ce crime étrange183(*) ». Lorsqu'elles s'attaquent à des hommes les femmes ont souvent recours à des armes.

La violence verbale l'emporte cependant sur la violence physique, les femmes ont plus souvent recours aux insultes pour blesser un adversaire. Les délits féminins sont à 16 % des délits ruraux et à 13,75 % des vols. Les larcins, peuvent être importants, mais concernent le plus souvent de la nourriture ou des vêtements.

D'une manière générale, les femmes commettent plus de délit contre les biens que contre les personnes. Leur rôle n'est cependant pas toujours très clair dans certaines affaires.

c. Rôle actif et rôle passif des femmes dans l'infraction.

Les femmes sont rarement les seules accusées pour un délit. Elles sont couramment accompagnées d'un ou plusieurs parents ou amis. Faisant souvent office de second rôle lors des infractions, elles prêtent main forte à leur mari lors des « mauvais coups » où elles servent de guetteuses. Les confidences de Jean Gris au garde champêtre de La Vacheresse-et-la-Rouillie, nous apprennent ainsi qu'il a vu l'hiver précédent, Jean et Nicolas Flammérion couper et enlever des landres dans un jardin. Ce forfait se déroule « sous la surveillance de la femme Flammérion qui claqua dans ses mains pour que son fils et son mari s'enfuient quand elle vit arriver du monde184(*) ».

Les compagnes constituent également une force de frappe supplémentaire non négligeable lors des règlements de compte. A Chermisey le 11 juin 1811, Marie-Louise Jacquemin viole « une entrée séparative de l'héritage de la famille Etienne185(*) ». Michel Etienne, accompagné de sa femme, de leur fille et de leur domestique assaillent l'intruse. « Michel Etienne saute avec ses genoux sur la femme Jacquemin pendant que Catherine Étienne la maintient au sol. Il lui a donné plusieurs coups d'un bâton d'épines que madame Étienne est allée chercher près d'une haie morte. Puis Catherine Étienne lui a arraché son collier ». Le rôle d'auxiliaire de ces trois femmes est ici flagrant puisqu'elles contribuent largement au passage à tabac, en trouvant les accessoires et en dérobant finalement les bijoux de la plaignante.

Ces deux exemples ne doivent cependant pas faire oublier que les femmes n'ont pas toujours besoin de tierces personnes pour commettre des infractions puisque dans 41,26 % des affaires elles sont les seules à apparaître dans les jugements. On peut néanmoins se demander lorsqu'elles agissent en groupe si elles ont toujours le choix d'aider leur mari, il est évident que dans certains cas celles-ci sont plus ou moins obligée d'enfreindre la loi sous leur pression.

En cinquante années les chiffres de la délinquance féminine connaissent une chute vertigineuse dans le canton. Ces dernières commettent essentiellement des délits contre les biens et agissent rarement seules.

De même que l'âge, le milieu social ou encore le sexe sont déterminants ; les infractions répondent à des schémas conditionnées par la géographie et le temps.

* 182 ADV, 22u41, 1820, Houécourt.

* 183 L'Abeille des Vosges, 01/03/1846.

* 184 AD Vosges, 22u48, La Vacheresse-et-la-Rouillie, 1813.

* 185 AD Vosges, 22u48, Chermisey, 1811.

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