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La délinquance dans le canton de Coussey durant le premier XIXème siècle

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par Hugues Herbillot
Université Nancy 2 - Master 2009
  

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3. Le village et l'extérieur.

a. Des « étrangers » mal tolérés par la communauté villageoise.

Le village est un monde relativement clos. Les habitants d'un même village se connaissent tous, ils connaissent certains habitants des villages voisins mais ont rarement des relations au-delà. Toute personne franchissant l'enceinte de la commune est rapidement repérée et devient immédiatement le centre des conversations. A l'image du vagabond, toutes les personnes venant de l'extérieur font peur ou intriguent.

· Le Vagabond et la peur de l'étranger.

Le vagabondage et la mendicité représentent dans le canton 4,18 %, de tous les délits commis. Le vagabondage est régulier tout au long de la période avec toutefois des pics en temps de crise de quelque nature quelle soit. De 1823 à 1826, époque de conjoncture agricole défavorable, on dénombre entre un et deux cas par an.

Défini comme délit, le vagabondage, forme paroxystique de la misère pose problème aux autorités locales qui voient toujours d'un mauvais oeil ces individus qu'ils affublent de tous les maux et qu'ils considèrent comme des délinquants en puissance. A Brancourt, le 16 juin 1837, Nicolas Rambaud, sans profession, mendiant d'habitude s'introduit dans les maisons pour y trouver de quoi se nourrir, il est rapidement dénoncé au maire par les habitants qui font front commun lorsqu'un danger extérieur se présente.

· Les employés de l'Etat dans les villages.

Cette « union sacrée » s'observe contre certains représentants de l'état. A Ruppes en 1812 des inspecteurs des droits réunis viennent perquisitionner chez le cabaretier Joseph Thouvenin. Les employés de la régie « ont trouvé au cours de leur visite des bouteilles suspectes dont ils ont voulu faire l'inspection à laquelle le sieur Thouvenin s'est opposé, opposition qui a été accompagné et suivie d'outrages et violences graves exercées envers ces deux employés de la régie398(*) ». 

Le cabaretier bouscule les deux employés « de la recette à cheval des droits réunis de Neufchâteau399(*) », il est imité par « des personnes qui se trouvaient alors dans son domicile, et les ont renversés à terre sur des débris de bouteilles cassées. Thouvenin s'est saisi de la gorge d'Etienne Louis Berthelot et tout le monde a participé en applaudissant ou encourageant les violences400(*) ». Le maire présent prend même le parti de ses administrés et somme les inspecteurs de se retirer. L'évènement attire immédiatement tout le village qui avait été avertit de l'arrivée des deux « étrangers », « une foule de peuple », attiré par la rixe, se forme rapidement devant le cabaret. 

Lors du procès, le délit est qualifié de rébellion chose assez rare dans le canton pour être soulignée, au total quinze personnes sont impliquée dans la rixe. De telles résistances collectives sont rares, il s'agit ici de « violence défensive » le cabaretier se sent en danger ce qui provoque sa réaction violente, les clients prêtent alors main forte au débitant pour renvoyer les inspecteurs.

Les villageois n'apprécient pas les intrus, mais ce genre de violence reste rare.

* 398 AD Vosges, 22u50, Ruppes, 1812.

* 399 Ibid.

* 400 Ibid.

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