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La délinquance dans le canton de Coussey durant le premier XIXème siècle

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par Hugues Herbillot
Université Nancy 2 - Master 2009
  

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c. Aux limites des communes, routes et chemins sont les terrains de jeu des brigands.

Le Brigandage comprend toutes les attaques opérées à proximité immédiate de voies de communications, sous la menace d'une arme, dans le but de s'approprier les richesses des voyageurs. Nous avons recensé six affaires rentrant dans cette catégorie.

Les bandits pour ne pas être reconnus utilisent des déguisements. A Villotte, François Chamet se fait agresser par trois hommes dont l'un est habillé en femme394(*). Sur la route menant de Coussey à Neufchâteau, Christophe Fépoux se fait arraisonner par des individus avec des sacs sur le visage, l'un deux ayant sur la tête un chapeau à trois cornes395(*). La volonté d'anonymat est importante car les brigands connaissent souvent leur victime, on peut même parler de rançonnage de proximité. Malgré tous ces artifices, l'identité des agresseurs est parfois découverte. Christophe Fépoux qui parvient à s'enfuir de son embuscade, rencontre plus tard dans la journée trois individus suspects, qu'il reconnaît comme étant ses agresseurs. Les brigands étant des habitants du village voisin de Maxey-sur-Meuse. 

Les bandits de grand chemin sont armés. A Villotte, ils portent des serpes et des sabres, à Coussey ils sont équipés de fusils et se montrent menaçants, « l'homme armé d'un fusil ayant continué de s'approcher les a couchés en joue à une telle proximité que le bout du canon se trouvait déjà engagé dans la charrette dont il s'agit en leur criant d'une voix menaçante (- arrête ou je te tue !) ». Certains «bandits amateurs« faute d'équipement adéquat se contentent d'agresser les voyageurs à coups de poings ou de gourdins.

Le butin capturé est composé essentiellement d'argent, Chaumet de Villotte se fait délester de 82 Louis d'or396(*) tandis que Jean Baptiste Gérardin de Punerot se fait voler de 141 francs et quatre vingt centimes397(*).

Cinq cas de brigandage sur six se commettent pendant les trois périodes de disette que nous avions mis en évidence dans la partie sur la conjoncture. Ceci laisse à penser qu'il ne s'agit pas de «brigands de profession« mais de simples paysans qui en sont réduit à attaquer des passants pour leur propre survie ou améliorer leur quotidien.

Ces larcins ne sont jamais commis aux alentours du village. Les lieux des attaques sont souvent des zones floues, des chemins à la limite de deux communes. Les brigands opèrent là où ce genre d'activité est peu risqué, là où les gardes champêtres se rendent rarement.

* 394 AD Vosges, 22u44, Villotte, 1824.

* 395 AD Vosges, 22u45, Coussey, 1812.

* 396 AD Vosges, 22u44, 1812.

* 397 AD Vosges, 22u66, Punerot, 1824.

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