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Dynamique de l'occupation sol dans des niayes de la région de Dakar de 1954 à  2003: exemples de la grande niaye de Pikine et de la niaye de Yembeul

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par Aminata DIOP
Université Cheikh Anta DIOP de Dakar - DEA 2006
  

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II. LES FACTEURS SOCIO-ECONOMIQUES

1. La croissance de la population de la région de Dakar

Les villes offrent des opportunités économiques et scientifiques. Elles attirent par conséquent un nombre sans cesse croissant de populations (figure 15). En effet, au Sénégal, le port de Dakar dans ces différentes politiques de développement a permis l'essor de beaucoup d'activités liées aux services. Simultanément, il s'est produit dans le pays une crise agricole assez aiguë et un déclin des ports de l'intérieur (Kaolack, Rufisque). Les populations ont ainsi migré vers la capitale espérant y trouver de meilleures conditions d'existence et d'épanouissement. Il y a aussi l'essor du secteur informel qui permet aux nouveaux arrivants de s'intégrer dans la vie active. Le développement démographique de Dakar s'est effectué au détriment des autres villes et des villages (tableau 4). C'est dans ce contexte que Dakar accueille chaque année prés de 36000 personnes venues de l'intérieur du pays (GEEP, 1994).

La figure 15 a été réalisée à partir des données de l'Atlas Jeune Afrique de 1984 et de la DPS (2004). Il montre la croissance soutenue de la population de la région de Dakar depuis la période coloniale

Figure 15: Evolution de la population de la région de Dakar de 1955 à 2004

Source : Atlas Jeune Afrique (1984), DPS (2004)

Entre 1951 et 1974, la population a augmenté de 114% ; en 1961, les immigrants constituaient près de 55% de la population de la région de Dakar (Dubresson, 1984). Dans les quartiers de Yeumbeul les personnes interrogées ne sont pas nées dans la zone. Elles sont toutes originaires d'autres régions du pays.

Le tableau 4 illustre la part importante de la population urbaine de Dakar et la macrocéphalie du tissu urbain sénégalais.

Tableau 4: Evolution de la population urbaine de Dakar de 1955 à 1993

Années

1955

1960

1976

1988

1993

Population de Dakar/ Population urbaine

43%

46%

45 %

47 %

54 %

Population de Dakar/ Population totale

11 %

12 %

16 %

19 %

21,5 %

Sources : Adjamagbo et al. , 2002

2. Le développement de l'habitat irrégulier

L'habitat irrégulier s'est étendu dans la capitale suite à l'afflux de populations, aux déguerpissements et à la vente des terres par les propriétaires coutumiers. Les migrants venus à la recherche de meilleures conditions de vie, ne disposent pas d'une stabilité économique leur permettant d'être éligibles aux programmes immobiliers. C'est ainsi qu'ils se retournent vers les propriétaires qui ont commencé à parcelliser et à commercialiser des terres dont la majeure partie se trouvait dans la dépression ou étaient des exploitations agricoles. Ce type d'occupation s'est surtout développé dans la périphérie de Dakar (figure 16).

D'après un notable de Yeumbeul, la vente des terres serait due à la volonté des habitants d'avoir des voisins pour agrandir leur village. Ainsi de terres auraient été cédé contre du sucre aux allochtones. Cependant, les premiers signes de sécheresse ont commencé à se faire sentir à partir de 1966 et c'est à partir de 1970, que les ventes de parcelles ont commencé. Ainsi avec la sécheresse et la pauvreté, les propriétaires ont commencé à vendre une partie de leurs terres pour pouvoir construire leurs maisons. Les cultures suscitaient moins d'intérêt pour les populations autochtones et les anciens propriétaires savaient que ces zones étaient impropres à l'habitat. Ils ont donc profité de la demande pour s'en départir. Par conséquent, les anciens champs situés sur la dune et l'essentiel de ceux situés dans la dépression sont devenus des habitations : « la situation a beaucoup changé, du temps des français, de Malika jusqu'au Tollu Bour (actuel parc de Hann) il n'y avait que des champs de manioc mais maintenant les gens habitent partout. La maison est devenue plus important que le champ » a dit une personne âgée de Aïnoumadhi I.

La relative modicité des prix des parcelles (100 à 250 f CFA le mètre carré dans la zone d'extension de Pikine en 1980), constitue un attrait certain pour les nouveaux arrivants. L'importance de la demande foncière favorise la spéculation et les prix augmentent de plus en plus. C'est ainsi qu'en 2001, le mètre carré de sol nu coûte 1400 à 1500 f CFA dans Pikine Irrégulier.

La conversion des espaces cultivés en zones d'habitation pose le problème de l'illégalité foncière. Certaines parcelles vendues n'avaient pas fait l'objet d'une immatriculation. Ainsi en 1980, dans la première circonscription urbaine de Dakar, 18 % des résidents occupaient illégalement leur parcelle d'habitation, ce taux est de 35 % dans la deuxième circonscription (PDU, 1980). Toutes les personnes interrogées à Yeumbeul (10) ne disposent que d'acte de vente. Cette information a été corroborée par les délégués des quartiers Darou Salam IV/C et V. Les quartiers Darou Salam au nombre de cinq, constituent tous des quartiers irréguliers. Dans l'ensemble constitué les quartiers Aïnoumadhi, seul le quartier Aïnoumadhi I (175 parcelles) cédé à la SOTRAC en 1973 par le chef de la communauté Lébou d'alors, dispose d'un titre foncier. D'autres quartiers (5) se sont greffés à Aïnoumadhi I sur des parcelles non immatriculés ce qui fait qu'actuellement il existe six quartiers Aïnoumadhi qui s'étendent de la D103 au lac Ourouaye jusqu'à l'entrée de Malika .

L'extension de l'habitat irrégulier dans les zones proches des niayes est aussi liée au développement du maraîchage. En effet, des agriculteurs sont venus principalement de l'intérieur du pays pour répondre à la demande croissante de produits maraîchers. Certains maraîchers occupent de manière progressive et durable l'exploitation qui finit par abriter toute la famille. Il y a toujours des tentatives de coupler le lieu de travail au lieu d'habitation. Ce cas est fréquent dans la Niaye des Maristes, de Dalifort et dans la zone de captage. Pour le premier cas un permis d'occuper est octroyé aux maraîchers à condition qu'ils ne construisent pas et qu'ils veillent sur le site mais d'après les agents des eaux et forêts, il arrive que certains construisent derrière une palissade qui sert à la fois d'abri et de moyen de cacher la construction. Ainsi certains commencent par y faire un abri sommaire et précaire pour surveiller le champ mais ils s'installent au fur et mesure et construisent avec des matériaux plus durables. Ceci pose le problème d'une occupation irrégulière embryonnaire.

La figure 16 fait ressortir la prépondérance de l'habitat régulier dans le département de Dakar. La situation de l'habitat à Pikine par contre confirme l'extension de l'occupation irrégulière dans la périphérie. Ce sont des faits qui mettent aussi en exergue d'une part l'impact des plans d'urbanisme dans l'extension du bâti et d'autre part la conséquence du non respect des plans dans certaines localités (construction dans les zones impropres à l'habitat).

Figure 16: Typologie de l'habitat dans les départements de Dakar et Pikine

source : PDU horizon 2025

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