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Mesure et analyse de la pauvreté non monétaire chez les enfants:le cas du Cameroun

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par Simplice Kitleur LEKEUMO
Institut Sous-régional de Statistique et d'Economie Appliquée - Ingénieur d'Application de la Statistique 2007
  

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4.2 Interprétation des résultats du modèle

4.2.1 Validité du modèle

Des variables explicatives initiales, sept s'avèrent significatives à un seuil de 5 %, à savoir : le niveau d'instruction du chef de ménage, la zone de résidence, le niveau d'instruction de la mère, les classes d'âge, la région de résidence et la scolarisation (l'enfant a-t-il déjà été à l'école ou pas) et l'indice de peuplement du ménage (taille ménage). Seules les variables sexe et ethnie du chef de ménage ne sont pas significatives.

De plus, ces différentes variables sont très faiblement corrélées entre elles. Il s'agit donc de dimensions distinctes non liées. Donc on a de bonnes raisons de croire que l'influence d'une des dimensions sur la probabilité qu'un enfant soit pauvre ne dépend aucunement de l'influence des autres.

De l'étape une à l'étape sept, le khi deux croit et la valeur de la -2log-vraissemblance diminue successivement (tableau en annexe). Alors, le modèle est amélioré par l'introduction progressive des variables.

Tableau 11 : Récapitulatif du modèle logistique

 

Récapitulatif du modèle

Etape

-2log-vraisemblance

R-deux de Cox & Snell

R-deux de Nagelkerke

1

14139,6

0,31

0,42

2

11309,2

0,43

0,59

3

10641,4

0,46

0,62

4

10229,3

0,47

0,64

5

10157,5

0,47

0,64

6

10098,4

0,48

0,65

7

10093,6

0,48

0,65

Source : MICS-III, (2006)

Le R-deux de Cox et Snell du modèle final se situe à 0,48 et indique que seulement 48 % de la variation dans la probabilité pour un enfant d'être pauvre pourrait être expliquée par l'ensemble des variables significatives. Or le R-deux de Nagelkerke qui est une version ajustée du R-deux de Cox et Snell et donc plus proche de la réalité se situe à 0,65. Dès lors, on peut dire que les variables explicatives contribuent à expliquer 65 % de la variation dans la probabilité pour un enfant d'être pauvre.

Le modèle final conserve un pouvoir prédictif de l'ordre de 85,7 %. D'après ce modèle l'état de pauvreté d'un enfant serait prédit avec succès 90,4 % des fois contre 78.1 % des fois pour l'état de non pauvreté.

4.2.2 Interprétation des résultats du modèle

Ce modèle confirme de par les résultats observables sur le tableau 18 en annexe, les présomptions que nous avons eu au chapitre trois en analysant l'incidence de pauvreté suivant ces mêmes variables retenues pour le modèle.

Le niveau d'instruction du chef de ménage et celui de la mère de l'enfant sont deux éléments qui influencent significativement la situation des enfants. Le risque qu'un enfant a de tomber dans la pauvreté diminue lorsque le niveau d'instruction de ses parents est élevé. Autrement dit, plus le chef de ménage est instruit, mieux l'enfant se porte et s'épanouit. Les enfants vivant dans des ménages dont le chef est d'un niveau d'instruction supérieur ou égal au niveau secondaire sont les plus nombreux à avoir accès à l'eau de robinet dans leur domicile. Sur dix enfants ayant de l'eau de robinet à domicile, un peu plus de sept ont un père d'un niveau supérieur au niveau primaire. Le niveau d'instruction élevé du chef de ménage et celui de la mère de l'enfant semblent garantir aux enfants des conditions meilleures. Les enfants issus de ces ménages sont les plus nombreux à jouir des toilettes modernes à chasse. Parmi les enfants dont le ménage ne dispose pas de toilette, 60 % ont un père sans niveau. Alors, l'illettrisme accentue le risque de pauvreté infantile. Avec une plus forte incidence lorsque la mère est illettrée.

Il existe un risque plus élevé pour les enfants de la tranche d'âge 15 - 17 ans à être pauvre. Dans cette tranche d'âge, l'enfant est dit adolescent. C'est une période transitoire entre l'enfance et l'âge adulte. Cette période est généralement vécue très difficilement surtout chez les filles. L'âge médian au premier rapport sexuel est de 16 ans chez les filles et 7 % des enfants de cette catégorie sont ou mariés ou en union libre. En outre, ils sont près de 25 % à ne pas vivre avec leurs parents, ils vivent soit seul, soit avec un conjoint ou encore avec frères et soeurs. Ils sont de ce fait vulnérables. Ceux d'entre eux qui sont sortis du système éducatif sont soit inactifs soit exercent un commerce ou un petit métier dans le secteur informel

Le milieu de résidence est un déterminant important des conditions de vie des enfants. Le risque de pauvreté augmente sensiblement lorsqu'on passe du milieu urbain au milieu rural. Les enfants en milieu rural sont victimes de privations de toute sorte. Les maisons sont pour la plupart en matériaux précaires, huit maisons sur dix en milieu rural ont un sol en terre battue, les murs sont généralement en terre battue et en brique de terre. Seulement 1 % des ménages en milieu rural profitent de toilettes modernes. En milieu rural, le système d'adduction d'eau potable est inexistant et le réseau électrique n'intègre pas les campagnes. Les commodités telles que : le téléviseur, le poste radio et le téléphone continuent d'être considérées comme des biens de luxe en milieu rural.

En retenant la ville de Douala comme zone de référence dans notre modèle, on constate tout comme au chapitre trois que, alors que le passage de Douala à Yaoundé diminue le risque qu'aurait un enfant d'être pauvre, le passage de Douala aux autres zones accroît ce risque. Avec un risque relatif plus élevé pour les provinces de l'Extrême-Nord et du Nord-Ouest et un risque relatif moindre pour les provinces de l'Est et du Sud-Ouest.

On observe une tendance plus élevée à être pauvre chez les enfants n'ayant jamais été à l'école. En d'autres termes, les enfants n'ayant jamais été à l'école sont plus exposés à la pauvreté que ceux qui ont été à l'école au moins une fois dans leur vie. Cette constatation, paraît plausible car un enfant vivant dans un ménage pauvre est exposé à la pauvreté. En effet, parmi les enfants n'ayant jamais été à l'école, 60 % vivent dans un ménage dont le chef n'a jamais été à l'école et 80 % vivent en milieu rural. On peut alors penser que la pauvreté du chef de ménage est un frein à la scolarisation des enfants. Les parents non scolarisés semblent ignorer l'avantage qu'il y a à envoyer leurs enfants à l'école et préfère les maintenir à la maison où ils servent de main d'oeuvre pour les travaux domestiques. Ceci pose le problème de coût d'opportunité ; les parents doivent par exemple choisir entre envoyer l'enfant à l'école et lui confier la surveillance des animaux. Les filles sont aussi les plus nombreuses à n'être jamais allé à l'école. Elles sont souvent délaissées au profit des garçons lorsque le parent fait face à un manque de moyen financier. Chez les enfants dits très pauvres, 54,6 % des garçons n'ont jamais été à l'école contre 68,5 % de filles. Et chez les enfants dits riches, tous les garçons sont scolarisés contre 0,3 % de non scolarisés chez les filles.

Le milieu de résidence, le niveau d'instruction du chef de ménage, le niveau d'instruction de la mère de l'enfant et la taille du ménage influent sur le risque de pauvreté infantile. En effet, le risque pour un enfant résident en milieu rural d'être en situation de pauvreté est 8,79 fois plus élevé que si cet enfant vivait en milieu urbain. Lorsque le chef de ménage est d'un niveau d'instruction égal au niveau secondaire et plus, le risque que cet enfant soit pauvre est cinq fois inférieur au risque qu'a un enfant qui vit dans un ménage dont le chef est sans niveau.

Une fois les déterminants de la pauvreté infantile identifiés, l'on peut définir les stratégies de lutte contre la pauvreté. En agissant efficacement sur les déterminants de la pauvreté infantile, il est possible de réduire le degré de pauvreté chez les enfants. Pour ce faire, il est souhaitable de définir les stratégies les plus adéquates.

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