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Le Hockey sur Glace en France, quelles stratégies pour les clubs et la fédération ?

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par Nils Culoz
Wesford - Licence 2007
  

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Chapitre 1er.

La difficile émergence du Hockey Français.

A. Une mise en place des structures pas évidente.

Avant Mai 2006, le hockey était assez mal reconnu même au sein des institutions sportives. En effet, avant cette date le hockey était inclus dans la Fédération Française des Sports de Glace (appelé aussi FFSG) qui regroupe des associations représentant douze sports autres que le hockey. Ces sports touchent au domaine de la glace, on peut citer parmi ceux-ci le bobsleigh, le skeleton, le patinage de vitesse, le short-track, la luge, le curling et le patinage artistique qui est certainement l'activité « star » de cette fédération.

Le hockey a été très handicapé d'être au sein de cette fédération qui devait travailler pour tous ces sports et finalement s'est montrée peu convaincante en matière de gestion et d'organisation d'événements autour du hockey comme un championnat de France digne de ce nom. En effet, la gestion de tous ces sports semble difficile à réaliser d'autant que la réalité de chacun d'eux n'est pas la même. Si on prend l'exemple du curling, on voit qu'il y a bien un championnat de France mais celui-ci ne se déroule pas de la même manière. En effet, les équipes se retrouvent lors de tournois organisés sur des week-end entiers ce qui permet de faire jouer toutes les équipes les unes contre les autres ce qui donne l'avantage de limiter les frais de déplacement. De plus le nombre d'équipes de curling étant inférieur au nombre d'équipes de hockey en France il est plus aisé d'organiser les compétitions de curling. Enfin, les équipes de curling sont composées d'un petit nombre de personnes qui ne sont pas rémunérées car il faut voir que le curling n'est en France qu'à un niveau amateur ce qui limite le budget qu'aux déplacements financés par les licences et quelques petits sponsors. Il faut ajouter que comme les clubs se trouvent majoritairement dans les Alpes du nord cela limite d'autant le frais de déplacement.

Donc on voit par cela que le niveau de difficulté de gestion des différents sports gérés par la fédération Française des sports de glace est loin d'être similaire et le hockey nécessite plus de travail de par sa taille. Il est vrai que mis à part le patinage synchronisé, le bobsleigh et le curling le hockey est le seul vrai sport collectif que comptait cette fédération ce qui implique en quelques sorte de redoubler d'efforts pour faire fonctionner les différents clubs d'autant qu'en France on dénombre pas moins de 120 clubs de hockey et ceux sont près de 17 000 licenciés dans ce sport ce qui représentait il y a un peu plus d'un an 40% des licenciés tous sports confondus de la fédération des sports de glace.

En somme, le hockey Français fût délaissé et a pris du retard notamment au niveau international où on voit que là où nous étions au niveau de la Suisse il y a quinze petites années celle-ci participe dorénavant aux quarts de final des championnats du monde chaque année alors que nous peinons à accéder à cette élite mondiale. On pourrait jeter la faute aussi, au-delà de la difficile gestion de tous ces sports à une forme de désinvolture à l'égard du hockey par cette fédération.

On a pu constater que le hockey a toujours été considéré comme sport de seconde zone derrière le patinage artistique et la fédération des sports de glace a toujours estimé qu'il était plus important de médiatiser le patinage.

Ils ont aussi fait preuve d'un manque certain de sérieux dans la gestion et le contrôle des clubs de hockey. Pour illustrer ceci on peut citer des affaires qui ont eu pour conséquence de discréditer le hockey Français par un manque de sérieux évident.

Dans l'annexe 1/ j'ai recueilli une lettre du club de Morzine que j'ai pu trouver dans le site référence en matière d'archives de hockey « Hockey Archive ». La lettre précise donc le mécontentement du club de Morzine à l'égard de la fédération pour avoir intégré le club de Limoges à la dernière minute et Morzine menace de ne pas participer au championnat tant que la situation ne sera pas régularisée. Des exemples multiples peuvent être cités comme le champion de France et le vice champion de France de la saison 2004-2005 qui sont Mulhouse et Tours rétrogradés dans les divisions inférieurs pour avoir dépensé de l'argent qu'il n'avait pas et qui ont été obligés de déposer le bilan. On peut considérer par là qu'il est du ressort de la fédération de contrôler qu'il n'y a pas de débordements de la sorte et peut être s'y prendre à deux fois avant de descendre le champion et le vice champion car l'image du hockey ne risque pas de s'améliorer de la sorte.

Finalement, il semble assez logique qu'une fédération indépendante s'occupant uniquement du hockey soit créée puisqu'il n'existe pas de sports collectifs appartenant à des grandes fédérations regroupant plusieurs sports. On imagine mal le football appartenir à une « Fédération des sports de ballon ».

Mais la création d'une « Fédération Française de Hockey sur Glace » ne s'est pas faite simplement. En effet, le ministère des sports avait des doutes sur la capacité à gérer un budget et ceci n'est pas tellement étonnant avec toutes les affaires qui ont touché le hockey Français car on ne compte plus les clubs ruinés qui ont dû jeter l'éponge.

Le 29 Avril 2006 à Amiens fût inaugurée la « Fédération Française des Sports de Glace ». Ceci fût possible grâce à l'acceptation du Ministère des Sports et de Jean-François Lamour de sa mise en place et aussi par la pression qui était mise par la fédération internationale qui menaçait les pays non détenteur d'une fédération indépendante de leur retirer leur droit de vote. Cela pouvait d'autant sembler gênant puisque cette fédération internationale du hockey est née en France en 1908 de l'initiative entre autre d'un journaliste Français se nommant Louis Magnus.

Grâce à la création de cette fédération un vent nouveau sur le hockey Français et des décisions judicieuses au travers du calendrier ont permis d'augmenter la fréquentation des patinoires de 12% rien que sur le premier exercice ce qui démontre la réelle utilité d'une fédération dynamique et soucieuse de l'avancé de sa discipline.

Pour illustrer ces propos là où la fédération des sports de glace imposait une trêve aux clubs pendant les vacances de Noël et celles d'hiver la fédération de hockey sur glace multipliait les matchs de championnat dans les villes attractives de sports d'hiver comme Chamonix pendant lesdites vacances. Ceci a permis de remplir les patinoires et on a constaté des affluences record dans les villes alpines. Pour dynamiser encore un peu plus le hockey dans l'hexagone le mercredi 23 Mai 2007 le CNOSF (Comité National Olympique et Sportif Français) a ratifié la demande de la FFHA qui devient la trentième fédération olympique.

B. Une faible médiatisation.

Le fait de dire que le hockey sur glace ne connaît qu'une faible médiatisation semble être un euphémisme bien qu'il semble que cela change tout doucement. Pour dire vrai, le championnat de France n'est pas du tout médiatisé mis à part lors des informations régionales de France 3 mais ceci est vrai dans une région comme Rhône-Alpes qui compte cinq clubs sur les quatorze constituant l'élite ou autrement nommé « Ligue Magnus » du nom de Louis Magnus qui fût champion de France de patinage artistique à cinq reprises il y a maintenant un siècle et il fût le créateur de la « The international ice hockey federation » afin d'unifier les règles de hockey appliquées dans le monde.

Il n'existe pas en France de chaîne spécialisée dans le hockey comme on peut le voir pour le football, le basket ou l'équitation sur le câble. Seul le groupe Canal+ avec ces chaînes Canal+ Sport et Sport+ proposent des matchs de hockey régulièrement, c'est-à-dire le jeudi et le vendredi à des heures impossibles. De plus les matchs retransmis ne sont pas ceux du championnat de France mais ceux de la Ligue nationale de hockey nord américaine ce qui manque un peu d'intérêt pour nous autres outre atlantiques. Les chaînes nationales proposent des matchs de hockey à de rares exceptions comme les Jeux Olympiques mais lors du tournoi olympique de Turin la France n'y figurait pas.

Pourquoi ce sport n'est pas plus médiatisé ?

La fédération des Sports de Glace privilégiait le patinage artistique commenté par M Nelson Montfort et avait relégué aux oubliettes le hockey. Aujourd'hui, les seuls matchs du championnat de France qui sont visibles à la télé sont les finales et sur une chaîne sportive bien entendu. La seule fois où la finale a été diffusée sur une chaîne nationale ce fût en 1995 sur TF1 et le match a été diffusé à 1h du matin.

Avant la création de la fédération de hockey il était impossible de connaître les scores des différents matchs en direct puisque ceux-ci étaient diffusés le lendemain. En effet, aucun site officiel de club ne proposait de suivre le match en direct, aucune chaîne de télé ne diffusait les matchs et le site de la Fédération Française des Sports de Glace ne tenait pas à jour les scores en temps réel. Alors comment aurait-il été possible de susciter un intérêt quelconque auprès d'un large public mis à part dans les villes de hockey comme peuvent l'être Rouen, Amiens ou Grenoble. Le seul moyen qui pouvait exister était encore les forums de hockey qui sont donc très spécifiques et peu connus du grand public.

Cependant, aujourd'hui des efforts sont fait surtout par les chaînes régionales comme la chaîne Grenobloise « Télé Grenoble » qui diffuse tous les matchs à domicile en direct mais cette chaîne n'est accessible de manière hertzienne que dans la région proche de Grenoble. L'avantage de cette chaîne est qu'elle est accessible depuis Internet ce qui offre la possibilité de voir les matchs de Grenoble partout dans le monde. Un autre club fait de gros efforts pour médiatiser les matchs de son équipe, il s'agit de Morzine qui il y a seulement 4 saisons figurait dans le milieu de tableau du deuxième échelon Français. Grâce à un travail important fait par le club et la volonté d'améliorer l'image du club ils ont développé leur propre canal de diffusion des matchs depuis le site Internet du club, il suffit d'avoir le Windows Media Player adéquat.

Ce qui a aussi pu contribuer à développer la médiatisation du hockey en France est la création d'une nouvelle compétition en parallèle du championnat de France et de la coupe de France. Il s'agit de la coupe de la Ligue qui avait pour effet d'augmenter le nombre de matchs joués dans la saison par les grands clubs Français afin de répondre à quelques exigences au niveau international. Cela a permis aussi de diffuser la finale sur une chaîne de télé, cette chaîne sera Sport +. Cette saison aura été sans aucun doute la plus médiatisée de toutes avec la finale de la Coupe de France, quelques matchs de la Coupe de la ligue et les finales du Championnat de France. Mais cela ne fût que sur une chaîne spécialisée sur le sport et non pas sur une chaîne nationale mais c'est déjà un bon début. Cette saison a vu aussi le retour du hockey au palais omnisport de Paris Bercy lors de la finale de la Coupe de la ligue qui est un fait très important pour le développement du hockey. Il est en effet primordial d'être présent et visible dans la capitale pour redonner du sang neuf à ce sport. Le palais omnisport de Paris Bercy joue d'une certaine manière le rôle de vitrine qui permet de montrer tout ce qui se fait actuellement de spectaculaire ou de nouveau. Si on y regarde de plus près la fédération des sports de glace avait éteint le hockey en supprimant les finales du Palais omnisport de Bercy et en ne diffusant pas les matchs sur les chaînes de télé. Il est clair que si le championnat de France ne peut pas être suivi régulièrement le public ne sera pas captivé par ce sport.

Il est certain qu'en matière de diffusion des matchs sur la télévision on est en retard sur pas mal de pays notamment nos voisins de l'est comme la Suisse et l'Allemagne, ceux du nord à savoir la Suède et la Finlande et certains un peu plus lointain comme la Slovaquie et le Canada.

LES SITES INTERNET

Il s'agit même à l'heure actuelle de voir si des efforts sont faits pour parler du hockey au niveau même des club et des communes.

En effet, il y a une grande disparité entre les clubs de Ligue Magnus qui correspond à l'élite Française. Certains clubs font de réels efforts en matière de marketing et d'autres n'en font aucun.

J'ai eu l'occasion de visiter les sites Internet des clubs de hockey de Ligue Magnus, de division 1 et aussi les sites de clubs étrangers situés en Suisse, en Suède, aux Etats-Unis et au Canada et la différence est énorme. Si on ne regarde qu'en France quelques sites sont performants et les mises à jour sont régulières comme ceux de Rouen et de Grenoble. Ensuite ça se dégrade progressivement avec les sites d'Amiens, de Morzine et dans une moindre mesure celui de Chamonix qui sont relativement correct et derrière on trouve des sites peu agréables à visionner et où les mises à jours sont faites une fois tous les mois peut être. Mais ceci ne semble pas être choquant aux yeux des dirigeants de clubs et n'ont pas mesuré l'ampleur du développement des nouvelles technologies de la communication.

Si on regarde outre-atlantique sur les rives du St Laurent on peut voir un site dynamique avec des nouvelles du club, des joueurs et tous autres événements qui sont affichées, on peut voir des vidéo d'actions de jeu, des interview des joueurs et aussi des actions caritatives faites par les joueurs dans les hôpitaux de la ville de Montréal. Le club fait aussi preuve d'originalité en interrogeant les joueurs sur des thèmes drôles et un peu personnels qui permet au public de se sentir un peu intime avec les joueurs. Sur le site tout est fait pour que le public puisse suivre l'équipe à chaque instant et que les liens existants entre les « partisans » comme ils disent et l'équipe soient toujours plus forts. Finalement, cela me donne l'impression à travers le site que le club permet au public de s'approprier l'équipe et de devenir en quelque sorte l'ami des joueurs. Cela permet donc de susciter un intérêt à aller voir les matchs à la patinoire.

C'est une façon contemporaine de faire de la publicité, il est important de prendre en considération ce moyen de communication et il faut ajouter que ce media détient une place important dans l'esprit des gens et notamment dans celui des plus jeunes. Evidemment ceci a un coût puisqu'il faut payer le référencement et une personne qui s'occupe des mises à jour régulièrement mais ce coût est raisonnable par rapport à d'autres moyens de communication.

En effet, faire de la publicité a un coût relativement élevé comme des encarts dans les revues, les journaux ou les annonces et l'affichage. Il est important aussi de procéder à de l'affichage de manière à informer le public sur les futurs matchs mais ceci ne peut être que ponctuel alors le seul moyen de faire de la publicité en continu reste Internet.

Dans beaucoup de clubs en France la seule communication qui existe est l'affichage de banderoles qui indique simplement les horaires de matchs et le nom de l'équipe adverse sans faire d'effort sur le visuel.

Comme on peut le voir à Grenoble des efforts sérieux ont été fait pour communiquer auprès du public et pour qu'il soit toujours possible de suivre les matchs des Brûleurs de Loups qui est l'équipe de Grenoble. J'ai pu constater que des partenariats ont été mis en place entre le club de Grenoble et la radio France Bleue Isère. Ce partenariat existe aussi entre Amiens et France Bleue Picardie. Partout où vont jouer ces équipes une délégation de France Bleue les suit pour commenter les matchs en direct ce qui permet aux supporters de ces clubs de suivre le parcours de leur équipe favori sans interruption.

Ces efforts sont primordiaux pour investir le public à la cause du club et susciter l'envie de venir voir les matchs.

Trois clubs de Ligue Magnus se trouvent en Haute-Savoie mais les efforts médiatiques sont très limités dans ce département. Dans cette zone il existe pourtant des media comme une chaîne de télévision régionale du nom de TV 8 Mont-blanc qui est relativement axée sur le sport et le patrimoine culturel et historique des départements de Savoie. Il existait des projets d'émissions moins axées sur les sports de montagne mais plus sur tous les sports représentatifs de la région et donc le hockey avait toute sa place cependant cela n'a pas avancé et la diffusion des matchs en pays de Savoie est reporté à plus tard.

Au niveau des journaux il existe tout comme en Isère le « Dauphiné Libéré » mais l'un des reproches que l'on peut faire aux clubs alpins est de débuter les matchs trop tard ce qui a pour conséquence de ne pas donner la possibilité au journal de préparer un article et de mettre en presse pour qu'il soit disponible le lendemain matin dans les kiosques. En France les matchs ont lieu la plupart du temps le samedi soir et en Haute-Savoie les articles sont disponibles le lundi. Mais à Chamonix on ne souhaite pas changer les horaires car il parait que les gens n'auraient pas le temps de rentrer du ski, de se changer et de manger avant de se rendre au match si on faisait débuter à vingt heures. A Grenoble on a décidé de faire débuter les matchs à vingt heures et personne ne s'en plaint bien au contraire, faire débuter à cette heure-ci permet aux plus jeunes de venir voir le match puisque le match fini en moyenne à vingt deux heures ce qui n'est pas trop tard et les parents sont favorables alors que débuter à vingt heures trente voir même vingt heure quarante cinq est un peu tardif pour eux et les parents sont déjà un peu plus réticents. Cependant il est primordial que les plus jeunes développent en eux un intérêt afin de renouveler les jeunes effectifs.

Débuter plus tôt a aussi un intérêt économique, après avoir voyagé au Canada et être allé voir des partis de hockey j'ai constaté que les matchs ont lieu entre dix huit heures et dix neuf heure. Durant les matchs tout est fait pour que les gens aient envie de consommer comme j'ai pu voir sur les écrans géants pendant les arrêts de jeu avec les commentaires du speaker qui disait par exemple « Allez déguster un bon Hot dog chez Marty ! » ceci peut sembler drôle au premier instant puis ensuite on constate qu'à chaque instant dans le match il y a une incitation à la consommation. En conséquence de cela, les gens sortent et vont au restaurant après les matchs ce que peu de monde fait en France. Dans l'hexagone les gens se rendent à la patinoire après avoir mangé chez eux car les gens ne dînent pas au restaurant à dix neuf heures et après vingt deux heures ou vingt deux heures trente les gens rentrent chez eux ce qui ne favorise pas l'économie de la bouche et de l'amusement.

Enfin, j'ai constaté durant mon voyage au Canada que les temps de pause sont différents de ceux que l'on connaît en France. J'ai pu remarqué effectivement qu'ils procèdent à des interruptions du match lors d'arrêts de jeu vers le milieu des tiers-temps que je me permet de rappeler durent vingt minutes effectives ce qui signifie que le chronomètre est stoppé à chaque arrêt de jeu. Ceci à la demande des chaînes de télévision qui peuvent grâce à ses pauses insérer des encarts publicitaires qui coûtent très cher et rapportent énormément aux chaînes qui sont friandes de ce genre de programme car ce sport est très populaire au pays à la feuille d'érable. Les clubs et les gérants de patinoires y trouvent aussi leur compte puisque ces temps de pause leur permettent de faire de la publicité pour les partenaires. En fin de compte tout le monde y gagnent car ces plages de temps coûtent cher car elles sont relativement courtes et les téléspectateurs n'ont pas le temps de zapper et sont obligés de regarder ces publicités.

Ces interruptions ne sont pas d'actualité en France et ne sont pas utiles à l'heure actuel c'est certain puisqu'on en est pas encore arrivé à l'air du hockey à la télévision.

C. Une intensité de championnat trop faible :

En France le nombre de matchs est insuffisant pour intéresser un plus large public et pour rattraper notre retard sur nos voisins Suisses et Allemands.

Mais est-il vrai que le manque de matchs handicape la France et ne fait pas progresser le hockey ?

Des efforts sont faits et on peut admettre que le hockey Français est sur une phase ascendante, tout le monde s'accorde à dire que le niveau dans la Ligue Magnus et dans les échelons inférieurs ne cesse de s'élever et on tend vers une homogénéité de la qualité de jeu des équipes ce qui offre plus de spectacle et d'intérêt pour le public. Donc les choses vont bon train cependant un chantier assez important reste à réaliser et le chemin pour y arriver sera long. Il s'agit là d'augmenter tout simplement le nombre de matchs joués par semaine. Ceci est pourtant primordial et beaucoup de jeunes joueurs Français décident de dépasser les frontières pour trouver des championnats plus intenses afin de parfaire leur jeu.

En quoi est-il nécessaire d'apporter plus de match et quelles sont les contraintes ?

Il suffit de comparer avec nos voisins pour constater que nos équipes ne jouent pas assez dans une saison. Comme je l'ai dit précédemment la France et la Suisse avaient un niveau de jeu relativement similaire il y a dix ans mais ceci n'est plus du tout le cas actuellement et ceci est largement dû en partie par le rythme de nos championnats. Avant que Cristobal Huet ne se fasse un nom dans la prestigieuse ligue nationale nord américaine celui-ci a dû au préalable faire ses patins dans le championnat Suisse qui aura finalement été une passerelle intermédiaire offrant à Cristobal sa chance en Amérique du nord, si il n'avait pas évolué en Suisse il n'aurait pas connu un tel succès à Los Angeles puis à Montréal. En effet le contraste est très important entre le championnat de France qui compte entre trente et quarante matchs et la fameuse NHL nord Américaine avec ses quatre vingt deux matchs rien que dans la saison régulière et une petite centaine de matchs pour les équipes atteignant la finale. Ce contraste est tel que ce gardien n'aurait pas réussi à percer outre-atlantique. Ce contraste est tout de même atténué avec la coupe de France qui compte entre un et six matchs pour les deux plus doués et la toute nouvelle coupe de la ligue qui a été mise en place par la nouvelle fédération qui souhaitait justement répondre en partie à ce manque de matchs. Ils ont donc étoffé la saison avec cette coupe qui compte entre deux et sept matchs pour les finalistes. Cette coupe contrairement à la coupe de France n'était composée pour cette saison que des quatorze équipes de Ligue Magnus et de deux équipes de Division 1.

Ces coupes ont été donc conçues de manière à faire jouer plus les équipes plus fortes qui ont aussi plus les moyens de se déplacer et qui sont dotés d'effectifs exclusivement ou quasi-exclusivement de joueurs professionnels.

Donc l'une des contraintes majeures qui fait qu'on a des difficultés à avoir un championnat plus intense est la composition même des équipes qui sont pour la plupart construites avec des joueurs très peu rémunérés voir même bénévoles qui jouent pour le plaisir simplement. Je pourrai citer l'exemple de Richard Aimonetto qui est joueur à Chamonix et qui est un ex-international qui a participé à plusieurs reprises aux Jeux Olympiques et est aujourd'hui le meneur de jeu de l'équipe senior.

Formé à Chamonix il a eu la chance d'évoluer dans plusieurs clubs notamment ceux de Lyon et d'Amiens et a décidé de revenir « au pays » malgré une faible rémunération de 1300 € alors qu'il en gagnait le double dans le club picard. Ayant suivi une formation en banque grâce à un des partenaires des Gothiques d'Amiens il s'assure d'une poursuite de carrière. Sa venue à Chamonix est donc totalement due à une place qu'il a pu obtenir dans une banque à Chamonix car il n'est pas simple de vivre avec une rémunération de 1300 € et il ne serait certainement pas revenu dans la vallée.

Il admet que ce n'est réellement pas facile de faire fonctionner une équipe en semaine car beaucoup de joueurs ont une vie professionnelle à côté du hockey et il n'est pas facile de concilier les deux sans compter la vie de famille.

Richard Aimonetto estime pour sa part avoir la chance d'avoir un emploi du temps à la banque qui s'adapte à la saison de hockey. Il lui est effectivement possible d'avoir un planning allégé en banque pendant la saison et de rattraper ce temps pendant la trêve estivale.

Avec 1300€ pendant dix mois sur douze ce qui correspond finalement à un salaire mensuel de 1083€ il n'est vraiment pas évident de se loger à Chamonix où l'immobilier est très cher et continu d'augmenter. C'est pourquoi il est nécessaire d'avoir une autre activité.

Mais les petits clubs comme Chamonix sont limités dans leur budget et ce club investi beaucoup dans le recrutement de jeunes qu'ils font venir des quatre coins de France et les mettent en collocation afin de limiter les frais de logement et leur reverse des salaires atteignant le SMIC et enfin ils construisent avec les jeunes originaires de la ville qui vivent chez leurs parents et auxquels ils reversent plus des compensations que des salaires.

Pour rester compétitif en Ligue Magnus ils investissent toutes les économies faites sur les jeunes sur des joueurs en provenance de pays à culture hockey comme la Slovaquie et la Suède.

Moralité la structure financière actuelle oblige pas mal de joueurs à avoir une deuxième activité. Les petits clubs ne peuvent donc pas poursuivre une saison entière à jouer les soirs de semaine ce qui limite nécessairement le volume de jeu dans le championnat. Ce phénomène tend tout de même à de dissiper puisque les équipes se professionnalisent progressivement et le niveau de chacune d'entre elles augmente saison après saison. Nous arriverons donc certainement à augmenter le nombre de matchs d'ici quelques saisons et récupérer le retard.

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