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La procréation médicalement assistée

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par Pierre Léon André DIENG
Université Cheikh Anta DIOP de Dakar - DEA en Droit de la Santé 2005
  

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PREMIERE PARTIE - LA RESURGENCE DES ENJEUX

DE LA PMA

La PMA, par son introduction de plus en plus prégnante dans la vie intime des couples, est parvenue à s'imposer comme un phénomène de société plus que nécessaire confortant ainsi l'idée de la récurrente réalité du débat de son existence (TITRE I). Celle-ci, au demeurant, ne se fera pas sans impact prévisible sur les bouleversements juridiques (TITRE II).

TITRE I - LA RECURRENTE REALITE DE LA PMA

Elle puise son paradoxe dans les racines des justifications biomédicales avancées par les praticiens de la science et de la médecine (Chapitre I) et des premières prémisses des implications prédictives que la pratique n'a pas manqué de soulever au sein de la société (Chapitre II).

CHAPITRE I - LES JUSTIFICATIONS BIOMEDICALES

AVANCEES

Dans le souci de justifier leur activité en la matière, les praticiens ont noté l'existence de postulats servant de fondement à l'implantation de la PMA (Section I) et à la suite desquels ils en ont tiré une série d'espoirs permis par le recours à cette pratique médicalement assistée (Section II).

SECTION I - LES POSTULATS A L'IMPLANTATION DE LA PMA

A l'appui de leurs développements, les praticiens précisent souvent que l'implantation de la PMA reste motivée par le bilan du diagnostic médical effectué sur les patients (Paragraphe 1) et par l'existence de moyens médicaux de procréation artificielle (Paragraphe 2).

Paragraphe 1 - Le bilan du diagnostic médical

Il peut résulter dans la plupart des cas que la lecture du bilan médical révèle des obstacles à la procréation naturelle (A) d'où la nécessaire intervention des praticiens (B).

A / - Les obstacles à la procréation naturelle

La première difficulté de la procréation naturelle demeure le choix terminologique entre les notions d'infertilité ou de stérilité pathologiques (1) et la seconde difficulté a pour pendant l'inefficience mitigée des traitements classiques (2).

1°/ - Les notions d'infertilité et de stérilité pathologiques

Il serait préférable d'éviter l'amalgame, la confusion, voire même la vaine redite en optant pour la formulation de constat d'une infécondation féminine (a) ou d'un dysfonctionnement masculin (b). Ceci permettrait une meilleure compréhension du phénomène des difficultés de la procréation naturelle.

a / Le constat d'une infécondation féminine

Les causes de stérilité et d'infertilité chez la femme sont multiples et d'origines très diverses. La femme fait l'objet d'une investigation par une série d'examens et de prélèvements destinés à vérifier si les sécrétions vaginales ne contiennent pas des bactéries susceptibles de nuire à la conception. On vérifie également la possible perméabilité des gamètes, c'est-à-dire si la circulation des ovules et des spermatozoïdes dans les trompes est faisable car la perméabilité des trompes de Fallope est essentielle au processus de fécondation. Dans le même ordre d'idées, une exploration est réalisée pour certifier ou non de la période de fécondité grâce à la courbe de température qui est capitale pour connaître les temps d'ovulation de la femme. La température se prend par la bouche (voie buccale) ou par le vagin (voie vaginale), voire même par le rectum (voie rectale) tous les matins au réveil, avant le lever afin de juger de l'existence, de la date et de la qualité de l'ovulation. Ainsi à la phase d'avant ovulation, la température se situe en général au-dessous de 36.7° C. Au fur et à mesure que l'on approche de l'ovulation, on note une diminution progressive de cette température et au moment de l'ovulation, elle est au-dessus de 36.7° C.

Toutefois, les principales causes d'infécondité féminine peuvent résulter de raisons vulvaires, ovaires, vaginales, utérines et cervicales. A titre de quelques exemples illustratifs, à défaut de pouvoir tous les citer, nous pouvons relever que ces causes soit sont anatomiques (persistance anormale de l'hymen qui obstrue l'orifice vaginal chez la femme vierge ; petites tumeurs bénignes dans l'utérus ou dans le col faisant des saillies qui ne sont enlevées que par une intervention chirurgicale ; rétrécissement anormal du canal du col, stérilité des trompes ou des ovaires décelée par une radiographie ou une échographie, etc.), soit elles sont fonctionnelles (le vaginisme caractérisé par une contraction involontaire des muscles qui entourent la vulve et le vagin rendant toute pénétration impossible ; l'étroitesse ou le poids de la femme rendant forcément le rapport sexuel incomplet, etc.). Par ailleurs des antécédents obstétricaux, gynécologiques ou sexuels (infections sexuelles) peuvent être la résultante de l'infécondation telles que aussi les fausses couches spontanées, les avortements clandestins, l'excessive médicamentalisation, etc.

Tout comme la femme, l'homme peut également être victime d'un dysfonctionnement de son appareil reproducteur.

b / La présence d'un dysfonctionnement masculin

Jusqu'à nos jours, les hommes ont du mal à admettre qu'ils peuvent être la cause de l'infécondité de leur couple, surtout lorsque leur comportement sexuel est plus que satisfaisant. C'est donc en toute bonne foi qu'ils indexent leur partenaire féminin et ne mettent pas en doute leur propre fertilité. Les choses ont changé et des progrès ont été faits dans l'exploration des dysfonctionnements sexuels des organes reproducteurs de l'homme. Ainsi devant un couple infécond, l'homme est dirigé vers un andrologue, c'est-à-dire un médecin endocrinologue spécialisé en infertilité masculine qui va procéder à l'investigation par l'analyse du sperme. A première vue, il suffit que cette analyse soit faite de façon très scientifique selon des normes rigoureuses. Cette analyse encore appelée spermogramme comporte trois volets relatifs tout d'abord à la concentration (ou numération), c'est-à-dire qu'un sperme doit contenir au moins 40 millions de spermatozoïdes au millimètre cube. Toutefois entre 20 à 40 millions de gamètes masculins, la procréation reste possible. Cependant à moins de 20 millions, il est assez rare qu'un homme puisse procréer. Ensuite, le volet de la motilité, c'est-à-dire au moins 60 % des spermatozoïdes doivent être mobiles. Enfin, le volet de la morphologie, c'est-à-dire l'apparence de 70 % des spermatozoïdes doit être de forme normale, ovale et de bonne grosseur.

Le sperme est recueilli dans un tube appelé éjaculat soit au moyen d'une masturbation, soit (pour des motifs moraux, religieux ou autres opposés à la masturbation) à la suite d'une interruption coïtale volontaire du rapport sexuel. Pour ce faire, quatre jours d'abstinence ou de continence sont exigés du sujet afin de permettre une bonne spermatogenèse, c'est-à-dire la formation du spermatozoïde qui prend environ 72 jours chez l'homme. De ce fait, un seul spermogramme ne suffit pas pour confirmer qu'il y a anomalie et problème de fertilité masculine. Dans certains cas, la stérilité masculine ne fait aucun doute du fait de la non-émission de sperme (aspermie) ou de l'absence totale de spermatozoïdes dans le sperme (azoospermie). Dans d'autre cas, il y a soit des déficiences spermatiques caractérisées par une diminution du nombre (oligospermie) ou de la mobilité (asthénospermie) des spermatozoïdes suivies ou non par un trop fort taux de formes atypiques (tératospermie) lesquelles déficiences représentent les causes les plus fréquentes d'hypofertilités masculines, soit des hypofertilités masculines d'origine immunologique, c'est-à-dire que l'on ne retrouve aucune anomalie du nombre, de la mobilité (encore appelé motilité) ou de la morphologie des spermatozoïdes. D'autres causes peuvent être à la source de ce dysfonctionnement masculin. C'est notamment « la tension psychique (stérilités psychologiques et/ou inexpliquées), l'abus d'alcool et de tabac, les excès alimentaires, l'irrégularité du mode de vie, la vie moderne, les facteurs environnementaux tels les pesticides, les produits nettoyants, le port de sous-vêtements serrés, la présence de substances hormonales dans la chaîne alimentaire (...) »6(*) qui peuvent influer sur la fertilité masculine. A côté de ces raisons probables, on avance la qualité du sperme avec l'âge (on estime qu'après 45 ans la qualité du sperme décroît régulièrement même si, çà et là, on note le pouvoir fécondant de certains hommes atteignant même 70 ans révolus), la prise de médicaments, la fréquence des rapports sexuels, les antécédents familiaux et personnels (les maladies infectieuses, le varicocèle, l'obstruction des canaux, les infections spermatiques, c'est-à-dire une présence de microbes décelés par l'examen de la spermoculture, les anomalies testiculaires, l'impuissance sexuelle, les traitements chimio-thérapeutiques, les variations saisonnières, etc.).

En définitive, l'âge maximal de fertilité, pour l'homme et la femme, se situe aux environs de 25 ans. Après 30 ans, on constate une diminution rapide de la fertilité, tant chez l'homme que chez la femme. Par suite, l'infertilité est définie comme étant une inhabilité à concevoir après des relations sexuelles normales, sans emploi de méthode contraceptive. Elle « est la conséquence d'un défaut de nidation et de développement d'oeuf fécondé »7(*). La stérilité, par contre, est l'incapacité de procréer ou de reproduire. Elle « résulte d'un obstacle à la fécondation (...), ne s'accompagne d'aucun symptôme ou indice et elle n'est révélée que par l'échec des tentatives de procréation »8(*). Une confusion a toujours régné, en effet, entre les notions de stérilité (incapacité totale de procréer) et d'infertilité (difficultés ou délais à concevoir). Ces délais sont, plus ou moins, longs et dépendent notamment de l'usage prolongé des moyens contraceptifs utilisés avant que l'on ne se décide d'avoir un enfant.

Par exemple, une grossesse se déclare en moyenne au bout de 48 mois après l'arrêt de la pilule contraceptive, 24 mois après le retrait du stérilet et 12 mois après le retrait du diaphragme et la non-utilisation du préservatif ou d'un spermicide. Ainsi l'infertilité est généralement diagnostiquée comme stérilité avant même que soient écoulés les douze mois requis en moyenne pour concevoir sans utilisation préalable de contraception. Par ailleurs ni la stérilité ni l'infertilité ne sont définies comme des maladies. La stérilité résulterait de facteurs purement physiologiques, telle que la recrudescence des MST résultant de la libération des moeurs depuis les années 1960, et de troubles psychologiques qualifiés de « manque de volonté » ou de « défaillances coupables de la volonté », expressions qui tentent maladroitement d'expliquer les cas « mystérieux » (inexpliqués) de l'infécondité. L'infertilité serait une sorte de « stérilité voulue » par les femmes et les hommes ayant trop travaillé intellectuellement qui préféraient reporter à plus tard leur potentialité procréatrice, un « onanisme » de désordres libertins ou encore un égoïsme primaire de l'individualisme ou de la crise économique d'une situation sociale instable. L'une des causes de retarder le destin de parentalité se retrouve également dans l'infléchissement des « activités contre-nature », dans la liberté reproductive (IVG, usage de contraceptifs, partenaires sexuels multiples). Toutes choses qui conduisent la nature a, inexorablement, posé ses limites. Ce qui oblige, quasi-inéluctablement, de telles personnes à changer d'avis et décider finalement, trop tard, d'avoir des enfants.

Toutefois, il serait réducteur de croire que seules l'infertilité et la stérilité pathologiques seraient les uniques obstacles à la procréation naturelle. Une autre explication peut être retenue relativement à l'inefficience mitigée des traitements classiques.

* 6 Guy CHEVALLIER et autres « Je veux un enfant », éd. Stock 1995, p. 135-136

* 7 Howayda Srour. Thèse Faculté Médecine, UCAD, année 1994, n° 28, p. 17

* 8 id.

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