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Déterminants socio-culturels de la persistence de l'excision à  Pira (Bénin)

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par Fabien Affo
Université de Lomé (Togo) - DES 2007
  

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III- La prévalence de l'excision à Bantè

Figure 3 : Connaissance de la pratique

Source : Résultat d'enquête

La prévalence de l'excision sera approchée à travers le nombre de femmes excisées à Bantè, par arrondissement et selon les caractéristiques socio-démographiques de ces femmes. Dans l'ensemble, on constate que 34,4 % des enquêtées ont été excisées. Ce qui signifie que près d'une femme sur cinq de l'échantillon a été excisée si on s'en tient à la représentativité de l'échantillon.

La pratique de l'excision à Bantè, comme cela a été annoncé plus haut, présente des disparités selon les arrondissements. Dans l'arrondissement d'Atokolibé, plus de 39,6% des femmes sont excisées alors que dans les arrondissements de Koko et de Pira, ces proportions sont respectivement 4,1 % et 2,8%. Ces résultats montrent que la pratique de l'excision féminine à Bantè est très localisée et confirment le fait qu'en réalité l'excision est plus vécue en milieu rural qu'en milieu urbain.

2- Caractéristiques socio-démographiques des femmes excisées

Dans cette partie, il sera examiné les niveaux d'excision en rapport avec l'âge des femmes au moment de l'enquête et quelques variables socioculturelles notamment le niveau d'instruction, la religion.

Les résultats de l'enquête montrent que la proportion des femmes excisées augmente globalement avec l'âge de la femme. La prévalence est de 9,7% dans les jeunes générations de 15 à 19 ans à 14,1 % et 15,2% respectivement dans les générations anciennes de 40-44 ans et 45-49 ans. Cela est d'autant normal que la pratique diminue au fur et à mesure que les générations se succèdent. Cela signifie que les jeunes filles subissent de nos jours de moins en moins la pratique. La question reste encore posée de savoir si ce recul est la conséquence des campagnes de sensibilisation ou si les femmes elles-mêmes prennent conscience des conséquences graves qu'engendre la pratique. Toutefois, avec les données obtenues sur l'éducation des filles, l'amélioration progressive du niveau d'instruction serait aussi un atout important dans ce recul.

A propos du niveau d'instruction, il s'est avéré que parmi les femmes excisées, la prévalence est de 14,8% chez les femmes sans niveau d'instruction contre 7,3% chez les femmes dont le niveau est le primaire et 4,0% chez les femmes ayant atteint le secondaire.

Dans le cadre de la lutte contre la pratique de l'excision au Bénin, Odounlami (2000) expliquait que des actions ont été faites en direction des leaders d'opinion au nombre desquels elle cite les chefs religieux. Cela laisse supposer l'influence presque notable de la religion parmi les déterminants de l'excision

Les femmes excisées dans les zones de l'enquête se répartissent de façon disparate au sein des religions pratiquées dans la commune. Toutefois, on remarque l'importance des femmes des religions traditionnelles qui constituent près de 38,6% de l'effectif. Cela confirme la thèse que les religions traditionnelles participent au maintien de la pratique dans la commune de Bantè.

On pourrait alors se demander ce qui amène les adeptes de cette religion à pratiquer l'excision ?

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