WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Enjeux énergétiques et logiques sécuritaires: une analyse du déploiement américain dans le golfe de Guinée

( Télécharger le fichier original )
par Gen-serbé SINIKI
Université Catholique d'Afrique Centrale - Master en Gouvernance et Politiques Publiques 2010
  

précédent sommaire suivant

Section 2. Insécurité dans le golfe de Guinée : un défi pour la sécurité nationale des

Etats-Unis

Les enjeux sécuritaires des Etats-Unis après le 11 septembre 2001 sont marqués par les questions de terrorisme. Aussi, leur politique africaine ne peut en faire abstraction. Comme telle, l'insécurité dans le golfe de Guinée devient un enjeu de sécurité pour les EtatsUnis, car de cette région dépend aussi la sécurité énergétique américaine.

Paragraphe 1. Les enjeux actuels de la sécurité nationale américaine et leurs impacts sur la politique africaine des États-Unis

Les enjeux de sécurité ne sont jamais figés dans l'histoire des puissances. En effet, selon chaque période et selon les menaces avérées ou potentielles, les puissances construisent leurs réponses face à ce qui peut leur apparaître comme insécurité. Si, pendant la guerre froide, le communisme et le bloc de l'Est représentaient des menaces pour les Etats-Unis, aujourd'hui, ce ne sont plus que les Etats à proprement parler mais les réseaux, les flux transnationaux qui ont provoqué un « retournement du monde » - synonyme d'émancipation des individus et des groupes, de libération des particularismes - qui défient les souverainetés et partant la sécurité nationale des Etats-Unis120.

A. Les enjeux de la sécurité nationale américaine après le 11 septembre 2001

Partant des considérations ci-haut évoquées, l'après 11 septembre a permis un réajustement des questions de défense et de sécurité aux Etats-Unis. En effet, les attentats du 11 septembre ont permis la construction dans les << catégories représentationnelles » des citoyens américains comme << acte de guerre », cet épisode perpétré par des individus appartenant à un réseau mouvant et, au demeurant, incontrôlé, Al qu'aida. Plus qu'un choc, la nation américaine a ressenti quelque chose de comparable à un viol de son intégrité territoriale, frappant non seulement l'Etat, mais aussi la société américaine dans son ensemble121. De ce fait, la lutte contre le terrorisme est devenue primordiale dans la politique sécuritaire des Etats-Unis122. Ainsi, les Etats-Unis ont essayé de se rendre compte que face à

120 Bertrand BADIE et Marie-Claude SMOUTS, Le retournement du monde. Sociologie de la scène internationale, Presses de la FNSP et Dalloz, 1995, 2e édition. P.240.

121 Lire dans ce sens Guillaume PARMENTIER, << Politique étrangère des États-Unis », in Annuaire Français de Relations Internationales, Centre Thucydide, 2003.

122 Selon Neomi RAL, l'importance qu'ont prise ces attentats peut être démontrée à travers quelques statistiques. Dans la période allant d'octobre 2002 à octobre 2005, sur 525 titres de discours donnés par le département de la défense, on dénombrait 58 fois le mot « terror » ; et de 2002 à 2006, les discours sur l'état de la nation faisaient 2 mentions à l'éducation pourtant la plus haute priorité interne de l'administration Bush, 3

la puissance, il pouvait exister des réseaux aussi importants pour occasionner des << désordres sécuritaires » sur leur territoire. Ce qui peut correspondre dans l'imaginaire collectif à une troisième guerre mondiale entre l' <<ordre >> et le << désordre >>, pour reprendre Thomas Friedman, éditorialiste au New York Times123. Aussi, pour la Maison Blanche, sous Georges Bush, the events of September 11, 2001, taught us that weak state can pose as great a danger to our national interest as strong states. Poverty does not make onto terrorists and murderers; yet poverty weak institutions, and corruption can make weak states vulnerable to terrorist networks and dr Zig cartel whit in theirs borders.124

Une stratégie de sécurité nationale a été adoptée, à Washington, en décembre 2002, basée sur trois axes principaux. D'abord, il s'agit d'une stratégie globale qui met en avant la sécurité, la liberté et la prospérité ; il s'agit de promouvoir la liberté politique, l'économie de marché, « l'institution building » et le développement. Ensuite, il s'agit d'une stratégie d'éradication des ennemis de la civilisation, notamment, les << Etats-voyous >> et le terrorisme. Enfin, il est question de neutralisation des nouvelles menaces caractérisée par la prévention et l'action préemptive, les coalitions << ad hoc >> et les institutions internationales, l'aide aux Etats et « l'institution building »125. Cette stratégie a été taxée de néoconservatrice, parce que mise sur pied par l'administration Bush. Aujourd'hui, l'accession des démocrates à la tête de l'Union n'a pas changé grand-chose dans les représentations du 11 septembre. Pour le Président Barak Obama, « les attentats du 11 septembre 2001, conjugués à la poursuite des actions violentes engagées par ces extrémistes contre des civils, ont amené certains dans mon pays à juger l'islam inévitablement hostile non seulement à l'Amérique et aux pays occidentaux, mais aussi aux droits de l'Homme »126.

Mais les propos d'Obama appellent aussi à une vision nouvelle de la réalité. Aussi, ditil dans ce qui est qualifié de << discours au monde musulman >>, que le dialogue devrait être promû. « Tant que notre relation restera définie par nos différences, nous donnerons du pouvoir à ceux qui sèment la haine et non la paix et qui encouragent le conflit au lieu de la coopération qui peut

mentions au chômage, 62 aux taxes, 91 à l'Irak et 122 au terrorisme. « La stratégie sécuritaire des Etats-Unis dans la corne de l'Afrique depuis le 11 septembre 2001 », mémoire de maitrise en Science politique, Université du Québec Montréal, août 2008.

123 Cité par Neomi RAL, Idem, p.28.

124 Maison blanche citée par Neomi RAL, Ibidem.

125 Jean VOGEL, << Comment définir la nouvelle politique mondiale des Etats-Unis ? Quelques éléments préliminaires >>, in Barbara Delcourt, Denis Duez, Eric Remacle (Eds.), La guerre d'Irak, prélude d'un nouvel ordre international ?, Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt/M, New York, Oxford, Wien, P.I.E.-Peter Lang, 2004, pp. 189-205.

126 Barak OBAMA, discours prononcé à Université du Caire, Le Caire, Égypte, 4 juin 2009, 13h10 (heure locale) disponible sur le site Africom.mil/, consulté le 13 avril 2010, 10h 30.

aider nos deux peuples à connaître la justice et la prospérité. C'est ce cycle de la méfiance et de la discorde qui doit être brisé »127. En réalité, cette << ouverture » au monde musulman ne fait que poursuivre la première et la troisième stratégie de sécurité nationale, dont nous faisions mention plus haut et qui visent en même temps la promotion de la démocratie et l'aide à la construction des institutions fortes dans les Etats pouvant être ou pouvant abriter des menaces pour les Etats-Unis.

B. Sécurité nationale et politique africaine des Etats-Unis

Dans la période de l'après guerre froide, les Etats-Unis poursuivent officiellement les mêmes objectifs en Afrique depuis l'Administration Clinton. Pour le président Clinton, trois principes guident la politique de Washington sur le continent africain. D'abord, trouver des solutions africaines aux problèmes africains, c'est-à-dire limiter les interventions directes et chercher des relais sur place ; ensuite, intégrer l'Afrique dans les circuits de l'économie mondiale, comme fondement de la diplomatie commerciale ; enfin, s'opposer activement au terrorisme islamiste, comme au Soudan ou en Libye. Les attentats du 11 septembre 2001 ont inversé l'ordre de priorités. Le troisième point, c'est-à-dire la lutte contre le terrorisme, est devenu le premier axe de la politique africaine des Etats-Unis. Les discours d'Obama n'ont

pas apporté des nouveautés sauf en rappelant que la bonne gouvernance et la démocratie ainsique les droits de l'homme permettront aux Africains de répondre à leurs propres problèmes.

Les propos de Barak Obama ne semblent pas ignorer le point de vue de son secrétaire d'Etat. Selon Hillary Clinton, « l'Afrique est capable de réaliser et réalise actuellement des progrès économiques. Il n'y a d'ailleurs pas besoin d'aller chercher bien loin pour constater que l'Afrique regorge de possibilités, certaines déjà mises a profit et d'autres qui attendent d'être exploitées par nos soins communs si nous sommes résolus à le faire »128.

En clair, la politique africaine des Etats-Unis est une suite logique de leur politique de

sécurité nationale et Hilary Clinton pensent que les ressources africaines être exploitées aussi<< par les soins » des Américains quoique sous la vigilance des africains eux-mêmes. On peut
analyser aussi en disant qu'en intégrant l'Afrique dans le commerce mondial, les Etats-Unis pourront bénéficier largement du contrôle des richesses en Afrique.

127 Ibidem.

128 Hillary CLINTON, discours de Nairobi, Kenya, 10 août 2009, disponible sur africom.mil/, consulté le 13 février 2010, 14h.

Paragraphe 2. L'insécurité dans le golfe de Guinée comme menace pour l'approvisionnement énergétique des Etats-Unis

L'émergence du terrorisme islamiste et l'insécurité croissante dans les Etats ont provoqué une très forte méfiance des Etats-Unis à l'égard de l'Afrique. Le golfe de Guinée, région pétrolière et pétrolifère, n'échappe point à cette configuration. Et l'insécurité dont elle est victime peut causer la rupture des approvisionnements pour les Etats-Unis, parce que les installations pétrolières seront sans conteste des bonnes cibles.

précédent sommaire suivant