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Le festival, légitimation ou instrumentalisation d'un concept ?

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par Camille PLANTE
Groupe EAC - ESARTS : Ecole Supérieure de gestion de médiation des Arts 2005
  

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b) Economique

Dans un récent communiqué de presse, L'AFEST s'inquiète sur L'annuLation de pLus en pLus fréquente de festivaLs en France. De manière spontanée, souvent après une, deux voire trois éditions, ces disparitions ont fortement infLuencées L'économie de La coLLectivité qui accueiLLe L'événement. En ce sens, Le Ministère de La CuLture et de La Communication rappeLLe que « l'annulation de nombreux festivals en 2003 a souligné l'énorme manque à gagner en matière économique lorsque de tels événements n'ont pas lieu »148.

Depuis une vingtaine d'années, iL y a un Lien évident entre économie et cuLture. CeLLe-ci est considérée par Bernard Latarjet149 « comme une composante essentielle des stratégies économiques à long terme. Le coefficient multiplicateur des retombées sur l'économie locale est de l'ordre de trois » 150. Bernard Faivre d'Arcier précise égaLement que «l'on en vient à dire qu'un euro investi dans un festival vous en rapporte trois, quand ce n'est pas dix »151.

La pLupart des festivaLs ont vu Le jour dans Les années quatre-vingt, décennie
d'une réfLexion sur La décentraLisation et ses effets bénéfiques : « C'est

147 DECHARTRE (PhiLippe), Op. cit., page 22.

148 SAUZAY (Benjamin), Op. cit., page 45.

149 Président du parc de La ViLLette, Paris.

150 LATARJET (Bernard), Rapport Latarjet sur le Spectacle vivant et l'aménagement culturel du territoire, compte-rendu de mission du Ministère de La CuLture et de La Communication, page 160.

151 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? », Op. cit., page

5.

l'époque du débat sur les enjeux économiques de la culture où, sous l'impulsion d'un Ministère de la Culture en pleine croissance, il était important de justifier l'intervention publique en la matière par des critères en monnaies sonnantes et trébuchantes >152. Ces retombées en matière d'économie se sont faites remarquer par L'intermédiaire, notamment, de nombreuses études d'impact qui ont été Lancées dès Les années quatre-vingt. Les éLus Locaux ont aLors réfLéchit à L'intérêt poLitique et économique de créer des manifestations dans Leur région, et Les communes se sont très vite misent à financer des événements cuLtureLs comme Les festivaLs. Ainsi, une étude effectuée iL y a pLusieurs années autour du Festival d'Avignon montre que « pour un franc de recettes culturelles, il y aurait 3 à 5 francs de retombées sur l'économie locale >153. D'autres études confirment cet impact économique égaL à environ trois fois Le budget du festivaL. CeLLe réaLisée pLus récemment en 2001 par L'AGFA154 montre que « sur les 22,1 millions d'euros de flux économiques que suscite le Festival d'Avignon, 18 millions d'euros bénéficient directement à l'économie locale. Et ce chiffre double quasiment si l'on prend en compte le OFF et ses 600 000 festivaliers>155. Au-deLà donc des retombées purement touristiques dont nous avons déjà parLé, L'organisation et Le dérouLement des festivaLs engendrent des retombées économiques directes. ELLes prennent aLors La forme de revenus additionneLs pour Les entreprises issues du tissu économique LocaL émanant des dépenses des organisateurs Liés à La réaLisation techniques et matérieLLes de L'événement, soit « 20 à 40% du budget. Une manne financière non négligeable sachant qu'ils peuvent dépasser plusieurs millions d'euros >156. Ces entreprises font partis des secteurs de L'imprimerie pour La réaLisation des affiches, des brochures, des dépLiants, ceLui des reLations pubLiques, Les services techniques pour L'écLairage et La sonorisation, Le marché des Locations, parcs de matérieL, de Lieux de spectacLes ou d'instruments de musique, Les dépenses de communication, en conférences de presse, frais

152 BENITO (Luc), Les festivals : entre événement et manifestation culturelle, Cahier Espaces 74, page 3.

153 MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op. cit., page 35.

154 Association de Gestion du FestivaL d'Avignon.

155 MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op. cit., page 35.

156 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op. cit., page 81.

d'affichage, et enfin Le secteur des transports. Ainsi, pour Avignon, « les 600 000 euros d'achats effectués par le festival « In » se répartissent pour 64 % au bénéfice d'Avignon et de sa zone d'influence, pour 75 % au profit de la région, et 25 % pour le reste de la France >.157 Les festivaLs permettent de faire parLer de Leur région comme d'un endroit d'impLantation attractif où se tiennent des événements cuLtureLs. La DMDTS expLique que, de manière détournée, iLs permettent dans certains cas L'impLantation de structures ou d'entreprises nouveLLes. Pour exempLe, en 2001, Maryse Joissains Masini, Maire d'Aix-en-Provence affirme que Le Festival international d'art lyrique fut, par son rayonnement, à L'origine de L'impLantation d'une cinquantaine d'entreprises158.

Comme on a pu Le voir, Les festivaLs ne sont pas uniquement des temps forts artistiques mais égaLement des périodes décisives pour L'activité économique des régions et des LocaLités où iLs se dérouLent. Même s'iL est difficiLe de chiffrer précisément ces retombées, L'engouement des communes à créer Leur propre « rendez-vous > prouve que L'impact n'est pas négLigeabLe. Ces retombées peuvent avoir des visées à Long terme, surtout pour Les festivaLs de grande ampLeur, car, comme Le détaiLLe un responsabLe de L'industrie hôteLière du VaucLuse : « En juillet, les deux tiers de la clientèle viennent pour le Festival d'Avignon. Nous réalisons ainsi en trois semaines, un tiers de notre chiffre d'affaires annuel >159. Mais ce qui est vrai à Avignon L'est aussi dans d'autres communes.

Enfin, comme Le souLigne Bernard Faivre d'Arcier, « l'argument, sans doute plus récent, mais certainement le plus efficace, est que le festival est une bonne opportunité économique, il est somme toute une bonne affaire >160.

Les concLusions sur Les différentes retombées directes qu'un festivaL peut avoir sur La commune où iL s'impLante peuvent être assimiLées au festivaL de photoreportage Visa pour l'Image qui se tient à Perpignan depuis dix-huit ans.

157 DECHARTRE (PhiLippe), Op. cit., page 16.

158 BENITO (Luc), Les festivals : entre événement et manifestation culturelle, Op. cit., page 4.

159 SAUZAY (Benjamin), Op. cit., page 45.

160 Idem

SeLon L'enquête d'un cabinet privé de consuLtant161, qui vise à mesurer Le poids économique exact du festivaL sur Le commerce LocaL, iL aurait engendré pour L'édition 2000 un chiffre d'affaire suppLémentaire de un miLLion huit cent miLLe euros. Ainsi, comme Le souLigne Jean-PauL ALduy, Maire de Perpignan, La viLLe accorde trois cent miLLe euros de subventions directes et pLus de quatre cent cinquante miLLe euros de prestations de service à cette manifestation. En comparaison, La subvention du département est de L'ordre de trente miLLe euros. En dix-huit années d'existence, on sait que Visa pour l'Image a un impact très important sur L'économie LocaLe. Se dérouLant Les deux premières semaines de septembre, iL proLonge La saison estivaLe de deux semaines. Afin de renforcer L'importance de cet événement pour La viLLe, iL est important de rappeLer queLques chiffres162. Pour L'édition 2005, ce sont 163 720 entrées qui ont été enregistrées dans Les neuf sites d'expositions, soit 2,5 miLLions d'euros de retombées générées. 163 270 entrées, soit 25 575 visiteurs dont 74% venus à titre individueL. En effet, Les professionneLs ne représentent que 9% de La totaLité des visiteurs, La majorité reste donc des touristes qui viennent exprès dans La viLLe pour découvrir Le festivaL. Toutefois, Les statistiques révèLent que 19% de ces visiteurs individueLs s'y rendent spontanément, aLors qu'iLs ne L'avaient pas spéciaLement prévu dans Leur séjour. Enfin, 62% de ces visiteurs viennent de régions étrangères au Languedoc-RoussiLLon.

Si Les personnes accréditées dépensent en moyenne cinq cents euros au cours de Leur séjour, Le budget des individueLs se Limite à quarante-cinq euros. PLus de 78% des accrédités passent au moins une nuit sur Perpignan, ce qui représente en moyenne un budget de cent quatre-vingt euros par personne pour L'hébergement. Les retombées se partagent entre La restauration 37%, L'hébergement 21%, Le commerce 21%, Les cafés 16%, sorties 3%, transports 3%. Bien que ces chiffres soient séduisants, iL faut admettre qu'une baisse des retombées économiques est notabLe sur L'édition 2005. Les cafés et Les transports enregistrent cependant une hausse respective de 1,9 et 13%163. En

161 In L'Indépendant, édition de Perpignan, janvier 2001, in BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op. cit., page 82.

162 COURTY (Fanny), Op.cit.

163 Idem

attendant Le biLan 2006, on peut d'ores et déjà affirmer que Le festivaL reste une des sources majeures de revenus pour La viLLe de Perpignan.

L'exempLe précis du festivaL Visa pour l'Image de Perpignan démontre L'importance des retombées matérieLLes directes que peut avoir un festivaL sur sa commune d'accueiL ou même sur sa région. De même, cette catégorie d'effets entraîne Logiquement des retombées indirectes en termes d'empLoi ou de renforcement du Lien sociaL.

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