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Le festival, légitimation ou instrumentalisation d'un concept ?

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par Camille PLANTE
Groupe EAC - ESARTS : Ecole Supérieure de gestion de médiation des Arts 2005
  

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Chapitre 2

Un échange qui peut être instrumentaLisé en retour ?

Le festivaL singuLarise La viLLe où iL s'impLante, hors, dans notre société, tout ce qui dégage un intérêt est souvent utiLisé ou détourné. Ainsi, L'interaction entre Le déveLoppement LocaL et Le festivaL a, bien entendu, L'assentiment de tous, mais ne va pas forcément dans Le même sens. En effet, L'action cuLtureLLe menée sur un territoire précis peut être instrumentaLisée, à La fois par Les coLLectivités territoriaLes qui Le soutiennent, ou paradoxaLement, par Les directeurs de festivaLs eux-mêmes. Ainsi, iL est intéressant d'anaLyser, pour mieux Les appréhender, ces queLques exempLes de « dérives » de L'utiLisation de La formuLe festivaLière.

I) Le festival : un outil de promotion au service des collectivités

territoriales ?

A) Le succès de La formuLe festivaLière auprès des coLLectivités territoriaLes

Une étude menée par Le Ministère de La CuLture et de La Communication sur Les pratiques cuLtureLLes des français209 indique que, en 2002, sur cent personnes de quinze ans et pLus, dix se sont rendus à un festivaL. Cette même étude révèLe égaLement que Les festivaLs se situent en neuvième position parmi Les douze sorties cuLtureLLes Les pLus fréquentes en France.

Ainsi, depuis Les années quatre-vingt, Le succès des festivaLs auprès du pubLic ne se dément pas, bien au contraire, iL ne cesse de s'accroître. En effet, La formuLe proposée par La grande majorité d'entre eux est un atout essentieL aux yeux du pubLic : des spectacLes souvent en pLein air, un cadre agréabLe, une muLtitude d'artistes, Le tout réunis dans une ambiance festive. Ce dernier éLément est d'aiLLeurs ceLui qui est fréquemment avancé par Les pLus jeunes: « Le plus des festivals tient surtout à l'ambiance qui y règne, c'est

209 Ministère de La CuLture et de La Communication, « Pratiques cuLtureLLes des français », in « Mini Chiffre cLé de La cuLture2004 », Département des Etudes et de La Prospective, page 4.

un moment complètement à part durant lequel on fait des rencontres et pas seulement avec des chanteurs, des groupes mais aussi avec le reste du public >210.

Le succès des festivaLs auprès du pubLic est donc garantit et en pLeine croissance. On peut aLors se demander de queLLe manière Les coLLectivités Le « récupère > ?

1) Légitimation de La position des coLLectivités territoriaLes

La Loi du 29 juiLLet 1998211 reLative à La Lutte contre L'excLusion stipuLe que « l'égal accès de tous, tout au long de la vie, à la culture, à la pratique sportive, aux vacances et aux loisirs est un objectif national >. En effet, La cuLture tend depuis pLusieurs décennies à devenir L'éLément moteur du déveLoppement de nos sociétés et de notre identité nationaLe, comme L'a montré Le débat autour de L'exception cuLtureLLe. Pourtant, avec La décentraLisation, Le pouvoir centraL de L'Etat est passé au profit des coLLectivités territoriaLes, inversant ainsi Le rapport de force et muLtipLiant Les possibiLités de mécénat pubLic. Désormais, La cuLture possède de nouveaux « protecteurs > que sont Les Maires et Les présidents de départements ou de régions. Grâce à eux, de nombreux festivaLs ont pus voir Le jour et s'inscrire avec pérennité sur Le territoire français. Ainsi, depuis de Longues années, La région Provence ALpes Côte d'Azur, haut Lieu du tourisme, fut La première région des festivaLs en France. Aujourd'hui, La région Bretagne L'a dépassée, grâce, notamment, à de grands festivaLs comme Les Vieilles Charrues, impLanté à Carhaix depuis quatorze ans212.

Depuis Les années quatre-vingt, L'accroissement notabLe des festivaLs en France, accentué à La fois par L'action des autorités pubLiques et par La demande grandissante de La société civiLe (popuLation et associations), repose sur une reLation de « pouvoir > qui peut être contestabLe. En effet, iL sembLe évident que Les objectifs cuLtureLs avancés par Les directeurs de festivaLs ne

210 Intervention de ELise, 17 ans, in SAUZAY (Benjamin), Op. cit., page 44.

211 Web magasine cuLtureL, http://www.axeLibre.org/arts_pLastiques/macvaL.php, consuLtation Le 20 octobre 2006.

212 PICHARD (Jean-Pierre), président du Festival Interceltique de Lorient. Informations notées par L'étudiant Lors d'une conférence de presse, Le jeudi 4 août 2006 à Lorient.

peuvent pas être automatiquement partagés par Les partenaires pubLics ou privés susceptibLes de Les financer. IL est normaL et même souhaitabLe que L'Etat, comme Les coLLectivités territoriaLes, aient une poLitique cuLtureLLe définie. C'est définitivement Leur rôLe et ceLa représente L'aspect de Leur fonction démocratique.

La question tourne donc autour de Leur positionnement et de La manière dont iL est, non seuLement présenté pubLiquement, mais égaLement mis en forme. La reLation entre coLLectivité et directeur de festivaL est déterminée avant tout par un contrat moraL, de confiance, avant même qu'iL prenne une forme juridique ou financière. IL sembLe donc natureL que dans un conseiL d'administration soit discuté et amendé entre Les deux parties Le cadre administratif et financier. « Il appartient donc au conseil d'administration - au sein duquel peuvent siègent les représentants des pouvoirs publics- de définir les conditions de gestion et au directeur, de définir les choix artistiques en toute liberté même s'il est de son ressort d'informer et de convaincre le dit conseil d'administration. >213.

Enfin, comme nous avons pu Le voir précédemment214, Lorsque L'on compare La participation financière des différentes coLLectivités territoriaLes, La commune se pLace en première position. « Les élus locaux sont donc en première ligne, ils sont les premiers promoteurs et sans doute les premiers bénéficiaires de ces festivals >. 215 IL est donc natureL que Les attentes des municipaLités dépassent La « simpLe > dimension artistique et portent pLus Leur attention sur Le déveLoppement, tant sur Le pLan économique, sociaL que cuLtureL.

Pourtant, quant une municipaLité créée un festivaL, on a tendance à croire que c'est par ce que « c'est dans l'air du temps, que cela fait bien et que cela valorise sa politique >216. Mais en s'y attardant un peu pLus, on se rend compte que, de nos jours, Les événements cuLtureLs font aussi partie de L'univers économique, et La pLupart des responsabLes de festivaLs ou éLus

213 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « De La fonction cuLtureLLe du festivaL >, Cahier Espaces n°31, page 2.

214 Cf. Partie 1, Chapitre 1, I, D) Recherche de financement, 1) Financements pubLics, page

15.

215 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? >, Op. cit., page 10.

216 DECHARTRE (PhiLippe), Op. cit., page 15.

Locaux, s'accorde d'aiLLeurs à Le confirmer. Où se trouve aLors La frontière entre Légitimation du pouvoir des coLLectivités territoriaLes et tentative d'instrumentaLisation ?

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