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Le festival, légitimation ou instrumentalisation d'un concept ?

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par Camille PLANTE
Groupe EAC - ESARTS : Ecole Supérieure de gestion de médiation des Arts 2005
  

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1) Abus du terme « festivaL >

Depuis Le début des grand festivaLs de création, comme Avignon pour Le théâtre, Aix-en-Provence pour L'art Lyrique ou Cannes pour Le cinéma, est apparue une fLoraison de manifestations diverses qui adoptent voLontiers L'appeLLation de festivaL, « même si cette notion recouvre, dans certains cas, que quelques soirées de musique ou de théâtre amateur qui ne mériteraient pas véritablement ce nom >.290 Ces manifestions se baptisent festivaLs, mais iL n'existe aucun projet artistique ou recherche de concept. « Il y a beaucoup de pots pourris > 291, reconnaît Robert Darnaud, directeur cuLtureL du ConseiL RégionaL Provence ALpes Côte d'Azur. Ces festivaLs sont des « festivals Shaker, où l'on met un peu de tout pour assurer une animation estivale sous le couvert du vocable flatteur de « festival » >292.

A quoi s'apparentent donc ces événements que sembLent souLigner de nombreux professionneLs du secteur ?

a) Les festivaLs de divertissement

Ces événements protéiformes proposent, non pLus une programmation cibLée et définie, mais diversifiée, mêLant pLusieurs formes artistiques : concerts, expositions, représentations diverses, Le tout sans grande recherche de quaLité ou de cohérence. « Le souci des responsables est alors moins dans l'originalité de la manifestation que dans la volonté d'animer sa localité >.293 Ces événements à vocation pLuridiscipLinaire ne possèdent finaLement pas de véritabLe direction artistique. Ainsi, comme Le souLigne Bernard Faivre d'Arcier, certains théâtres font Leur ouverture de saison en appeLant ceLa un festivaL294. Bien qu'ayant une thématique originaLe, ces manifestations reLèvent pLus du domaine du divertissement que de ceLui des arts ou de La

290 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « De La fonction cuLtureLLe du festivaL >, Op. cit., page 1.

291 MAURET (NathaLie), Op. cit.

292 Idem

293 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 59.

294 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « CuLture, Médias, EvénementieL, un bon ménage à trois ? >, Op.cit.

cuLture. Ainsi, Le Festival des Jeux de Parthenay, dans Le département des Deux-Sèvres traduit parfaitement ce cas de figure : pendant seize jours, La viLLe devient un vaste terrain de jeux et se présente comme étant « la seule manifestation ludique et gratuite d'Europe >295.

b) Les festivaLs pastiches

Ces « festivals discounts > 296 sont des répLiques de festivaLs de grande renommée. ILs reprennent aLors des concepts qui ont fait Leurs preuves et proposent ainsi un spectacLe auqueL on peut faciLement s'attendre. L'exempLe Le pLus parLant reste La muLtipLication sur La Côte d'Azur en été de festivaLs de jazz créés sur Le modèLe du festivaL Jazz à Juan à Antibes Juan-Les-Pins créé en 1960. ILs peuvent se résumer dans certains cas à une simpLe série de concerts ou de représentations diverses, présentés sur queLques jours et regroupés sous L'appeLLation « festivaL >.

c) Les festivaLs d'animation LocaLe

Enfin, La participation financière des coLLectivités territoriaLes sembLant s'affaibLir d'année en année, on trouve de pLus en pLus de festivaLs à rayonnement LocaL, dont « le nombre augmente considérablement depuis une quinzaine d'années >297. Ces manifestations ont pour but que de divertir une popuLation touristique pendant La période estivaLe, et dans ce cas, iLs peuvent dispenser Leurs organisateurs d'une programmation de quaLité. Ces événements « ont sans doute une utilité en termes d'animation, mais plus grand-chose à voir avec ce que l'on entend par la notion d'événement culturel >298. Enfin, iLs reLèvent pLus de L'animation que de La diffusion de spectacLe vivant.

295 Guide du tourisme français, http://www.jedecouvreLafrance.com/f-456.deux-sevresfestivaL-jeux-parthenay.htmL, consuLtation Le 21 novembre 2006.

296 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 53.

297 Idem

298 BENITO (Luc), Les festivals : entre événement et manifestation culturelle, Op.cit., page 5.

2) Tentative de différenciation

L'utiLisation excessive du terme « festivaL > tend à Le banaLiser au point que certains professionneLs n'y retrouvent pLus La connotation origineLLe d'exception, Lui préférant d'autres appeLLations comme « Rencontres de > ou « Semaines de >, perturbant d'autant pLus La LisibiLité de La notion de festivaL. L'apparition de pLus en pLus fréquente de La dénomination « festivaL cuLtureL > pour en préciser Le caractère artistique299, sembLe renforcer ce constat. Sur ce point, nous nous rapprochons des AngLo-saxons -Amérique du Nord, Royaume-Uni et Pays du CommonweaLth-, « qui désignent par « festivals » toutes les fêtes à caractère folklorique, tandis que ce qu'ils appellent « art festivals » correspondent davantage à ce que nous entendons, par festivals >300. Enfin, pour Lutter contre cette banaLisation du terme qui est aujourd'hui fortement déveLoppée, de nombreux professionneLs se posent La question d'une LabeLLisation. Cette suggestion reste encore probLématique car, « qui peut prétendre déterminer ce qu'est un festival et ce que n'est pas un festival ? >301.

3) Un pubLic en perte de repères

MaLgré un nombre de pLus en pLus croissant de festivaLs en France, Le pubLic se diversifie et reste toujours au rendez-vous. Pourtant, Luc Benito souLigne L'éventuaLité d'une perte de repère pour des spectateurs qui ne fait désormais pLus guère « la distinction entre un festival et une manifestation culturelle quelconque >302. Pour exempLe Le témoignage de deux internautes sur Le forum du site du festivaL La route du rock : « Tout le monde y va de son festival mais ça a toujours tendance à se ressembler parce que sans budget, on prend les groupes du coin et la tendance reste musique festive. J'attends le festival de petite envergure mais avec de grandes idées et un

299 BENITO, Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 8.

300 Idem

301 BENITO, Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 10.

302 BENITO, Les festivals : entre événement et manifestation culturelle, Op.cit., page 5.

style à part, ce qui plairait moins au centre culturel de la mairie du coin, mais au moins, cela aurait un peu de caractère >.303

« Haha! Facile facile.... je pense que tu n'es pas le seul à penser ça, et je dirais même que j'en fais parti! Pourtant, je réagis autrement. Je fais parti d'une association qui a un peu d'expérience et qui est vouée à évoluer. Il est bien sûr possible d'organiser des choses intéressantes mais on est malheureusement obligé de passer par des actions plus accessibles, à moins d'avoir un budget énorme dés le départ! >304.

La perte de contenu et de prise de risque artistique des festivaLs est-eLLe simpLement une conséquence de financements réduits ? Les directeurs de festivaLs doivent-iLs obLigatoirement adapter Le concept en fonction des attentes des coLLectivités territoriaLes pour obtenir Leur soutien ? Pour Bernard Faivre d'Arcier, Le mot est devenu pLus-vaLue et « il est peut-être temps de trouver un autre terme concept avant que celui-ci ne perde toute sa valeur >.305 Enfin, comme Le souLigne PhiLippe Toussaint, « il ne suffit pas d'organiser un événement local avec deux ou trois concerts pour se décréter festival>306. Sommes-nous face à un risque de perte de La notion de festivaL et de ses vaLeurs origineLLes ?

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