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Le festival, légitimation ou instrumentalisation d'un concept ?

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par Camille PLANTE
Groupe EAC - ESARTS : Ecole Supérieure de gestion de médiation des Arts 2005
  

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2) Une originaLité nécessaire

En France, face à La muLtipLication de festivaLs de tout genre, iL est devenu vitaL pour Leurs organisateurs de vaLoriser une identité qui Leur est propre et obtenir ainsi un positionnement originaL : « on ne réussit pas un festival en copiant sur les autres >316, assure Yves CoLin, directeur de La communication du festivaL Les Vieilles Charrues. IL s'agit égaLement de Lutter contre Le phénomène de concurrence, présent surtout pour Les événements estivaux. Différents facteurs participent activement comme Levier de différenciation pour Les festivaLs : L'originaLité du projet, Le contenu artistique et La quaLité de La programmation, La durée de La manifestation, La poLitique tarifaire, Les modaLités d'accueiL, L'ancrage sur Le territoire, Les actions d'accompagnement (trempLins, humanitaire, création). Ces éLéments participent activement à L'équiLibre et par conséquent au succès de La formuLe. IL est donc important de mettre en appLication un savoir-faire et un faire-savoir, comme L'assure PhiLippe Toussaint : « Une fois créées, il faut savoir pérenniser les manifestations. Il ne faut pas se tromper dans sa façon d'appréhender le public. Une bonne communication est nécessaire : la notoriété est lente à acquérir, mais facile à perdre >317.

La quaLité artistique d'une programmation apparaît comme un éLément essentieL au festivaL. Cependant, eLLe tend à être négLigée par certaines coLLectivités ou directeurs de festivaLs qui sembLent très Loin de ce précepte de base. Pourtant, Les événements qui proposent, d'année en année, une programmation de quaLité possède un nombre de visiteurs et de journaListes évidemment pLus important que La normaLe. Cet éLément n'est donc pas à prendre à La Légère et est Le résuLtat d'une aLchimie précise. ELLe est mise en oeuvre pour satisfaire à La fois Le pubLic, Les partenaires financiers, Les

316 COLIN (Yves), in MAURET (NathaLie), Op.cit., page 81.

317 TOUSSAINT (PhiLippe), in MAURET (NathaLie), Op.cit., page 81.

professionneLs, Les artistes, Les amateurs et Les critiques. La quaLité artistique d'un festivaL « découle souvent d'un mélange subtil entre le vedettariat et la création. Elle consiste aussi à créer les conditions d'une rencontre unique, sorte de communion d'esprits dans une atmosphère d'osmose >318.

Si L'on considère La programmation comme un éLément majeur et primordiaL pour La réussite et La pérennisation d'un festivaL, on peut aLors se demander comment tant d'événements cuLtureLs dénommés festivaLs ont-iLs pu proLiférer ces vingt dernières années ? C'est en 1993 que Anne-Marie Thibaut319 nous propose sa version des faits dans un articLe intituLé Le festival : objet de passion ou enjeu de pouvoir 320 : « L'évolution des festivals semble arriver aujourd'hui à un point limite, puisqu'on ne les crée qu'à des fins d'image, sans privilégier d'abord l'aspect patrimonial ou artistique. Il n'est pas rare en effet de voir décider plus ou moins artificiellement du thème dans un souci d'urgence >. Les coLLectivités territoriaLes sembLent ainsi se satisfaire de festivaLs sans réeLLe cohérence, comme Le souLigne en 1993 Dominique JuLes, secrétaire généraL de L'association Carrefour des festivals : « Trop de festivals se sont créés ces dernières années sans réelle connaissance du milieu ni du métier>321. ParaLLèLement, certains directeurs de festivaLs qui favorisent aLors La forme au contenu, répondent favorabLement à cette nouveLLe tendance. Pour exempLe ce témoignage du responsabLe de L'agence d'ingénierie cuLtureLLe Le Public Système à L'origine de La création des festivaLs d'Avoriaz et de DeauviLLe: « J'ai eu l'occasion de refuser les sollicitations de collectivités locales qui souhaitaient monter des festivals de cinéma sans en avoir tout d'abord identifié les enjeux et problèmes. La majorité des projets étaient abordés directement en terme de résultat, quand il aurait fallu partir d'un projet culturel en adéquation avec l'identité du lieu. Mais ma position ne peut malheureusement pas être généralisée» 322.

318 BENITO (Luc), Les festivals : entre événement et manifestation culturelle, Op.cit., page 5.

319 Ancienne gérante de Public & Communication, agence d'ingénierie cuLtureLLe créée en 1981.

320 THIBAUT (Anne-Marie), « Le festivaL : objet de passion ou enjeu de pouvoir >, Cahier Espaces n°31.

321 JULES (Dominique), in BENITO (Luc), Les festivals : entre événement et manifestation culturelle, Op.cit.

322 MERCIER (Sophie) et BOUCHARD (Diane), Op.cit., page 39.

De même pour Les festivaLs d'image, iL est important de proposer un réeL projet artistique, car, dans Le cas contraire, ceLui-ci a de grandes chances d'être condamné à disparaître, et ceLa faute de succès. Comme en témoigne Le résuLtat d'une étude réaLisée en 2000 sur Les motivations du pubLic événementieL du Gers323 : Les festivaLiers du festivaL Jazz in Marciac s'y rendent avant tout pour Le contenu (soit pLus des deux tiers), et moins pour L'ambiance ou par curiosité. De pLus, pour La pLupart de ces festivaLs impLantés depuis pLus d'une dizaine d'années sur Le territoire français, on retrouve en règLe généraLe un pubLic de connaisseurs qui n'accepterait pas une baisse de La quaLité de programmation.

IL n'existe donc pas de « recette miracLe >.

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