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Le festival, légitimation ou instrumentalisation d'un concept ?

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par Camille PLANTE
Groupe EAC - ESARTS : Ecole Supérieure de gestion de médiation des Arts 2005
  

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E) Conséquences positives de L'évoLution des festivaLs en France

Face à La banaLisation du terme « festivaL > et L'absence de quaLité cuLtureLLe et artistique d'un certain nombre d'événements, une partie des professionneLs se positionnent manifestement en tant que « résistants >, souhaitant ainsi défendre Leurs vaLeurs communes : « ce sont de vrais lieux de production qui permettent de dire que tout n'est pas forcément événementiel >333. ParaLLèLement, certains proposent depuis queLques années La création d'un LabeL « festivaL >. Un point souLevé par NathaLie Mauret, dans un articLe paru dans La Scène en décembre 2003 : « Ce serait un gage d'une existence et d'une qualité artistique. Des critères primordiaux quant à l'attribution des subventions aux festivals > 334. Cette proposition reste natureLLement en suspend, tendant à Limiter « une fois de pLus > Les Libertés individueLLes.

Depuis Les années quatre-vingt, La croissance du nombre de festivaLs en France n'a sembLe-t-iL pas affaibLi « L'appétit > du pubLic, bien au contraire. ELLe L'a stimuLé et diversifié. Le « phénomène festivaL > contribue Largement « à la promotion des genres artistiques, et à l'irrigation culturelle des territoires>335. Bien que La concurrence, de pLus en pLus viruLente au niveau des festivaLs, provoque une dispersion des pubLics, eLLe entraîne paradoxaLement une diversification de L'offre : certains festivaLs ont disparus,

332 BENITO (Luc), Les festivals : entre événement et manifestation culturelle, Op.cit., page 5.

333 MAURET (NathaLie), Op.cit.

334 Idem

335 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 10.

d'autres se sont dépLacés soit dans Le temps ou dans L'espace, si bien qu'un caLendrier de festivaLs s'est étabLit non pLus seuLement L'été et dans Le sud de La France mais sur toute L'année et sur tout Le territoire. En ce sens, Les festivaLs génère une réeLLe dynamique territoriaLes que Martin MaLvy, président du ConseiL RégionaL Midi-Pyrénées, ne manque pas de souLigner : « Si la région Midi-Pyrénées est devenue une grande région française en matière de festivals, et est réputée pour sa vitalité culturelle, elle le doit avant tout au talent des artistes et des créateurs, à l'enthousiasme et à l'énergie des organisateurs et de toutes les équipes qui animent des manifestations qui gagnent sans cesse en qualité et en notoriété».336 Enfin, « la multiplication des festivals a ceci de bon qu'elle multiplie également les centres de décision » 337.

IL existe encore bien de bon nombre de raisons de créer des festivaLs, comme Le souLigne Bernard Faivre d'Arcier338, qui porte un intérêt particuLier aux festivaLs communautaires ayant pour thématique Les femmes, Les homosexueLs ou Le troisième âge, Les festivaLs identitaires tournés sur Les artistes Locaux ou sur L'expression d'une cuLtureLLe ethnique. De même pour Les festivaLs avec une caractéristique particuLière, concentrés soit sur un Lieu particuLier ou sur un seuL type d'expression artistique.

Ainsi, à La question Y a-t-il encore la place en France pour de nouveaux festivals ? , PhiLippe Toussaint n'hésite pas à répondre Lors d'une interview en février 2006339 : « Bien sûr, il y a certainement des endroits où cela peut parfaitement se justifier. Tout en sachant qu'il est difficile, aujourd'hui, de lancer un nouveau festival. L'encadrement juridique, administratif et fiscal à mettre en place, se situe tout de suite à un niveau relativement professionnel ».

En France, Les avis restent donc mitigés quant aux conséquences de
L'évoLution des festivaLs, et pLus précisément face à Leur déveLoppement
massif. En se muLtipLiant, Les festivaLs ont su conserver une de Leur vaLeur

336 MALVY (Martin), Op.cit.

337 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? », Op.cit., page 13.

338 FAIVRE d'ARCIER (Bernard), « Comment donner un avenir aux festivaLs ? », Op.cit., page 8.

339 TOUSSAINT (PhiLippe), Op.cit.

principaLe qui est La diffusion de La cuLture, devenant ainsi un acteur majeur dans La démocratisation et La décentraLisation cuLtureLLe.

En déterminant ainsi Les possibLes tentatives d'instrumentaLisation de La notion de festivaL, ses caractéristiques majeures sembLent se dessiner. En effet, La muLtipLication du nombre de festivaLs en France à ceLa de positif qu'eLLe motive Le débat sur La définition du terme « festivaL ».

Les différents éléments traités successivement dans cette première partie permettent de définir le contexte dans lequel évoluent les festivals en France, depuis leur développement dans les années quatre-vingt. Cette analyse souligne l'étendue des relations de dépendance et d'interaction qu'entretiennent ces événements face au développement local. Une situation originale pour chacune des caractéristiques du festival et de son territoire. En s'éloignant du simple événement culturel, le festival est entré de manière « prononcée » au coeur des enjeux des collectivités territoriales, en terme d'économie, de tourisme, d'emploi, d'image ou de politique culturelle. En ce sens, l'étendue de ses retombées traduit la complexité d'attribution d'une définition unique et généralisable au festival. Parallèlement, il semble que ses multiples atouts, mis en abîme par leur multiplication et leur diversification depuis plusieurs décennies, puissent jouer en sa défaveur. Le festival tend ainsi à être instrumentalisé, par ses propres créateurs ou les collectivités qui le soutiennent. Une évolution qui perturbe la relation préétablie d'interaction inhérente au contexte local et « disperse » ses principaux objectifs. Comme le souligne Philippe Dechartre dans son rapport en 1998340, dans un festival, « l'idée fondatrice, le lieu, l'histoire, les pouvoirs, les artistes, les publics, les élus, tout dans cet inventaire à la Prévert, interfère ». Le rôle attribué au festival dans le champ culturel national a prit une telle importance que ses origines semblent se perdrent face à la quantité d'événements créés. Paradoxalement, l'évolution du contexte, de la forme et du contenu du festival semble profiter à un public de plus en plus important, qui profite ainsi d'une offre d'événements culturels diversifiée et « adaptée » à toutes les typologie de visiteurs. Cette évolution propose également aux artistes une plus grande facilité de promotion. Une démocratisation culturelle portée à son paroxysme, inscrite, peut-être, dans une évolution « naturelle » du festival au regard du contexte culturel français.

L'étude de cas du festival Chroniques Nomades, festival de photographie de
voyages et d'aventures situé à Honfleur, en Basse-Normandie, permet de

340 DECHARTRE (Philipe), Op.cit., page 14.

mesurer, à l'échelle d'un événement, les effets induits de l'évolution du contexte festivalier en France.

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