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Le festival, légitimation ou instrumentalisation d'un concept ?

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par Camille PLANTE
Groupe EAC - ESARTS : Ecole Supérieure de gestion de médiation des Arts 2005
  

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D) Recherche de financements

1) Financements pubLics

Dans une démarche de recherche de financements, Les subventions pubLiques sont indispensabLes pour La mise en oeuvre d'un événement festivaLier. Pourtant, cette démarche s'avère devenir de pLus en pLus difficiLe et semée d'embûches pour Les directeurs de festivaLs, qui L'apparente d'aiLLeurs à un « véritable « défi » ou « challenge », tandis que pour d'autres il s'agit d'un véritable « chemin de croix » ou d'un « parcours du combattant » »46. En effet, suite aux Lois sur La décentraLisation de L'Etat en 198247 et aux nouveLLes répartitions des missions des coLLectivités territoriaLes, on peut se demander queL peut être Leur rôLe en faveur des festivaLs : faut-iL craindre un désengagement progressif de ces deux institutions?

Une poLitique pubLique en matière de cuLture n'est pas innée ou automatique comme Le démontre L'exempLe des Etats-Unis ou de L'Asie. En effet, eLLe y est associée à La consommation privée et dès Lors, eLLe appartient au domaine privé et non au domaine pubLic, ceLui de L'Etat. Quant aux pays de L'Est, qui ont Longtemps subis une domination étatique en matière de contrôLe de La cuLture, La poLitique cuLtureLLe pubLique y est vivement critiquée48.

En France, Les choses se sont étabLies différemment. Cette notion s'est déveLoppée très tôt grâce au mécénat d'Etat, devenant un cas de figure

46 In Découpe, n°3, juin 1988, ANFIAC-PubLications, page 2.

47 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 124.

48 BENITO (Luc), Les festivals en France : marchés, enjeux et alchimie, Op.cit., page 122.

dominant en Europe, « un désir d'accès à la culture inscrit dans des racines républicaines »49. Deux hommes déveLoppent aLors L'éLargissement des compétences de L'Etat en matière de cuLture : André MaLraux avec La création en 1958 d'un système pubLic de soutien à La création cuLtureLLe50, puis Jack Lang, nommé Ministre de La CuLture et de La Communication en 1981 par Le président François Mitterand, poste qu'iL occupera pendant dix ans51.

a) Les festivaLs : une activité précaire

Un festivaL coûte cher et ses recettes ne parviennent généraLement pas à couvrir ses dépenses. D'aiLLeurs, comme Le souLigne Luc Benito, « on entend à plusieurs reprises qualifier les festivals de « machines à générer du déficit » »52. Les festivaLs sont pLacés aujourd'hui dans une grande précarité et une fragiLité financière. ILs subissent une augmentation de Leurs charges fixes et dans Le même temps une stagnation, voire une régression de Leurs ressources extérieures. Les résuLtats 2002 de L'étude consacrée au budget et à La fréquentation des soixante-trois festivaLs membres actifs de La fédération France Festivals, montrent « une dépense moyenne par festival de 500 000 euros. Il existe évidemment d'énormes disparités puisque les dépenses s'échelonnent entre 20 000 euros pour le plus petit et plus de 3 500 000 euros pour le plus gros. Nous savons néanmoins que plus de 70 % d'entre eux ont des dépenses de plus de 100 000 euros et 27 % de plus de 500 000 euros ».53 Ainsi, pour L'édition 2006, Les dépenses du Festival d'Avignon ont atteint La barre des cinq miLLions d'euros54. Une hausse des coûts préoccupante puisqu'eLLe porte sur Les éLéments constitutifs de L'événement :

49 BORIS (Jean-MicheL), « CuLture, Médias, EvénementieL, un bon ménage à trois ? », tabLe ronde de La Business CLasse CuLture ESC Dijon, citation notée par L'étudiant Le jeudi 2 mars 2006, page 2.

50 Idem

51 Site de L'encycLopédie Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_Lang#Biographie, consuLtation Le 28 août 2006.

52 BENITO (Luc), « Les festivaLs de France : FestivaLs sous L'angLe économique », in coLLoque organisé par La fédération France Festivals, « La musique a-t-eLLe besoin des festivaLs ? », Royaumont, novembre 2003, page 23.

53 Ces chiffres sont issus d'une enquête réaLisée auprès des festivaLs adhérents à La fédération France Festivals portant sur L'exercice 2002.

54 Site du quotidien Le Figaro, http://www.Lefigaro.fr/cuLture/20060706.WWW000000378_Le_festivaL_davignon_fete_ses_an s.htmL, consuLtation Le 8 octobre 2006.

cachets des artistes, saLaires des équipes techniques, frais de régie, décors, transports, hébergement, charges sociaLes et taxes diverses. « L'augmentation des coûts du travail peut d'ailleurs s'expliquer, d'une part, par l'utilisation systématique des intermittents du spectacle, et d'autre part, par les emplois-jeunes qui tendent à disparaître »55. En outre, Le manque de LisibiLité à moyen terme et de conventions pLuriannueLLes de financement transforme Les directeurs de festivaLs en de véritabLes gestionnaires.

Une réponse à La question Pourquoi les festivals coûtent-ils chers ? pourrait être d'ordre scientifique. Le phénomène économique de La Loi de Baumol, du nom de son créateur, souLigne que « les activités de spectacles comme les festivals souffrent d'un accroissement inéluctable des coûts de production toujours plus élevés chaque année. D'un point de vue économique, en réponse à une telle situation, on ne peut qu'augmenter les prix. Mais dans le domaine des spectacles et des concerts, une hausse des prix est impossible car elle placerait la tarification à un niveau beaucoup trop élevé. De plus, dans la conscience collective, la tarification des activités culturelles doit rester abordable » 56. Pour exempLe, La musique cLassique, et pLus particuLièrement Les opéras, sont souvent associés à des pratiques cuLtureLLes éLitistes parce que Le prix d'entrée y est éLevé. Pourtant, ceLa s'expLique car Les coûts de production sont très importants. De La même manière, Les festivaLs ne peuvent pas demander à un groupe de jouer avec moins de musiciens parce que Les frais sont trop éLevés. Cette Loi sembLe donc assez Logique et se vérifie particuLièrement au niveau des festivaLs.

En prenant en considération L'ensembLe de ces éLéments, on n'est pas surpris de remarquer que Le niveau d'autofinancement des festivaLs se situe en moyenne entre 20 et 40 %57. Dans L'ensembLe, ces recettes propres sont générées grâce aux cotisations ou aux ventes annexes, mais La source La pLus importante de bénéfices reste bien entendue La biLLetterie. D'aiLLeurs, « les festivals musicaux parviennent plus que les autres à s'autofinancer grâce aux

55 TOUSSAINT (PhiLippe), « L'argent des festivaLs... », in coLLoque organisé par La fédération France Festivals, « La musique a-t-eLLe besoin des festivaLs ? », Royaumont, novembre 2003, page 27.

56 BENITO (Luc), « Les festivaLs de France : FestivaLs sous L'angLe économique », Op. cit.

57 Idem

ressources propres de la billetterie >58. CeLa s'expLique par Leur courte durée et Le succès de La formuLe « forfait concerts > proposée. Néanmoins, avec même 40 % d'autofinancement, Les festivaLs restent bien entendu Largement dépendants des apports financiers extérieurs.

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