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Le festival, légitimation ou instrumentalisation d'un concept ?

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par Camille PLANTE
Groupe EAC - ESARTS : Ecole Supérieure de gestion de médiation des Arts 2005
  

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II) Préconisations apportées à l'échelle de l'ensemble des festivals

en France et du festival Chroniques Nomades : outils de différenciation, de légitimation et de pérennisation du festival

Ces différentes préconisations sont données à titre indicatif. ELLes sont Le résuLtat de réfLexions tenues par L'étudiant tout au Long de La réaLisation du mémoire et du stage réaLisé au sein du Festival OFF des Chroniques Nomades de janvier à mai 2006. Ces éLéments cités de manière non exhaustive, à L'écheLLe de L'ensembLe des festivaLs en France ou pLus particuLièrement pour Le festivaL Chroniques Nomades, restent ainsi ouverts au débat, et s'inscrivent dans une démarche de réfLexion personneLLe, menée sur Le Long terme.

A) Préconisations apportées à L'écheLLe de L'ensembLe des festivaLs en France

La pLupart des festivaLs interviennent, de manière non négLigeabLe dans Les réseaux de production et de diffusion nationaux. D'autres accompLissent une tâche irrempLaçabLe de découverte de créateurs et de formes artistique. Dans une décLaration du 26 mai 2003539, Jean-Jacques AiLLagon540, aLors Ministre de La CuLture et de La Communication, évoque une mission nationaLe de soutien au spectacLe vivant, mise en pLace par L'Etat, en partenariat avec Les coLLectivités. ParaLLèLement, y sont évoqués une harmonisation de L'intervention de L'Etat en région et La création d'un LabeL « festivaL d'intérêt nationaL ». Nous nous attacherons ici pLus particuLièrement à ce projet de LabeL : « S'agissant des festivals, qui sont dans notre pays en nombre croissant, aucun critère n'a été assigné à l'intervention de l'Etat, qui se caractérise, là encore, par l'arbitraire et l'absence d'une vision d'ensemble. C'est la raison pour laquelle je créerai en 2004 un label de " Festival d'intérêt national ". Il distinguera les festivals majeurs dans notre pays, pour leur

539 AILLAGON (Jean-Jacques), « L'action territoriaLe du Ministère », conférence de presse, 2003, page 12.

540 Ministre de La CuLture et de La Communication de 2002 à 2004.

excellence dans la diffusion, la création, la relation avec le public, ou encore le rayonnement national et international »541. Un projet qui s'inscrit dans une démarche d'harmonisation de L'intervention de L'Etat en matière de soutien aux festivaLs. Cependant, iL reçoit un accueiL mitigé, comme Le souLigne Bernard Latarjet dans son compte-rendu de mission Pour un débat national sur le spectacle vivant 542 : « on sait aujourd'hui que le projet de label « festival d'intérêt national » est désormais très contesté ». En effet, cette question de LabeLLisation sembLe porter à La poLémique. SeLon Les concLusions de Bernard Latarjet543 : « il nous semble préférable d'opérer une évaluation artistique des nombreux festivals que l'Etat soutient en s'attachant à cerner leur démarche de production et de diffusion »544. La question des financements conjoints de L'Etat et des coLLectivités territoriaLes prendrait en compte Les résuLtats de ces évaLuations rendues pubLiques. « Dans cette démarche, l'Etat veillerait à recentrer son action, à renforcer son soutien à des initiatives dont le rayonnement est reconnu par tous les partenaires et à préserver des festivals de dimension économique modeste qui jouent un rôle essentiel depuis des années sans avoir de reconnaissance financière ».545 Le but ainsi recherché n'est donc pas d' « imposer » un LabeL, mais de recentrer son attribution, en fonction de critères spécifiques et favoriser ainsi Le déveLoppement de festivaLs souvent « mis à L'écart ».

La question de ce LabeL fût souLevée en 2003, Lors du coLLoque organisé par La fédération France Festivals ayant pour thématique La musique a-t-elle besoin des festivals ? 546 . Pour Catherine Ahmadi, sous-directeur de La DMTS auprès du Ministère de La CuLture et de La Communication, Le LabeL « festivaL d'intérêt nationaL », étabLit par L'Etat pour des festivaLs nationaux, toutes discipLines confondue, serait attribué en 2004 pour une tranche de trente à cinquante festivaLs, dont vingt ou trente pour Les festivaLs musicaux. De pLus, « bien que le mot label résonne « technocratique » aux oreilles de certains, il

541 AILLAGON (Jean-Jacques), « L'action territoriaLe du Ministère », Op.cit.

542 LATARJET (Bernard), Op.cit., page 155.

543 Idem

544 LATARJET (Bernard), Op.cit., page 125.

545 Idem

546 « La musique a-t-eLLe besoin des festivaLs ? », actes du coLLoque organisé par La fédération France Festivals, abbaye de Royaumont, novembre, 2003, http://www.francefestivaLs.com/, consuLtation Le 14 juiLLet 2006.

s'agit simplement pour nous de reconnaître un ensemble de missions nationalement coordonnées que certains festivals assument. Mais cela n'empêche pas une grande diversité. Donc ne dramatisons pas et essayons de faire les choses de façon pragmatique, intelligente et concertée bien sûr »547. Depuis 2004, notre nouveau Ministre de La CuLture et de La Communication, Renaud Donnedieu de Vabres, sembLe avoir mit de côté ce projet de LabeL « festivaL d'intérêt nationaL ».

Sans entrer dans une dimension de LabeL, proposition au contenu poLémique pour un secteur encore trop inégaLitaire, iL serait peut-être intéressant, pour Les régions ou départements, d'étabLir une marque ou appeLLation particuLière appLiquée pour Les projets regroupant un certain nombre des critères aLLant dans Le sens des soLutions apportées pour une recherche de différenciation du festivaL548. Cet écLairage apporté sur un ou pLusieurs événements, permettrait, entre autre, Leur différenciation et La marque de Leur Légitimité à L'écheLLe des coLLectivités, créant ainsi un « repère » pour Le pubLic et une orientation pour Les partenaires privés. Enfin, pour Les projets, cette distinction peut pousser Leurs différentes directions à générer ou approfondir ces queLques « Lignes de conduite », contre une banaLisation du terme « festivaL ».

En ce sens, Les propos de Luc Benito549 apportent queLques pistes de réfLexions suppLémentaires : « Les collectivités territoriales pourraient intervenir sur la répartition équilibrée au sein de chaque territoire concerné, agir sur la complémentarité des genres des festivals afin d'éviter une trop grande concurrence de proximité, garantir l'indépendance artistique des festivals, et enfin, s'engager dans le financement de la programmation par le biais de conventions (de 3 à 5 ans). Et l'Etat quant à lui pourrait créer un observatoire des festivals, véritable outil utilisable aussi dans le domaine du tourisme, un véritable outil de gestion». Ce dernier point sembLe avoir son importance. L'étude des festivaLs sur Le territoire français traduisant Le manque conséquent de données et études réaLisées à L'écheLLe nationaLe.

547 AHMADI (Catherine), Op.cit., page 26.

548 Cf. Partie 1, chapitre 2, II, D) Solutions envisagées pour une recherche de différenciation du festival, de La page 84 à 91.

549 BENITO (Luc), « AteLier 5 : Les festivaLs de France FestivaLs sous L'angLe économique », Op .cit., page 44.

C'est un éLément important quant à L'appréhension de ce type d'événements cuLtureLs en terme de définition et de recensement.

Face à L'environnement de pLus en pLus mouvant et incertain des festivaLs en France, La formation de réseaux apparaît comme un outiL favorisant efficacement Leur avenir. Une réponse coLLective apportée contre La pérennisation de pLus en pLus forte de ces événements. Pour exempLe, Le Réseau des Festivals de Culture Electronique français, constitué sous La forme d'une association en mai 2006, regroupe actueLLement cinq festivaLs de musique et de cuLture éLectronique « dans un souhait de mutualisation des moyens et des connaissances >550. Ainsi, Les différents membres de ce réseau se reconnaissent dans une charte commune d'objectifs et d'engagements :

« La représentation collective auprès des différentes institutions, une communication commune sur la légitimation et la reconnaissance des cultures électroniques à travers les festivals, la mutualisation de certains moyens opérationnels notamment en matière de communication ou de recherche de partenaires, le partage des informations et expériences communes entre les

membres du réseau dans un esprit non seulement d'entraide mais aussid'optimisation des actions individuelles.

Enfin, ce réseau se regroupe autour de différents engagements, tant en matière de programmation, envers les artistes, au niveau local, envers le public, respect des règles en vigueur et enfin, un rôle au niveau national »551. La nécessaire énumération de ces objectifs et engagements définie Les intérêts conséquents pour un festivaL d'appartenir à un réseau. En se montrant en commun, autour d'une forme artistique anaLogue, La position et L'importance de chaque festivaL membre est renforcé à L'extérieur, « le tout ne devant pas baigner dans une attitude de concurrence mais de volonté réciproque de soutien et de solidarité >552. Enfin, en abordant Le forme de L'association, Le réseau prend une forme officieL, ce qui Lui permet de poser

550 « Les festivaLs de musiques éLectroniques s'associent >, site de L'Irma,

http://www.irma.asso.fr/spip.php?articLe4191&var_recherche=r%E9seau#S(c)quence_1, consuLtation Le 24 mai 2006.

551 Idem

552 Idem

pLus efficacement un certain nombre de revendications auprès des partenaires privés, pubLics et professionneLs.

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