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L'approche genre dans la gestion intégrée des ressources en eau dans l'arrondissement de Togoudo: cas de la commune d'Allada

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par Marc SOHOUNOU
Université d'Abomey-Calavi Bénin - Master en environnement et santé 2011
  

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3.1.2. Les eaux de surface

L'arrondissement de Togoudo dispose d'un atout non négligeable de cours d'eau. Il s'agit essentiellement de Datin et de Sodji. Datin est un cours d'eau plus vaste et s'étend jusqu'à sékou et constituait une source d'approvisionnement en eau pour la population depuis que des personnes y habitent. De même, le Sodji est moins étendu mais à une histoire. Son histoire remonte au premier guerrier qui a marqué la genèse de Togoudo. Selon les informations recueillies, ce guerrier serait le premier à boire l'eau de Sodji. Comme la succession du trône se fait au sein de la même famille et du père au fils, la tradition a retenue que tout Roi successeur ne doit boire que de cette eau de Sodji. Jusqu'à nos jours c'est de cette eau que boive le Roi KPODEGBE dans son palais. Donc les populations aussi préfèrent cette eau au profit des branchements de la SoNEB et des points d'eau réalisé par l'actuelle Direction Générale de l'Eau en partenariats avec les organismes internationaux intervenant dans le domaine de l'eau.

Cette réalité socio-culturelle peut être à la base du faible taux de demande enregistré par la SoNEB sans oublier l'accessibilité financière et celle géographique.

Les cours d'eau sont exclusivement fréquentés par les femmes et les filles (qu'elles soient enceintes ou non). Il est rare de trouver dans l'arrondissement de Togoudo, un homme allé au cours d'eau pour s'approvisionner et ramener à la maison. Ce qu'on constate généralement c'est leur passage pour se laver en rentrant des champs. Mais quand il va s'agir de la propreté des lieux, curieusement c'est encore les femmes qui sont conviées et elles se font quelques fois aider par un(01) ou deux (02) hommes volontaires.

3.1.3. Les ouvrages d'hydrauliques villageois

C'est grâce aux différents programmes d'approvisionnement en eau potable en milieu rural que l'arrondissement de Togoudo a bénéficié de quelques ouvrages hydrauliques villageois de la DG-Eau. Ces programmes ont permis de réduire la corvée d'eau éprouvée par les populations surtout les femmes, les

personnes du troisième âge et les pauvres en général. Les besoins en points d'eau pour les villages de Zèbou et Togo s'élevaient pour les responsables de la DG Eau à 13 mais, au jour d'aujourd'hui, la direction n'a effectué que 3 PE détaillés comme suit: nous avons 2 PM à Togo et 1 FPM à Zèbou dans la localité de Houéssoutomè soit un taux de réalisation de 23%. Le troisième village (Govié) qui n'a même pas un seul branchement de la SoNEB et dont on ne connait pas les besoins en points d'eau a bénéficié de 3 PE aménagés. Il s'agit d'1 FPM dans la localité de Zoungbo qui ne s'anime qu'après 18 heures, 1 PEA avec 4 robinets tous au jour d'aujourd'hui, fonctionnels dans la localité de Govié, et enfin 1 PM. Ici il faut constater que presque toutes les populations s'approvisionnent à ces différentes sources et en plus de cela vont aussi puiser dans les puits traditionnels à ciel ouvert.

Pour le PEA, la bassine de 25L est à 25 FCFA car il y a un moteur qui recharge l'eau dans le château de 6m3 et utilise le carburant. Les sous issus de la vente de l'eau sont versés ensuite dans un compte de CLCAM supervisé par la Mairie et gérer par l'AUE. Quant au FPM, la bassine de 50L coute 10 FCFA car c'est les populations elles mêmes qui déploient l'énergie nécessaire pour pomper l'eau et sa mise en marche ne demande pas des dépenses de carburants. Par contre pour le puit moderne (Photo 4), la bassine de 30L coute 20 FCFA, simplement parce que la demande est plus forte dans cette localité.

La gestion de ces ouvrages est assurée par les hommes. Dans un bureau d'AUE de 13 personnes, on dénombre 2 femmes assurant des fonctions comme la vente de l'eau et le maintien de la propreté des lieux et alentours. Les handicapés et les personnes du troisième âge ne sont pas impliqués dans cette gestion car on les considère comme des personnes invalides ou inutiles. Il s'agit ici de la violation du principe 2 de la GIRE.

Malgré les prix forfaitaire appliqués pour l'achat de l'eau, la majorité des femmes pensent encore que le coût est cher et s'approvisionne aux autres sources de qualité douteuse et d'autres parfois puisent sans payer ou viennent la nuit détruire le système de sécurité de la source: c'est le cas par exemple du FPM de

Zoungbo. D'autres par contre, malgré que le problème d'accessibilité géographique soit partiellement réglé, elles dépassent la source de qualité et vont jusqu'aux anciennes (yehouénontonou, caissiétonou et Datin) sources (Photos 5 et 6) pour s'approvisionner. Les deux premières sources ont été construites entre 10 et 15 ans par des particuliers ou généreux donateurs. La première est construite par un prêtre dans la localité de Missèbo entre 14 et 15 ans de même que la seconde, construite à Govié par un Caissier entre 11 et 12 ans, dans le but d'aider la population. Tandisque Datin, un cours d'eau antérieur à toutes les autres sources, auquel toutes les populations de Togoudo s'approvisionnaient en particulier les femmes et les filles.

Photo 4 : Puit Moderne à Govié
Cliché: SOHOUNOU ; décembre 2011

Photo 5 : Puit Traditionnel à Govié
(caissiétonou)
Cliché : SOHOUNOU ; décembre 2011

Photo 6 : Puit Traditionnel à Missebo
(Yehouénontonou)
Cliché : SOHOUNOU ; décembre 2011

Au vue de tout ce qui précède, on conclue que le problème d'approvisionnement en eau dans l'arrondissement de Togoudo est loin d'être résolu malgré l'effort fourni par le pouvoir central de même que pour l'intégration du Genre car les femmes ne sont pas associées, les riches et les pauvres ne s'entendent point de même que les vieux et jeunes sur les questions de l'eau et l'intégration du Genre.

De plus, il y a certaines réalités socio-culturelles qui font l'échec de la prise en compte du Genre dans la mise en oeuvre de la GIRE à Togoudo. En exemple on peut citer l'attitude des femmes, quand elles sont au nombre d'au moins deux, préfèrent aller plus loin tout en discutant de leurs différents problèmes en chemin que de s'approvisionner à une source potable plus proche de chez elles. Ce qui fait que les ouvrages sont construis mais parfois abandonnés par les premières utilisatrices et gardiennes de la ressource. Cette réalité socio-cuturelle ne favorise pas l'application du principe 3 de la GIRE.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.