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Etudes de la pierre de taille à  travers les temples commémoratifs d'Antananarivo: essai d'ethnologie des techniques


par Haja Mampionona Hillarion RAJERISON
Université d'Antananarivo- FLSH- Etudes Culturelles- Madagascar - Maitrise 2011
  

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V-2-5 L'assemblage des pierres

L'Imerina n'a jamais probablement connu avant l'avènement des missionnaires, autres matériaux d'attache que les lianes et d'autres écorces d'arbres. Ces matériaux ont été utilisés pour attacher et assembler le bois pour la construction des maisons. Construit totalement en bois, l'intérieur des logements était couvert d'un enduit1 de bouse de vache qui servait en quelque sorte de liant pour fortifier la structure et pour retenir la chaleur à l'intérieur. L'arrivée de Cameron à Antananarivo était un des points marquant dans le domaine des constructions en Imerina. En effet, cet architecte-pasteurenseignant, avec ses recherches avait pour la première fois découvert la pierre à chaux2. Il enseignait à ses apprentis-ouvriers à la transformer en chaux. Cette découverte va, selon Delahaigue-Peux3, contribuer à l'amélioration des liants. On utilisait, d'après elle, pour les appareillages de la terre rouge. Aussi, le nouveau liant découvert était employé dans les constructions. Les missionnaires-architectes utilisaient pour assembler les pierres de taille entre elles, la chaux. Avant son usage comme liant, la chaux devait passer à des étapes de cuisson. Pour que la structure tienne, il fallut cuire la chaux avant son utilisation. Le mortier tenait surtout à la bonne ou mauvaise cuisson de la chaux. La technique d'utilisation de la chaux, mélangée avec du sable comme matériau d'assemblage, était une des caractéristiques de la maçonnerie médiévale4.La chaux pour les églises commémoratives était cuite. Ellis (W.)5affirmait des propos sur le problème concernant la chaux. Il constatait l'absence de personne sachant cuire la chaux (« no lime burners »). Il est à noter que pour les églises commémoratives, la chaux provenait du Betsileo6. Ce matériau existait en petite quantité et monopolisé par le gouvernement. Ce n'était pas seulement ce matériau qui fut l'objet d'accaparation de l'Etat. Les ouvriers faisaient également l'objet de ce monopole par ce dernier pour des occupations personnelles7. Ces ouvriers attirent tout principalement notre attention. Ils étaient, après les missionnaires, des « personnages » clé de ces constructions. Nous nous posons des questions sur leurs identités et leur devenir mais également sur leurs initiateurs.

1 BASTIAN (G.) - GROISON (H.) op. Cit.

2 « Ingahikama » COUSINS traduit par RANDZAVOLA imprimerie Imarivolanitra Antananarivo 1920

3 DELAHAIGUE-PEUX op. cit.1996

4 Les origines de la civilisation technique Toment I 1962 DE LA CALLE - CATAGNOL - LEROI GOURHAN

5 Madagascar revisited

La fondation des temples protestantes à Tananarive entre 1861-1869 » RAISON-JOURDE (F.) in Annales de l'Université de Madagascar, série Sciences Humaines n° 11- 1970

7« Maçons-tailleurs-charpentiers [...] recherchés par les grands officiers qui, sous prétexte du service de l'Etat, les utilisaient sous forme de corvée à la construction de vaste demeures particulières » in Fondation des temples protestants à Tananarive entre 1861-1869, RAISON-JOURDE (F.) Annale de l'Université de Madagascar n°11 1970

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