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Impact des ouvrages de génie civil sur l'environnement: cas de la décharge finale des déchets de la ville de Bangui


par Stephane KODYBELET
Universite de Bangui - DIT 2011
  

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3.3.4- Géomorphologie

La géomorphologie de la région de Bangui est caractérisée par les unités suivantes : collines, piémonts, plateaux et plaines.

Il existe en fait deux alignements de collines : les collines de Daouba-Kassaï (700-600 m) et les collines de Gbazabangui (600-500 m) qui occupent au total 15 000 ha sur l'agglomération de Bangui (C-R. Nguimalet, 1999). Ces collines ont une orientation subméridienne, NNO-SSE, et se prolongent à travers l'Oubangui vers la République Démocratique du Congo.

Les collines de Bangui, qui culminent vers 590 m d'altitude, forment une vaste croupe aux sommets arrondis, aux pentes amorties vers l'est et abrupts à l'ouest.

Le contact entre les collines de Bangui et les collines de Daouba-Kassaï (656 m au nord de Kassaï) est formé par le couloir de Ndress. C'est une dépression qui, d'Est en Ouest, suit la première fracture séparant le plateau du Kassaï des collines de Gbazabangui : elle est caractérisée par des altitudes variant entre 450 et 360 mètres. Ce couloir est orienté Nord-Sud, et draine tout le réseau de la Nguitto, cours d'eau qui prend sa source au NE du quartier Boy-Rabé sur les collines de Daouba-Kassaï et se jette dans l'Oubangui à environ 2,5 km en amont des rapides.

Nous remarquons que sur la surface topographique située entre 400 et 360 m (appelée glacis de piémont), trois niveaux topographiques se distinguent :

- le premier se situe entre les cotes 400 et 380 m. Les pentes varient de 3,5 % (PK 12 : de la rivière Sô à Begoua) à 7,3 % au Golf (pk 11 : Golf à la rivière Ngola) ;

- le second, ou niveau intermédiaire, s'observe entre 380 et 370 m d'altitude ;

- les pentes caractéristiques sont comprises entre 2,5 % (Gobongo-Sinistrés) et 6,3 % (Cité Christophe-piémont des collines) ;

- le dernier niveau est compris entre 370 et 360 m. La limite inférieure se confond le plus souvent avec celle des petits cours d'eau et des bas-fonds marécageux : dans cet espace, la pente est inférieure à 1 %, notamment elle est de 0,2 % entre l'ouest du quartier Boeing et les quartiers Damala et Ngongonon, y compris la zone de l'aéroport de Bangui-Mpoko.

Dans l'unité de relief 400-360 m, nous repérons certains reliefs localisés dans la ville de Bangui et aux environs, dont les points bas sont occupés par les vallées de petits collecteurs (Ngola, Ngoubagara, Ngongonon ou kokoro), des marais et marécages.

La plaine de Bangui, ou surface inférieure à 360 m, est le secteur où l'extension de la ville s'est faite au nord et à l'ouest. Sa reconnaissance a été toujours faite en référence aux dépressions marécageuses, qui recouvrent près des trois-quarts de l'étendue de la ville. L'accroissement démographique de la ville justifie la colonisation de cette plaine. La faible altitude et la pente expliquent en partie le mauvais drainage des eaux dans les quartiers implantés sur ces milieux hydromorphes. L'altitude d'ensemble est comprise entre 360 et 300 m. Nous y retrouvons les secteurs fréquemment inondés, comme les quartiers Ngouciment et Basse-Kotto, lesquels constituent des points bas de référence pour la ville (cotes de 350 à 340 m) et attirent le gros des eaux quand il pleut. Les terrains ici sont argileux et limoneux et l'essentiel des bassins moyen et aval des cours d'eau de la ville y est drainé.

Cette situation est aussi la conséquence du manque de canalisation dans ces quartiers. De tout ce qui précède, plusieurs problèmes liés à l'évacuation des eaux usées se posent. Ces eaux sont en effet collectées, grâce à des cours d'eau (Bouagba et Kouanga) jouant le rôle de canaux naturels.

Par ailleurs, la présence de nombreuses dépressions fermées laisse supposer l'existence de crypto-karsts anciens dans le bassin de l'Oubangui. Dans le site de Bangui, celles-ci se traduisent en surface par des marais et sont caractérisées par un mauvais drainage dans le secteur de plaine. En effet, les dépressions des plaines oubanguiennes semblent typiques du paysage des plaines en milieu tropical. La plupart sont peu profondes et toujours développées dans des matériaux sablo-limono-argileux. Le processus montre qu'un blocage (rôle de la nappe phréatique) intervient rapidement et empêche les cuvettes de prendre de l'ampleur. De cette façon, avant d'atteindre la dépression, le ruissellement en nappe superficiel entraîne de l'humus et des éléments fins argileux qui sont décantés au fond de la cuvette. Une mince pellicule puis un placage argileux plus consistant colmatent le fond de celle-ci et bloquent en partie le processus de blocage exercé par la nappe phréatique de sorte qu'une mare se forme (Boulvert et Salomon, 1988).

Le ruissellement de surface pénètre dans les fentes de dessiccation et, si le gradient hydraulique est suffisant, il érode les parois de la fente en créant des ravines ou des conduits souterrains aux orifices circulaires. Une topographie pseudo-karstique en résulte avec possibilité d'existence de cavités souterraines. Des effondrements surprises dans les années 70 survenus lors des travaux de génie civil, notamment la construction de la piste de Bobangui (4°02'20''N-18°08'E), ont été observés lorsque les engins lourds ont attaqué la voûte protectrice constituée par une carapace ferrugineuse. De même en pleine ville de Bangui, non loin de l'Office National de la Main-d'Oeuvre (ONMO), un effondrement survenu le 8 août 1977 a formé une cavité cylindrique de près de 18 m de diamètre et d'une profondeur de 20 m environ. Ce « trou » est rempli dans sa majeure partie par l'eau de la nappe phréatique dont le niveau hydrostatique est à peu près de 8 m au-dessous de la surface (Labrousse, 1977).

De plus, les forages d'exploitation de l'usine UCATEX révèlent une cavité de 8 m de hauteur dans le soubassement calcaire.

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