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Les contes et les mythes en pidgin : facteur d'éducation de l'enfant dans la société africaine traditionnelle dans la région du sud- ouest (BUEA)

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par Anne OBONO ESSOMBA
Université de Yaoundé I - Doctorat en littérature orale et linguistique 2014
  

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II.1.1.2. Niveau d'utilisation du pidgin

A l'entame de cette étude, nous avons affirmé que le pidgin demeure une langue non standardisée, non codifiée, non agréée par les pouvoirs publics au Cameroun puisque ne bénéficiant ni d'une grammaire autonome, ni d'outils de fixation que sont les livres ou les dictionnaires. En plus, son étendue, c'est-à-dire le nombre d'utilisateurs ou de locuteurs reste mal connue.

En dépit de tout cela, nous ne pouvons perdre de vue le fait que le pidgin s'impose de plus en plus dans tous les secteurs de la vie nationale. Il est question ici de savoir si le pidgin dans son utilisation actuelle bénéficie de l'onction des institutions en vigueur dans notre pays. Par définition, une institution est une structure organisée agréée par la politique d'un Etat et qui a pour devoir de s'occuper d'une portion de la vie nationale. En guise d'exemples, l'Eglise, la Justice, l'Education, sont des institutions. Nous répondrons par l'affirmation à la préoccupation soulevée plus haut, car, même si le pidgin demeure une langue informelle, non standard et non conventionnelle, nous en faisons usage par nécessité dans les cours de justice, les églises, les hôpitaux , les bureaux et les marchés ... pour les besoins de la cause. Au vu de tout cela, il est clair que l'usage du pidgin est «institutionnel» dans certaines circonstances d'où la nécessité'importance de développer le concept de « mi institutionnalisation ».

Arrivés au terme de cette partie, nous trouvons opportun de réaffirmer que le parler dont il est question ici est de par sa définition, sa genèse, son contenu, sa structure, son mode d'expansion. Ce sera à juste titre que de nombreuses contestations se révèlent au cours de son examen par des observateurs, des intellectuels avertis. Celles-ci contribueront d'ailleurs à une maturation accrue des objectifs scientifiques visés par ce travail de recherche.

Pour finir, nous tenons à repréciser que la volonté de l'élévation du pidgin au statut de langue unificatrice ne vise pas le rabais ou la dévalorisation des langues officielles, mais l'enrichissement de l'échiquier linguistique camerounais d'une nouvelle langue qui servira de tremplin aux problèmes de la multiplicité linguistique, de pont, de plate forme de rapprochement, de compréhension mutuelle entre les multiples tribus du Cameroun et de moyen de fixation et de partage du contenu culturel du Cameroun par tous ses enfants.

Pour forger ce destin commun, cette vie commune est aussi l'objectif que le gouvernement camerounais s'est fixé par l'adoption du français et de l'anglais comme langues officielles.Mais, ceci ne va pas sans problème tant il est vrai que ces langues officielles demeurent pour la plupart des camerounais inconnues et mal maîtrisées au point où la communauté de destin paraît se faire à deux vitesses entre érudits et non érudits.

Le point focal de cette étude est de montrer la mise en exergue la portée littéraire du pidgin par la prise en considération des composantes de l'oralité africaine à l'instar des contes et des mythes que nous avons pu obtenir lors de la collecte des données. Cette langue cesse d'être une simple langue de commerce, encore moins une simple langue de contact et est devenue par la force du temps une langue littéraire.Parlant justement de langue littéraire,

Le pidgin comme tout autre langue permet de véhiculer des connaissances, des valeurs, des cultures aux populations qui la pratique.

S'il apparaît de façon indéniable qu'il existe des textes oraux en pidgin et qu'ils peuvent être localisés de façon plus ou moins précise, pour en connaître les aires de déconcentration et partant les peuples ou les individus qui lescréentparlent, force est de reconnaître que l'existence de lsa littérature orale en pidgin demeure sujette à controverse.

Se situant dans cette dernière optique, le sujet et l'analyse du corpus va démontrer qu'il existe une littératureriche à laquelle les méthodes d'analyses textuelles de tous genres pourraient see prêter aisément.

Deuxième partie :

LES FONCTIONS DE L'ENFANT

L'objectif principal de la théorie structuraliste de Claude Bremond dans La Logique du récit(1973 :131)a été principalement l'établissement d'une analyse du récit qui décrit les interrelations de rôles au cours d'une action narrative, et surtout l'étude et la description de la structure d'un large éventail de textes narratifs. C'est dans cette optique qu'il a conservé comme chez Propp, l'idée de fonction comme étant l'élément principal de la narration. Ce dernier définit la fonction comme: «L'action d'un personnage, définie du point de vue de sa signification dans le déroulement de l'intrigue » (1973 :131).

C'est ainsi que la fonction d'un personnage ou son rôle dans le processus narratif devient l'un des points essentiels dans la compréhension de sa Logique du récit.

Bremond comme le dit Daniel K. Schneider (1973 :132-133) :

Propose un modèle ternaire (idéalisé) "agent-processus-patient" pour saisir le processus narratif. La fonction n'est donc plus un élément isolé comme chez Propp, elle est implicitement lié à un patient et à un agent 4(*)et Bremond de renchérir:la fonction d'une action ne peut être définie que dans la perspective des intérêts ou des initiatives d'un personnage qui en est le patient ou l'agent.

Il révise la notion de séquence qui ne sera plus comme il le dit lui-même une suite identique de mêmes fonctions. Mais, il fait des groupements qui font prévaloir dans le développement de tout processus narratif, trois moments essentiels: La virtualité qui peut être définie comme une possibilité; une tâche virtuelle susceptible d'être exécutée; le passage à l'acte (ou non) visant à exécuter (ou non) cette tâche et finalement, l'achèvement de la tâche qui peu si l'action a été menée à terme, amorcer une réussite. Si par contre, elle a été interrompue, elle peut entraîner un échec. Le schéma qui suit résume, si besoin est, ces trois moments:

Achèvement réussite

Passage à l'acte

Virtualité Inachèvement échec

Non passage à l'acte

Dans cette triade (virtualité, passage à l'acte, achèvement), il est utile de rappeler que:

Jamais l'antécédent n'implique le conséquent, après chaque fonction, une alternative est ouverte: La virtualité peut évoluer en passage à l'acte ou demeurer virtualité; le passage à l'acte peut atteindre ou manquer son achèvement ( Bremond,1973 :131).

En conséquence, Bremond ne fonde pas sa Logique durécit sur une suite d'actions, mais plutôt sur un ensemble de rôles que jouent les personnages. L'objectif ici est de se demander, si le personnage agit ou s'il est agi, car l'action du personnage se définit selon la fonction qu'il remplit dans le déroulement de l'intrigue.

Notre préoccupation majeure dans le cadre du présent travail sera d'étudier les rôles que remplissent le personnage de l'enfant dans les contes du Cameroun. Les questions auxquelles nous allons nous atteler à répondre sont les suivantes: Est-il patient (sujet d'état) ? Dans ce cas est-il bénéficiaire d'amélioration ou de protection? Ou victime de dégradation ou de frustration ? Est-il agent (sujet de faire) ? Dans cet ultime cas, est-il agent volontaire ou involontaire? Est-il dégradateur ou améliorateur ? Ou alors frustrateur ou protecteur ?

* 4 Htt//tecfa.unige.sh/tecfa/publicat/shneider/tory/node45html.

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