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Les contes et les mythes en pidgin : facteur d'éducation de l'enfant dans la société africaine traditionnelle dans la région du sud- ouest (BUEA)


par Anne OBONO ESSOMBA
Université de Yaoundé I - Doctorat en littérature orale et linguistique 2014
  

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Première partie : 

PRESENTATION DU PIDGIN

Pour mener à bien nos recherches sur les contes et les mythes en pidgin, il importe que la notion de langue soit amplement examinée et comprise. Ce terme aligne de nos jours moult conceptions au vu de son importance dans le cadre des travaux linguistiques et littéraires. Selon G. Mounin « les langues sont tous systèmes de signes vocaux doublement articulés propre à une communauté humaine donnée ». Mais, dans l'imaginaire populaire, cela ne suffit pas à faire comprendre ce qu'est une langue. Les langues sont de fait conçues comme moyen de communication répondant à certaines fonctions notamment normatives, culturelles, littéraires et identitaires.

André Martinet (1967:21) soutient qu'une définition linguistique de la langue précise qu'elle est un système de signes doublement articulé dont le sens se construit à la fois au niveau conceptuel d'abord, articulatoire et sonore ensuite. C'est ici que les sous-ensembles de morphèmes, lexèmes et monèmes d'une part,phonologie, morphologie et syntaxique d'autre part trouvent leur sens. Martinet soutient en outre que l'ordre de description est nécessairement inverse de l'ordre de perception ou d'usage de la langue.

Selon lui, la langue est un « système de signes»(1967 :21)., et le langage est la faculté humaine mise en oeuvre au moyen d'un tel système. L'on constate que les linguistes à l'instar de ceux suscités conditionnent l'existence d'une langue à celles des normes d'utilisation. Autrement dit, la combinaison des signes en vue de former des unités signifiantes, ne doit se faire que conformément aux grammaires qui gouvernent ces langues. Ferdinand de Saussure, père de la linguistique structurale n'affiche pas une lecture trop différente de celles qui précèdent. Mais, il précise tout de même que les structures qui organisent les unités linguistiques et les règles en systèmes signifiants sont générées par l'esprit humain, c'est-à-dire ; par le sens de la perception.

En d'autres termes, l'esprit humain dispose des mécanismes structurant qui facilitent l'utilisation de la langue selon la grammaire. Est cruciale à ses yeux, la différence entre langue et parole. Si la première est un système de signes socioculturels, la seconde par contre est l'utilisation individuelle de ces signes à des fins de communication.

D'un point de vue sociologique, une langue n'a d'existence que sociale. La socio linguistique prône les études des langues en relation avec les sociétés qui les utilisent. Ces relations sont émaillées d'influences réciproques. Dans ce sillage, Martinet définit le terme langue comme tout idiome remplissant la fonction sociale fondamentale : la communication et l'identification. Autrement dit, c'est au moyen de la langue que les acteurs sociaux échangent et mettent en exergue leurs idées, sentiments, émotions et pensées. Identification parce que c'est de par son double aspect individuel et collectif que la langue sert de marque identitaire desquant aux caractéristiques de l'individu, et de ses appartenances sociales. Par conséquent, les langues sont des objets vivants, soumis à de multiples phénomènes de variations, et les frontières entre elles sont considérées comme non hermétiques (Sciences de l'interprétation). Car, elles révèlent d'abord des pratiques sociales. Ainsi, chaque groupe a sa manière d'utiliser la langue en fonction des pratiques qui y ont cours.

Quelque soit l'approche définitoire, il apparaît que toute langue se veut d'abord un système de signes socialisés, appartenant à un groupe social précis et destinée à faciliter au moyen de la communication verbale nos idées, nos sentiments, nos idéologies, nos convictions. Dans un souci d'harmoniser la communication entre individus appartenant à un même bassin linguistique et culturel, les hommes adoptent un ensemble de règles, de conventions collectives devant gouverner les signes que ceux-ci ont en commun. C'est en raison de ce point de vue que toutes les langues codifiées et standardisées présentent aujourd'hui des supports de référence, partant des dictionnaires aux grammaires en passant par les littératures, encyclopédies et bien d'autres.

De nombreuses langues internationales à l'instar du français, de l'anglais de l'allemand, de l'espagnol ainsi que certaines langues africaines peuvent aujourd'hui être classées dans la catégorie sus-évoquée.

Retenons en guise de rappel que c'est depuis le 15e siècle que les européens se sont lancés à l'assaut de l'Afrique pour conquérir de nouvelles terres. L'Afrique cesse alors d'être un continent inconnu du monde dès 1400 (1983:80). Puisque la langue est le premier élément représentatif d'une culture, les européens vont à chaque passage laisser les traces linguistiques et culturelles qui leur sont propres. Le portugais, l'anglais, l'allemand et plus tard le français, présents en Afrique sont tous témoins de ce passage. Mais, l'Afrique n'était pas un continent dénué de langue, ce qui a laissé libre cours à une possible émergence des contextes de bilinguisme, de multi culturalisme et donc de formes nouvelles ou atypiques de codes d'expression, à l'instar du pidgin.

ChapitreI : APPROCHEDEFINITIONNELLE

ET GENESE DUPIDGIN

Ce chapitre consistera en une élaboration de la genèse et en une approche définitoire de la langue pidgin.

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