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Les contes et les mythes en pidgin : facteur d'éducation de l'enfant dans la société africaine traditionnelle dans la région du sud- ouest (BUEA)

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par Anne OBONO ESSOMBA
Université de Yaoundé I - Doctorat en littérature orale et linguistique 2014
  

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VI.1.3. La société globale

Lorsque l'enfant au sortir des entrailles protectrices de sa mère arrive au monde et dès qu'une fusion relationnelle principalement familiale le porte vers la possession de quelques bribes de notions et d'avoirs nécessaires dans ses premières relations avec l'autre, l'autre pris dans sa diversité et sa complexité, la seule réalité que l'enfant trouve en face de lui après sa classe d'âge est indubitablement la société globale.

Entendons par société globale, l'ensemble de ce qu'il est convenu de nommer « groupe social» ou groupe clanique pour s'accorder au contexte des clans africains c'est-à-dire: « l'ensemble de toutes les personnes vivantes ou défuntes qui se reconnaissent, un ancêtre commun » (P.Erny, 1968 :83).

Très tôt, l'enfant est appelé à prendre conscience de la société et du rapport qui le lie à elle. Progressivement, il réalise qu'il doit s'affirmer, se déterminer et s'y accomplir comme être à part entière. La société deviendra très vite le réceptacle où l'enfant trouvera des modèles de conduites, des compagnons pour sa marche vers la maturité mais aussi, le lieu où il devra poser ses marques pour imprimer son temps.

Il convient ici de réaliser que la société a dans son imagerie une conception bien particulière de la personne de l'enfant et des particularités dans l'éducation qu'elle entend donner à celui-ci.

VI.1.4.L'enfant dans l'imagerie de la société globale

Chaque peuple a sa propre conception de la personne même de l'enfant. Dans chaque imagerie, on lui donne tel ou tel pouvoir, on lui confère des origines et des provenances souvent colorées de couleurs mythiques et imaginaires. Mais, quoiqu'il en soit, il reste vrai que l'enfant est souvent un être exceptionnel.

Dans les sociétés africaines en général, l'enfant est dans l'imagerie populaire le sujet des discussions les plus vives avant même sa naissance. C'est dire qu'il est pensé, fantasmé dans les consciences et est attendu avec impatience.

Toujours dans cette imagerie, l'enfant dès sa venue au monde est considéré comme un ancêtre réincarné. C'est que: « dans la perspective spirituelle où se place l'Africain traditionnel chaque humain qui se présente est considéré comme un messager et une révélation de l'autre monde, du ciel, de la divinité» (P.Erny, 1968 :175). Dans le conte : Trahoré et le mauvais chef, la naissance de Trahoré né sous l'ongle de son père, le vieux chef déchu par le mauvais chef, fait suite à la requête que le vieux monarque déchu est allé faire auprès des ancêtres de sorte que, sa naissance et aussi plus tard, ses prodigues ne sont que les manifestations visibles d'un certain ordre supérieur, celui des ancêtres ;ces êtres aux connaissances et prodiges innombrables.

Pris dans cette perspective, l'enfant devient dans la société traditionnelle africaine la condition de toute union entre un homme et une femme. C'est dans ce sens que l'imagerie populaire africaine dira que : «  pour l'homme comme pour la femme, les enfants ont leur vie, leur bonheur. Ils sont le remède contre la mort » (Angelo B.1984 :21). Dans Trahoré et le mauvais chef, la naissance mystérieuse du jeune Trahoré est un remède, un soulagement, une catharsis à l'existence du vieux chef sans enfant parce que marié à une femme stérile.

L'enfant est dans la société traditionnelle africaine le moyen par lequel un homme se pérennise dans le temps. Il est l'élément de toute perpétuation de valeurs, des traditions et des techniques, de sorte que:« si vous voulez sauvez des connaissances et les faire voyager à travers le temps, disaient les vieux initiés Bambaras, confiez les aux enfants » (A.Hampaté Ba,1996 :9). De plus, posséder des enfants constitue une force non négligeable dans la production. Il n y a qu'a voir dans nos contes Les mauvais génies du champ de mi/ et Dylim's children l'aide que peuvent apporter, les enfants dans la production et au-delà comme dans L'orpheline et la veille femme, l'enfant peut apporter une aide dans la réalisation des tâches ménagères.

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