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Les contes et les mythes en pidgin : facteur d'éducation de l'enfant dans la société africaine traditionnelle dans la région du sud- ouest (BUEA)

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par Anne OBONO ESSOMBA
Université de Yaoundé I - Doctorat en littérature orale et linguistique 2014
  

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VI.1.4.1. Particularités de l'éducation de l'enfant dans la société globale

Considéré comme un être extraordinaire, portant en lui une part de connaissance de l'au-delà dans le monde réel, l'enfant, dans la société traditionnelle africaine, sera l'objet d'une éducation qui aura pour principales finalités de révéler cette part de mystère, de connaissance enfouie dans son être et surtout de s'en servir pour l'édification de la société dans son ensemble.

Outre cette révélation sur les spécificités de l'être même de l'enfant, la société traditionnelle africaine par l'éducation et la formation tend à systématiser les comportements et les socialiser, à accroître et à intensifier le caractère vital de ceux-ci. Ceci dans le but de fixer dans l'imagerie des enfants le sens de la vie sociale, la vie communautaire, principe hautement significatif de la représentation sociale de l'ère Africain.

Dans un premier moment, tout juste avant l'âge de l'initiation « 15à16ans » (A.Moumouni,1998 :28), l'essentiel des mécanismes d'éducation social sera fortement si non exclusivement lié aux mécanismes d'apprentissages sociaux que sont le profit de l'expérience des autres par l'observation et l'imitation.

Dans la société, les enfants apprennent, s'éduquent en observant l'entourage social ; en essayant tant bien que mal d'imiter tout ce qu'ils voient. Comme le montre à juste titre Bandura (1986) à travers l'apprentissage vicariants, les enfants profitent de l'expérience des autres membres ou composantes de la société chez qui ils essayent de trouver des modèles. C'est par exemple, par un ensemble d'échecs et de réussites des héros des contes que les éducateurs publics que sont les conteurs fixent dans la mentalité des enfants des comportements et les règles à suivre.

Parce que l'éducation dans la société africaine traditionnelle est une tâche communautaire, tout le monde sera amené à participer activement. L'autorité ne se résumera donc pas au cadre stricte de la famille. Aussi l'enfant: «  se verra très naturellement appelé et envoyé par un adulte ou un aîné, grondé, corrigé ou au contraire, consolé, vengé ou récompensé » (A.Moumouni,1998 :21.)

Dans le conte Dylim's children, c'est aussi naturellement que les paysans, qui s'étaient aperçus que les enfants de Dylim regardaient les oiseaux manger la récolte de maïs de Kfukfu (alors qu'ils avaient été chargés de les chasser), leur ordonnèrent de les chasser sans tenir compte du fait qu'ils n'étaient pas leurs enfants. A cet effet, la formule terminale de ce conte vient montrer cet aspect communautaire que doit avoir l'éducation dans la société traditionnelle: « if you maltreat another person's child you will maltreat your own without knowing » 23(*)

C'est inscrit dans ce cadre, que toute désobéissance de la part des enfants est proscrite car elle pourrait entraîner, outre la sanction du contrevenant, une désintégration de l'équilibre et de l'harmonie de la société. L'inceste auquel se sont livrés le jeune garçon et sa soeur dans le conte Frère et Soeur, s'inscrit dansce même ordre d'idées.

Dans le cas de l'inceste par exemple: «certains groupes demandent aux coupables de reprendre publiquement leur acte, d'autres les exposent nus, aux quolibets de toute la communauté » (S.C.Abega, 1985 :169) et aussi, la communauté est amenée à pratiquer un rite de purification pour laver la souillure engendrée par cet acte.

En plus de l'apprentissage social qui se manifeste par l'observation et l'imitation et aussi l'attention accordée par tous les membres de la communauté à la formation intellectuelle et sociale des enfants, l'éducation dans la société traditionnelle se fait dans le cadre d'une éducation formelle à travers les sociétés initiatiques qui avaient pour mission de préparer l'enfant (15 à16ans) à la vie adulte. Cette phase initiatique est nettement claire dans nos contes et mythes.

Dans The orphan boy par exemple, le jeune orphelin est entraîné dans une vaste entreprise qui l'amène à quitter son espace originel (le village) pour aller dans un espace irréel (le pays des enfers) à la recherche du tam-tam du village. Au cours de cette vaste entreprise, l'enfant devra non seulement compter sur lui mais faire aussi confiance au réseau interne et intuitif que constitue son être spirituel. Il devra aussi ouvrir son esprit pour se mettre au diapason de toutes les forces qui composent la nature afin de rentrer sain et sans dommage.

Dans le cadre de ces initiations, notons le, certains néophytes pouvaient mourir s'il s'averrait qu'ils avaient par malheur transgressé certaines lois (le cas de Ngo lipem dans le conte Bassa: La jeune fille désobéissante). Mais si par contre le néophyte se montrait courageux et charitable il rentrait de sa mission investit d'attributs d'homme et récompensé comme il se doit comme c'est le cas du jeune orphelin dans le conte The orphan boy qui fut élu Chief de son village pour avoir ramené le tam-tam du village du pays des enfers.

* 23 Cf. Annexe, conte : Dylim's children

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