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Les contes et les mythes en pidgin : facteur d'éducation de l'enfant dans la société africaine traditionnelle dans la région du sud- ouest (BUEA)

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par Anne OBONO ESSOMBA
Université de Yaoundé I - Doctorat en littérature orale et linguistique 2014
  

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VII.4.3. De la nécessité de promotion de la langue pidgin : une arme pour l'indifférenciation

La promotion de nos langues ne doit plus être un rêve sur lequel nous devons infléchir, en raison de ce que nous ne devons nous soustraire des balbutiements et des discussions vaines sur l'éternel débat quant à l'élection d'une seule et même langue, pour des besoins de communication et des nécessités de marquages identitaires. Nous nous devons d'asseoir les stratégies de développement, de sauvegarde et de promotion de ce qui fonde l'essentiel de notre existence en tant qu' « êtres au monde» inclue dans une perspective d'identification dans les multitudes des lieux ou d'espaces du monde. Si selon Wazi Bouazi (1982 :54) : « la culture est un défi à la nature et à la mort 1(*)43 », si la culture « is a protective enclosure . », la langue qui constitue le véhicule de la culture se doit d'être une arme de conquête pour un mieux être en ce monde.

Parce que comme le dit Edward Saïd (1993 :19) : « Nations are narrations. The powers to narrate or to block others narratives from forming and emerging, is very important to culture and imperialism . », la nation camerounaise doit créer une plate forme propice à l'initiation et la fécondation d'un discours sur elle-même et pour elle-même. Cette fécondation et cette initiation d'un discours personnel est l'une des phases remarquables et surtout nécessaire pour s'affranchir de la domination occidentale. La langue constitue un élément introductif dans la notion de « doubleness » qui perçoit un individu ou une nation en tant qu'identité et différence par rapport à un(e) autre. La langue est un facteur intégrateur dans le vaste monde mondialisé et dans le rendez-vous du donner et du recevoir ; rendez-vous auquel se nouent et se tissent toutes relations humaines et mondiales.

Parce que la langue est un moyen et un instrument de formation au développement, parce qu'elle nous soustrait de l'asservissement, de la domination ou de l'impérialisme culturel et de l'imitation servile à la culture occidentale, nous disons qu'une réflexion en droite ligne de l'application effective des recommandations, des lois concernant la question de l'enseignement des langues nationales, telle que mentionnée dans le colloque sur l'Identité Culturelle Camerounaise de 1985, les Etats Généraux de la Culture de 1991, les Etats Généraux de l'Education de 1995, la Constitution de la République du Cameroun de 1996, la Loi de l'Orientation de L'Education, devrait permettre de voir dans quelles mesure la langue pidgin peut être étudier par les étudiants et élèves aujourd'hui.

Entendu que l'ensemble des langues nationales se dénotent par leur nombre et leur multiplicité et peuvent difficilement être toutes enseignées, qu'au moins, les langues véhiculaires, parmi lesquelles le pidgin, le soient pour que soit promu une identité camerounaise. S'il faut reconnaître comme le dit si bien  Germain Loupet (1991 :60) qu':

 un homme de culture, tout comme une nation de culture est celui-là ou celle-là qui ne s'enferme pas dans sa seule culture, mais s'enrichit constamment par l'effort et l'accueil en elle-même d'éléments exogènes ; la culture [étant] avant tout disponibilité et ouverture à l'autre, donc enrichissement et dynamisme permanents . 

Il faut reconnaître l'utilité et l'importance de toutes les langues. Aussi, aucune d'elle n'est inutile, ou à jeter à la poubelle ou même encore, aucune d'elle ne doit être taxée d'être en marge des autres langues ou voire une langue arriérée ou barbare. Toutes sont belles et vivantes autant que le sont les populations qui les parlent, autant que l'est l'énorme réseau vivace cosmologique de l'univers humain.

* 143W. Bouazi, La Culture en question, Paris, Silex, 1982, p. 54.

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