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Les contes et les mythes en pidgin : facteur d'éducation de l'enfant dans la société africaine traditionnelle dans la région du sud- ouest (BUEA)

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par Anne OBONO ESSOMBA
Université de Yaoundé I - Doctorat en littérature orale et linguistique 2014
  

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I.2.1. Origine de l'étude du pidgin

Les études sur le pidgin commencent au début du 19e siècle (Meijer et Mysken 2009 :188). Selon ces chercheurs, la première personne qui entama ces études était Adolpho Coelho dans l'une de ses publications intitulée : « os Dialectos Romanicos ou Neo- Latinos na Africa, Asia es America » (Meijer et Mysken ibid. :191). Bien que d'autres chercheurs aient (Hugo Schuchardt & Hesseling : 2009, August Schleicher, Holm : 2000) développé des théories sur l'origine des Pidgins, ce terrain jusqu'à une époque n'était pas très fascinant et par conséquent pas très exploité. Romain (1988 :4) souligne cependant que Decamps (1971a :31) et les autres reconnaissent Schickhardt comme l'un des plus grand chercheurs en ce qui concerne l'étude sur le pidgin et le créoles. Schuchardt est reconnu pour son article intitulé : Kreolishe Studien. Dans cet article, l'auteur démontre que le pidgin et le créole sont des concepts très complexes qui résultent indépendamment des conditions sociales très particulières. Ils ont des systèmes grammaticaux sensiblement différents de ceux de leurs langues d'origine (Mc Whorther, 1997 :1).

Au cours des années 1950 lorsque le pidgin et les créoles furent établis comme discipline, ils n'étaient toujours pas un terrain prisé par des chercheurs, car le pidgin était toujours considéré comme la langue des esclaves qui fut introduite en Afrique par des esclavagistes. Pour aller dans le sens de ces différentes théories, Meijer et Muysken (2009 :189) soutiennent même que les différentes opinions sur cette langue étaient relatives à l'esclavage. Holm (2000 :1) asserte que, le pidgin a été en grande partie ignoré par les premiers linguistes ; non pas en raison de leur malentendu sur son identité, mais surtout parce que, il ne cadrait pas avec la définition puriste de la notion de langue. Les Européens croyaient à la tradition gréco-romaine de la rhétorique à savoir les belles lettres, le raffinement dans le langage à l'oral et à l'écrit, le respect de la norme syntaxique.

Par ailleurs, les linguistes considèrent, les langues comme des entités relativement stables et fixes et non comme de langues pouvant être « corrompu » (Holm ibid. : 2). Ceci explique pourquoi Jonathan Swift (1712 :15) cité par Jones et Singh (2005 :1) associent les variations linguistiques à la corruption linguistique, un processus qui selon eux devrait être réexaminé. Ils diront même à cet effet que: « I see no absolute reason why any language will be perpetually changing ». (Je ne vois aucune raison absolue pour laquelle une langue devrait connaitre des changements perpétuels).

Cette idée de Jones et Singh est cependant battu en brèche par Thomason et Kaufman (1988 :9) qui pensent que toutes les langues connaissent des mutations avec le temps car, une langue n'est pas une donnée statique, inerte, incapable de changement. La langue est vivante et pour cela, elle connait des variations suivant des époques ; elle évolue avec l'histoire. Le même argument sera évoqué par Campbell (2004 :291-20) qui défend sa position lorsqu'il soutient que le changement commence généralement par la variation et la variation est conditionnée par des différences sociales telles que l'âge, le genre, le statut sociale. Ceci revient tout simplement à dire que le changement d'une langue est inévitable.

Le terme «  pidgin » connait cependant plusieurs appellations. Il est considéré comme une langue «  anormale », « langue des illettrés », « broken english » pour certains, « bad english » pour d'autres. Ces multiples patronymes sont aussi vérifiables dans le cycle de vie de cette langue. Cycle qui est développé par Hall (2009 :171) lorsqu'il dit :

« « Normal » language does not have life cycle. A language is not an organism, but a set of habits handed down from one generation of speakers to another, so that the customary expressions « mother-tongue and « daughter language » are, at best, nothing but metaphor».

Pour l'auteur, le cycle de vie d'une langue normale dure aussi longtemps que la communauté qui la parle, car même lorsque les membres de cette communauté tendent à disparaitre, ceux qui restent s'accrochent à la langue parce que cela est une marque de leur identité. Par contre, le pidgin intervient pour un besoin spécifique et dure aussi longtemps que le besoin se fait encore ressentir et disparait aussi tôt une fois le manque comblé (Hall, ibid. : 172). Cette vision négative de la langue pidgin est aussitôt rejetée par Amadou Bissiri (2001 :771-782) lorsqu'il dit que : le cycle de vie d'une langue normal est changeant. Gisèle Prignitz (1998 :8) continue en ce termes : « une langue qui génère ses propres représentations, qui se reconnait dans sa forme et dans ses fonctions, qui suscite des discours sur le bien- fondé de ses normes est une vraie langue. Une vraie langue mérite d'être pise au sérieux ».

Toutcompte fait, l'on se rend compte que les origines sur l'étude du pidgin n'ont pas été pas très facile, pour la simple raison que les concepts sont très complexes et leurs conditions de naissance très particulières. Naissance qui nous amène à parler de la théorie sur les origines de cette langue.

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