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Détermination des contraintes à  la mise en oeuvre de l'approche par compétences dans les écoles normales d'instituteurs (ENI) : cas des ENI de Tahoua, Zinder et Maradi

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par Issa Evaristho MOUSSA
Institut Supérieur de Formation et de Recherche Appliquée (ISFRA)/Bamako - DEA 2014
  

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CHAPITRE VII : PROPOSITION DE SOLUTIONS

Afin de résoudre les problèmes majeurs qui entravent la mise en oeuvre des programmes de formation selon l'APC dans les ENI, nous suggérons la mise en place et le renforcement des actions suivantes par tous les acteurs concernés par la question :

7.1. Proposition à l'endroit de l'Etat

? Octroyer aux ENI de ressources conséquentes

Ressources financières d'abord pour permettre aux ENI de faire face aux dépenses de fonctionnement. Pour ce faire, une politique adéquate de financement sur fonds propres de l'Etat doit être adoptée. Cela permettra aux responsables du système éducatif de s'approprier le processus et l'ensemble de ses implications. D'ores et déjà, l'Etat peut commencer par relever de façon substantielle les subventions allouées à ces institutions pour faire face aux charges de fonctionnement, à l'organisation des stages, aux primes, à l'amélioration des conditions de vie et de travail du personnel et bien d'autres dépenses importantes. Présentement la subvention donnée à chaque ENI est de trois millions (3 000 000) FCFA par trimestre, ce qui est très dérisoire selon les enquêtés. Ce montant doit être multiplié par cinq (5) voir même par dix (10) si tant est que c'est la qualité de la formation des élèves-maîtres qui est recherchée.

Ressources documentaires ensuite parce que sans manuels pédagogiques de référence, la réforme ne saurait atteindre ses objectifs. Donc, il faut produire les manuels d'accompagnement de l'APC, mettre à la disposition des ENI et des écoles primaires les documents et matériel pédagogique et didactique en quantités suffisantes.

? Accroître le nombre des ENI et renforcer les capacités d'accueil des anciennes Au regard de la forte demande en personnel enseignant au niveau du système éducatif, il est nécessaire, en plus de l'accroissement du nombre des ENI dans le pays, de renforcer les capacités d'accueil de celles qui existent déjà en les dotant du matériel pédagogique et didactique nécessaire, en affectant un nombre suffisant d'encadreurs, en les équipant du matériel informatique adéquat, en apportant les moyens logistiques nécessaires (bus, véhicules tout terrain, motos cross) pour servir au déplacement des élèves-maîtres et du personnel dans les écoles de stage.

Il faudrait aussi construire et équiper dans chaque ENI le maximum de classes permettant de faire face aux effectifs pléthoriques d'élèves-maîtres (jusqu'à 80 élèves par salle de classe).

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? Accroître la responsabilité de l'Etat sur les questions touchant les domaines de l'éducation et de la formation

Une réforme ne doit être ni parachutée, ni conduite avec légèreté. Sa réussite dépend surtout du leadership avec lequel elle est conduite. Dans ce sens, il appartient aux pouvoirs publics de susciter un fort consensus autour de la question, tenant compte des choix et des aspirations des populations en matière d'éducation.

7.2. Proposition à l'endroit du Ministère de tutelle

? Renforcer la formation

Elle doit être au centre du processus de mise en oeuvre des programmes selon l'APC. Un accent particulier doit être mis sur la formation dans tous ses aspects et à tous les niveaux : la formation initiale, la formation continue mais également l'auto-formation.

La formation initiale des encadreurs doit correspondre aux missions qu'ils exercent sur le terrain. Pour ce faire, il faut une adéquation entre leurs profils et leurs emplois. Une remise à niveau constante est également nécessaire pour leur permettre d'être en phase avec l'évolution de la science et des pratiques pédagogiques.

L'auto-formation doit aussi être valorisée pour leur permettre non seulement de faire des recherches dans les centres de documentation et sur Internet mais également de valoriser l'interdisciplinarité et les travaux en UP.

Ces mêmes formations sont aussi valables pour les cadres des Directions centrales du Ministère de tutelle.

? Créer le corps de formateurs des écoles normales

Présentement dans les ENI, le profil du corps d'encadrement est divers et non clairement défini, ce qui constitue une insuffisance notoire.

Pour faire face à cette insuffisance, il est important de créer à l'Ecole Normale Supérieure (ENS) de l'Université de Niamey, un corps spécialisé de formateurs des ENI ayant pour mission spécifique la formation et l'encadrement des élèves-maîtres.

Cette formation universitaire pourrait être d'une durée de deux (2) ans pour ceux qui entreront avec la licence ou l'équivalent et d'une (1) année pour les titulaires de maîtrise ou de master 1 ou l'équivalent. L'objectif étant que la formation soit sanctionnée par le Master 2.

Nous estimons que cette solution sera un facteur de motivation et d'engagement qui permettra de stabiliser les encadreurs dans leurs fonctions afin que l'affectation dans les ENI ne soit plus perçue comme une punition ou un passage transitoire dans la carrière.

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? Rehausser la durée de formation dans les ENI et revoir le profil d'entrée des élèves-maîtres

Actuellement, la durée de la formation donnée dans les ENI est d'une (1) année pour

les instituteurs et de deux (2) ans pour les instituteurs-adjoints. Cette durée est jugée insuffisante au regard des multiples activités relatives à l'enseignement-apprentissage, aux différents stages, aux mémoires de fin d'études, etc. Pour ce faire, il y a nécessité de prolonger de deux (2) à trois (3) ans la durée de la formation pour les instituteurs-adjoints et d'une (1) année à deux (2) ans pour les instituteurs.

Pour la section instituteur-adjoint, les trois années sont réparties comme suit :

Première année

Renforcement des capacités des élèves-maîtres dans certaines disciplines de base

notamment le français et les mathématiques.

Deuxième année

Formation professionnelle et déroulement des différents stages.

Troisième année

Formation professionnelle, déroulement des différents stages et élaboration du

mémoire de fin d'études.

Pour la section instituteur, la répartition des deux années de formation est la suivante:

Première année

Renforcement des capacités des élèves-maîtres dans certaines disciplines de base

notamment le français et les mathématiques.

Deuxième année

Formation professionnelle, déroulement des différents stages et élaboration du

mémoire de fin d'études.

Sur la question du profil d'entrée des élèves dans les ENI, des critères rigoureux doivent aussi être définis.

Durant les années passées, beaucoup d'insuffisances ont été constatées dans l'organisation du test d'entrée à l'école normale. Il fut des moments où le Ministère était obligé de faire admettre même certains élèves avec une note de 3/20 au test d'entrée à l'école normale en vue de combler le nombre d'élèves programmé pour être formé.

Pour remédier à cette situation qui pourrait, à la longue, agir négativement sur la qualité de l'éducation, nous proposons :

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- d'instituer la note éliminatoire pour toutes les matières retenues pour le test d'entrée à l'école normale ;

- d'obtenir une note de 10/20 pour être déclaré définitivement admis au test d'entrée à l'école normale.

Ces critères sont aussi valables pour les élèves qui souhaitent être formés à l'ENI à titre privé.

? Equiper les ENI avec les moyens modernes de communication

A ce niveau, il s'agit de doter les ENI de matériel informatique adéquat et de les connecter à l'internet haut débit.

L'accès doit être gratuit au personnel et aux élèves-maîtres. L'objectif étant de les initier à l'outil informatique et de favoriser les recherches dans le cadre des activités pédagogiques.

? Renforcer le suivi et l'évaluation

La mise en oeuvre de la réforme doit faire l'objet d'un suivi permanent afin d'apporter des solutions aux problèmes quotidiens qui se posent aux encadreurs dans leurs pratiques de classe. Cela passe nécessairement par le renforcement des compétences des acteurs au niveau des Directions impliquées dans le pilotage de la réforme à travers une spécialisation ou des formations plus poussées sur les questions curriculaires, l'ingénierie de la formation, la planification en éducation, etc.

Le suivi à lui seul ne saurait être suffisant pour décider de la validation ou non de la réforme. Par conséquent une évaluation périodique annuelle s'avère aussi nécessaire.

C'est donc sur la base des résultats des évaluations réalisées que les autorités pourraient décider de généraliser la réforme, de la rectifier ou de l'abandonner au profit d'une autre.

? Assurer la cohérence dans le pilotage de la réforme

L'absence de cohérence qui caractérise parfois l'intervention des structures centrales du Ministère de tutelle dans les ENI nuit au processus de mise en oeuvre de la réforme. Pour éviter cet état de fait, la cohérence doit être recherchée à travers la clarification des rôles et responsabilités de la Direction des curricula et de l'innovation pédagogiques (DCIP) et de la Direction de la formation initiale et continue (DFIC).

7.3. Proposition à l'endroit des écoles normales

? Revoir l'organisation des stages

La concentration des stages qu'on constate présentement dans la formation à l'école normale, empiète sur le temps consacré à la finition des programmes. Donc il y a lieu de faire une répartition judicieuse des stages dans le temps, ce qui nécessite l'augmentation de la

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durée de la formation dans les ENI (3 ans pour les instituteurs-adjoints et 2 ans pour les instituteurs) et l'allocation de moyens conséquents.

Lors de ces stages, mettre à profit les enseignants chevronnés des écoles d'accueil pour l'encadrement des stagiaires et faire respecter le ratio de trois (3) élèves-maîtres par jour et par encadreur, ce qui permettra de suivre et d'évaluer l'élève dans plusieurs disciplines.

? Renforcer le suivi interne (suivi de proximité)

Pour assurer efficacement le suivi interne des activités pédagogiques (visite de classe,

interdisciplinarité, fonctionnalité des UP, etc.) au niveau de l'établissement, il faudrait :

- élaborer et adopter des textes qui clarifient les missions et responsabilités des DG et

des DE en matière de suivi ;

- clarifier la nature du suivi ;

- fixer la périodicité du suivi ;

- renforcer les compétences des DG, des DE et des responsables de stage.

Sur la base du suivi de proximité, des solutions pourraient être apportées par rapport aux insuffisances constatées dans les pratiques de classe des encadreurs notamment par rapport aux ressources pédagogiques et didactiques et par rapport à leurs besoins en formation continue.

? Privilégier l'évaluation des compétences des élèves-maîtres

La mise en oeuvre de la réforme des programmes dans les ENI n'a pas entraîné un changement au niveau du système d'évaluation. Les encadreurs continuent à appliquer les mêmes modes d'évaluation des acquis des élèves. Il y a lieu donc de les former davantage sur la question, de mettre à leur disposition les outils et le matériel nécessaire et de les encourager à aller vers l'évaluation des compétences des élèves-maîtres.

Au lieu des épreuves de type classique (questions/réponses), des situations d'intégration prenant en compte les différentes compétences enseignées doivent être privilégiées par les encadreurs.

L'appréciation des productions des élèves doit également se faire à travers des grilles de correction comportant des critères et des indicateurs précis.

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