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Le projet de politique de la migration de l'ONM: contraintes et perspectives.


par Carline JOSEPH
FASCH-UEH - Post gradué en population et Développement 2004
  

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LISTE DES TABLEAUX

1.2.-Taux d'activité selon le milieu de résidence....................................... .............26

2.2. -Taux de chômage de la population active ........................................................27

1.3.- Taux d'urbanisation selon les recensements de 50,71, 82 et 2003...........................32

LISTE DES ABREVIATIONS

AID/USAID : Agency for International Development

AMP : Aire Métropolitaine de Port - au -Prince

CTPEA  : Centre de Techniques de Planification et d'Économie Appliquée

EBCM : Enquête Budget Consommation des Ménages

FNUAP : Fonds des Nations Unies pour la Population

IHSI  : Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique

OIM  : Organisation International de la Migration

ONM  : Office National de la Migration

RGPH   : Recensement Général de la Population et de l'Habitat.

RGPL  : Recensement Général de la Population et du Logement.

PEA : Population Économiquement Active

SEP : Secrétairerie d'État à la Population

I.- INTRODUCTION

Haïti est connue comme un pays d'intenses mouvements migratoires. Cette grande mobilité de la population tient du désintéressement de l'État pour le contrôle du phénomène migratoire, mais surtout de la crise socio - économique que traverse le pays durant ces trente dernières années et qui ne permet pas d'assurer un équilibre satisfaisant entre croissance économique et croissance démographique.1(*) En effet, les migrations ont des répercussions sur le plan social, économique, politique et spatial. De plus, ce phénomène a une importance à la fois aux niveaux national et international.

Sur le plan national, les migrations internes constituent l'une des causes de la distribution inégale de la population à travers l'espace géographique et sont étroitement liées à l'urbanisation anarchique. Il en résulte l'explosion urbaine due à l'accélération de l'exode rural des jeunes vers les villes notamment vers l'Aire Métropolitaine de Port- au- Prince (AMP) qui exerce une forte pression sur les services de base tels que l'eau, l'électricité, les équipements de soins de santé et d'éducation. De même, elle fait augmenter le chômage urbain et entraîne des problèmes d'encombrement de pollution etc... Comme l'administration publique n'arrive pas toujours à fournir les services nécessaires à cause des déplacements trop rapides, il s'ensuit l'émergence des bidonvilles, la dégradation de l'environnement et une baisse généralisée du niveau de vie.

Sur le plan international, l'émigration des haïtiens a un impact sur la croissance des populations d'accueil. En ce sens, l'objectif de réduire les flux migratoires consiste en des rapatriements et des refoulements. Toutefois, dans notre pays, l'importance croissante du phénomène donne lieu à la vision innovatrice des flux migratoires internationaux. L'émigration des haïtiens vers les pays étrangers, par son apport direct ou indirect à bon nombre de familles, peut être considérée comme une soupape de sécurité. Cette sécurité est fonction de l'envoi des fonds qui peut être considéré comme des sources importantes de revenus. Par ailleurs, l'exode de cette population est responsable d'une forte réduction de la main d'oeuvre dans les milieux ruraux.2(*)

Or, les enquêtes concernant la migration interne montrent que la grande majorité des migrants proviennent des campagnes. De plus, celles relatives à la migration internationale, quoique rares, présentent à peine les caractéristiques de la diaspora haïtienne, puisque leurs qualifications et leurs conditions d'établissement ne sont pas relatées. Selon l'analyse sur l'émigration haïtienne présentée par le FNUAP dans le cadre du projet '' Investicacion Internacional de Latino America (IMILA)'' le déplacement des haïtiens vers les pays étrangers est surtout motivé par le désir de travailler. Cette étude révèle que les migrants se retrouvent dans les activités primaires, les industries manufacturières, les établissements financiers et le reste partage les activités non spécifiées et d'autres secteurs de l'industrie telles que l'eau, l'électricité. Une ventilation du total des migrants actifs montre que 23 % travaillent dans le secteur religieux, 25 % dans l'artisanat, 16,25% dans le secteur professionnel et technique, 20, 3 % dans le secteur agricole et 11, 6 % font des taches administratives agricoles etc...3(*)

En réalité les réglementations relatives aux déplacements tant à l'intérieur que vers l'extérieur du pays exigent, dans une certaine mesure, la rétention des individus à leurs lieux d'origine. Dans la pratique, le manque de moyens et de dispositifs transitoires explique le non - respect des dispositions légales. Dans cette optique, on peut donc se demander dans quelle mesure un projet de politique migratoire pour Haïti peut être efficace et efficient?

Ces informations ci - dessus montrent bien la nécessité de doter le pays d'une politique migratoire explicite, instrument de gouvernabilité du phénomène. C'est pourquoi, en l'an 2000, l'Office National de la Migration (ONM) avait proposé un projet de politique migratoire qui s'appuie sur deux facteurs : le développement local, vecteur de la rétention des habitants aux lieux d'origine et  le retour des émigrés haïtiens vivant dans les pays étrangers, un des acteurs du développement national.

Notre travail s'inscrit dans ce contexte et s'intéresse au contenu et à la mise en oeuvre de ce document qui doit devenir l'instrument de contrôle et de gestion des courants migratoires.

Dans cette optique, notre travail comporte deux parties qui seront respectivement divisées en trois et deux chapitres:

La première partie sera consacrée à l'analyse de la migration haïtienne''. L'étude s'articulera autour de trois chapitres.

- Le premier sera consacré aux aspects méthodologiques.

- Le deuxième présentera les relations entre la migration et l'économie. A ce niveau, les caractéristiques de la société haïtienne seront privilégiées.

- Le troisième exposera la dynamique de la population en Haïti et ses caractéristiques.

La deuxième partie traitera de l'applicabilité de la politique nationale de la migration de l 'ONM. A cet effet :

- Le quatrième chapitre abordera le projet de politique migratoire de l'ONM. A ce niveau la teneur, les arrangements institutionnels, les programmes et actions prévus seront présentés.

- Le cinquième s'intéressera à l'applicabilité de cet instrument au regard de la réglementation haïtienne.

Viennent enfin les conclusions et les recommandations en termes d'éléments clés pour le renforcement du projet de la politique nationale de la migration.

* 1 Banque Mondiale. 1998. Haïti : le défis de la lutte contre la pauvreté (version préliminaire). Page 12

* 2 New York, Nations Unies. 1990. Monographie sur les politiques de population : Haïti. Page 4.

* 3 FUNAP , 1999, Rapport sur l'émigration des haïtien vivant en terre étrangère 37

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