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Le projet de politique de la migration de l'ONM: contraintes et perspectives.


par Carline JOSEPH
FASCH-UEH - Post gradué en population et Développement 2004
  

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CHAPITRE I

ASPECTS METHODOLOGIQUES

1.1.- Approche théorique

Plusieurs chercheurs ont réalisé des études afin d'émettre des opinions qui sont apparues dans la littérature. Ils ont essayé d'expliquer les migrations et pour rendre compte de manière plus précise de ces phénomènes, ces auteurs ont élaboré des théories et des approches qui ont influencé la recherche. En ce sens, la migration interne et l'émigration des haïtiens vers l'étranger sont tributaires, à notre avis, de cinq théories et de deux modèles.

La première est la théorie '' répulsion attraction (Push- pull theory). Selon Boroswski et al (1994), cette théorie remonte à Lee (1966) et prend comme point d'ancrage l'inégalité générale et les différences dans les opportunités de migrer qui peuvent se présenter à chaque individu. Elle est centrée sur le fait que les gens migrent en réponse à une combinaison de facteurs d'attraction et de répulsion sur le plan social, économique et politique.

La deuxième concerne les théories structurelles qui présentent une explication de la cause de l'émigration. Selon Borowski et al (1994) qui se réfère á Papademetriou (1988 : 237) , les mouvements internationaux de population sont une composante durable du paysage économique, social et politique. Ces théories perçoivent la migration comme structurellement déterminée; c'est- á - dire les pays sont reliés par des flux et des contre - flux de population, ainsi que des relations économiques, politiques entre pays, qui découlent des systèmes de migration. Les structures peuvent inclure le mouvement capital vers les pays moins développés par les sociétés multinationales á la recherche des avantages de la main - d'oeuvre bon marché.4(*)

La troisième est la théorie de l'équilibre où la fonction des migrations serait celle de décomprimer certaines régions surpeuplées de développement insuffisant pour fournir une main - d'oeuvre à d'autres plus développées. (Germani Gino 1965, Eisentadt 1956). Le souci général du développement et des moyens pour remédier au sous - développement a trouvé sa formulation la meilleure dans la variante latino-américaine de la modernisation. En effet, la dichotomie ville campagne à été soulignée et utilisée pour expliquer les difficultés d'ajustement que les hordes de migrants ruraux ont rencontré en déferlant sur les grandes villes'' incapables '' de s'adapter aux possibilités d'emploi fourni par une économie urbaine en expansion et au mode de vie citadin.

La quatrième est la théorie de la mise en oeuvre qui donne une explication de l'efficacité de la politique. Cette théorie se réfère aux études réalisées par les spécialistes américains et les politologues allemands dans une tentative d'éclaircissement de leurs préoccupations pour la mise en oeuvre, vers les années 60 et 70. Ils ont tous montré á travers divers exemples qu'il existe une différence entre fonctions législatives et fonctions exécutives. D'après la perception des acteurs, l'élaboration d'une politique se distingue de sa réalisation. Pour eux, il y a une différence selon que les services de mise en oeuvre trouvent leur légitimation dans l'observation stricte d'un programme légal ou qu'ils se considèrent comme agissant avec un certain pouvoir discrétionnaire où même comme essayant de réaliser des objectifs politiques.5(*) Ils avancent que la structure de mise en oeuvre influe sur le champ d'action et les objectifs fixés pendant la phase d'élaboration de la loi.

La cinquième est la théorie constitutionnelle qui place la loi - mère á la tête de la hiérarchie des lois. Pour pouvoir mieux étudier l'efficience, nous estimons qu'il vaut mieux faire appel au positivisme juridique. Le positivisme a été marqué par Kelsen, dans son ouvrage «la formation du droit par degré». Pour lui, la valeur juridique d'une règle s'apprécie d'après sa conformité avec la règle fondamentale de système juridique donné et avec les règles constitutionnelles.

Pour étudier les déplacements des ruraux vers les villes, nous faisons appel au modèle de Todaro (un exemple de modèle de l'exode rural en Afrique). A travers ce modèle, Todaro pose comme hypothèse de travail que tout migrant potentiel du milieu rural décide de migrer en ville ou de ne pas migrer en se fixant implicitement comme objectif la maximisation du revenu qu'il espère obtenir.

C'est la combinaison et l'interaction de deux variables : la disparité de revenu effectif entre la ville et la campagne et la probabilité d'obtenir un emploi urbain qui détermine le rythme et l'ampleur de l'exode rural en Afrique.

Le modèle montre dans quelles conditions l'écart de revenu ''escompté'' entre la ville et la campagne peut aggraver le chômage urbain.6(*) En fait, l'auteur montre comment la migration est un facteur qui engendre des problèmes. Il déclare que l'excès de main d'oeuvre occasionne le chômage et le déséquilibre croissant entre le rural et l'urbain.

En dernier lieu, nous pensons que la décision de migrer des individus vers un autre pays est fournie par le modèle d'immigration à deux pays. Ce modèle proposé par Borjas (1989) est très simple. Il comporte deux fonctions de salaire des résidents du pays d'origine (1) ou du pays d'accueil (2) et une troisième fonction index (3) déduite des deux premières qui s'expriment par les relations suivantes :

Log W0 = X d0 + e0 (1)

Log W1 = X d1 + e1 (2)

I = Log { W1 / ( w0 + C)} = { X ( d1 - d0) - p } + ( e1 - e0) ( 3)

Dans ces trois relations, X représente les caractéristiques démographiques observables (âge, éducation....), d0 (d1) les taux de rémunération de ces caractéristiques ( X) dans les pays de départ ( pays d'accueil), W0 (W1) les salaires des individus du pays d'origine (Pays d 'accueil), e0 ( e1) le vecteur des caractéristiques non observables des individus dans chaque pays. On suppose que e0 ( e1 ) a une distribution normale de moyenne nulle et de variance S02 ( S12). Par ailleurs, e 0 et e1 sont indépendants de X, mais, e 0 et e1 sont corrélés entre eux avec r pour coefficient de corrélation. C représente le coût de la mobilité entre le pays d'origine et celui d'accueil, et p = C/ W0 est une mesure de '' l'équivalence temporelle'' des coûts de migration.

Techniquement, W0 et W1 peuvent être définis en termes de la valeur actuelle des profils de salaire d'un individu dans chacun des pays de résidence potentiels et non pas uniquement les salaires et une quelconque année donnée. En effet, c'est la comparaison des ''revenus permanents'' de ces pays de résidence potentielle qui détermine le comportement migratoire. Par ailleurs, les coefficients d0 et d1 représentent les taux de rémunération de chaque caractéristique X dans chaque pays (exemple le taux de rémunération d'une année additionnelle d'éducation). Xd0 et (Xd1) sont le salaire moyen espéré par une personne ayant les caractéristiques X et choisie par hasard dans chaque pays. On sait que par construction, cette personne a une moyenne nulle pour les caractéristiques non observables.

L'hypothèse fondamentale est que la migration est guidée par la comparaison des revenus à travers les pays, et que la maximisation du revenu est une condition nécessaire mais non suffisante pour la maximisation de l'utilité. En effet, d'autres critères moins visibles sont parfois pris en compte pour décider de migrer : c'est le cas de la politique, de la criminalité et autres ...

A la lumière de ces théories nous abordons notre travail.

Venons - en maintenant aux concepts importants.

* 4 Ayeko Appolinaire TOSSOU Conséquences démographiques économiques de l'immigration internationale dans les pays développés et plus particulièrement en Amérique du nord 1998, sL, pp15-16

* 5 Cf. Sabatier/ Mazmanian, Can Regulation work? The implementation of the 1972 California Coastal initiative, New York, Plenum, 1983

* 6 Picouet, M. 1974. « Les migrations » Sources et Analyse des données démographiques.3 éme partie, Édition partielle, p.42

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