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Dynamique des paysages végétaux autour d'une ville moyenne et sa périphérie. Cas de Meiganga (de 1987 à  2015)

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par Issouhou MOUHAMAN
Université de Ngaoundéré - Master 2015
  

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Questions spécifiques

· Quel est l'état des paysages végétaux à Meiganga et dans sa périphérie ?

· Quelles sont les pressions exercées sur les ressources végétales dans et autour de cette ville ?

· Quelle est l'influence de ces pressions sur la répartition des paysages végétaux autour de Meiganga ?

CONTEXTE SCIENTIFIQUE

À la suite de la recherche documentaire, nous avons constaté que plusieurs auteurs ont mené des études sur la dynamique des paysages végétaux à diverses échelles de temps et d'espace (références bibliographiques), c'est dans cette logique que nous ferons une ébauche de leurs écrits tout en les regroupant selon leur courant de pensée.

La commune de Meiganga est une zone presque inexplorée sur le plan scientifique d'où l'accès difficile aux données sur cette dernière. L'essentiel des données sur cette zone est l'oeuvre des enquêtes de terrain, des données recueillies dans le Plan Communal de Développement de la commune de 2013 et des corrélations faites avec des études menées ailleurs (pays étrangers) dans le but de se démarquer de celles-ci.

L'étude de la dynamique des paysages végétaux repose sur l'adoption d'une méthodologie bien précise et c'est dans ce sens que divers procédés sont utilisés.

· Le site et les critères de choix

Le choix du site s'inscrit parmi les priorités et se fait en fonction de l'accessibilité, la représentativité, les orientations des populations et des autorités administratives (Abdelgader, 2011 ; Ndjeuto, 2012).À ces critères, s'ajoute la richesse de la biodiversité (Wafo Tabobda G., 2010 ;Djoufack-Manetsa V., 2011), la disponibilité des données cartographiques notamment les cartes, images satellites, et/ou photographies aériennes, les spécificités du couvert végétal, l'état des connaissances géographiques,l'intérêt écologique de la zone (Ondo Assoumou,2006 ; Aoudou, 2010). De la même manière que des paramètres conditionnent le choix du site, il en est de même pour le choix de l'échelle temporelle.

· L'échelle temporelle

L'échelle de temps, à l'instar de l'échelle spatiale obéit à des principes circonscrits. Ce choix peut dépendre de la disponibilité des données, l'intégration des faits historiques (guerre civile, vaste campagne agricole, boom démographique, surpâturage, feux de brousse, etc.) Elle peut être de 11ans (Akakpo et al1995-2006), de 25ans (Wafo Tabobda G. 1976-2001) de 32ans (Abddelgader 1979-2011) de 50 ans, voire plus (Djoufack-Manetsa V. 1951-2002) et ceci pour un souci de perception des changements en fonction de la thématique traitée et des différents acteurs qui interviennent.

· Utilisation de l'imagerie satellite

La dynamique des paysages est étudiée à l'aide des outils qui ne cessent de se développer au même titre que les nouvelles techniques de l'information et de la communication, ainsi que les énormes progrès observés dans l'imagerie satellite et l'acquisition des photographies aériennes avec des résolutions de plus en plus précises. On part ainsi des images couvrant d'immenses surfaces des centaines de km2 à des images sur lesquelles les détails sont observables en occurrence les images Spot, avec une fauchée de 60 km, répondant à des analyses à échelle régionale. Par ailleurs, leur résolution spatiale de 20 m x 20 m et de 10 m x 10 m en mode multispectral permet de reconnaître les signatures des objets, de différencier le sol de la végétation, d'évaluer l'état de la végétation et des cultures (Aoudou, 2010). Cette résolution est réduite au fil du temps (2,5m - 5m pour les images spot 5 en 2002, depuis 2012, spot 6 fournis des images de 1,5m de résolution)1(*).

Traitant de la Quantification de l'évolution du couvert végétal dans la réserve forestière de Laf-Madjam au Nord du Cameroun par télédétection satelliteen 2004, Wafo Tabobda G. op cit affirme que les données de télédétection ont permis d'analyser le couvert végétal et son évolution dans cette réserve entre 1976 et 2001.

· L'analyse diachronique

Grâce à l'évolution des méthodes de la science en générale et de l'utilisation des photographies aériennes et images satellites en particulier, des procédés tels que l'analyse diachroniqueont vu le jour et ses résultats de plus en plus pertinents sont utilisés par les décideurs. Ainsi, Akakpo et altraitant del'étude de la dynamique prospective de l'occupation du sol des aires classées du Bénin en 2006, voient en cette méthode un moyen permettant de favoriser la lecture des changements spatiaux. Avec des images satellitaires Landsat ayant une résolution de 30m, ceux-ci ont pu apprécier l'évolution de la dégradation du couvert végétal des écosystèmes de leur zone d'étude. Il en résulte quedans un ordre décroissant, les savanes arbustives et arborées, la mosaïque des champs et jachères puis les forêts claires et savanes boisées sont les unités les plus contributrices à la dynamique de l'occupation des écosystèmes forestiers au Bénin. Une situation qui se traduit clairement par une nette réduction de la superficie des formations naturelles au profit des formations anthropiques à l'échelle d'une décennie. Djoufack (2012) adopte une approche autre que la précédente. En effet,l'analyse se fait à l'échelle de la saison des pluies. Pour ce faire, elle constitue deux échantillons comprenant les cinq années les plus récentes (1998-2002) et les cinq années les plus anciennes (1987-1991) de la période. La prise en compte de ces sous-périodes plutôt que des deux années extrêmes (1987 et 2002) permet de réduire la sensibilité des résultats aux années extrêmes et donc de conserver un signal tendanciel robuste. C'est la même raison qui motive la prise en compte des médianes de chaque sous-période de cinq ans plutôt que des valeurs moyennes. Par ailleurs, l'étude diachronique de l'occupation du sol au travers d'une classification hiérarchique pseudo dirigée de trois images satellites Landsat, a permis à Wafo Tabobda G. de faire une analyse multidate couplée aux données cartographiques et aux relevés de terrain pour mettre en évidence les états successifs du couvert végétal et pour analyser l'évolution de ce dernierentre 1976 et 2001.

· La mise en place des placettes

Les placettes sont des surfaces délimitées en vue de procéder à l'inventaire floristique de celles-ci. C'est ainsi qu'en fonction de certains critères comme le nombre d'espèces en présence, le relief, les outils, etc., les dimensions peuvent varier d'un chercheur à l'autre. Pour Boubakar (2010) cité par Abdelgader (2011),la méthodologie porte d'une part sur la disposition de placettes rectangulaires de 50m x 40m. Ceci le long de transects allant du centre du village vers la brousse pour effectuer des relevés floristiques. Les espèces sont donc inventoriées et caractérisées par leurs recouvrements et leurs paramètres dendrométriques. D'autre part, une enquête ethnobotanique menée auprès des villages a permis de reconstituer l'historique (dynamique) de la végétation ligneuse, les espèces disparues, menacées, locales, introduites, à introduire et enfin leur utilisation. Quant à Ondo Assoumou (2006), l'atteinte de son but a nécessité l'utilisation de deux types de collecte de données: le premier repose sur les données de terrain. Pour ce faire, deux modes d'inventaires ont été utiles. L'un, basé sur l'observation visuelle de la végétation et l'autre est dit inventaire systématique via un mode d'échantillonnage basé sur des transects le long desquels, des placettes de 10 m x 10 m ou 20 m x 20 m permettent d'effectuer des relevés. Pour des herbacées, l'aire minimale retenue est de 4 m2. Les relevés sont également effectués sur des surfaces échantillons de 25 m sur 25, qui permettent de mesurer certains paramètresnotamment les strates, le recouvrement, l'inventaire floristique, le type de formation végétale. Ce qui permet d'établir une liste des espèces végétales permettant de ce fait d'apprécier la diversité floristique de la zone (Tiendrebeogo, 2013), ou alors exclusivement des placettes de 20 x 20 sont utilisées, ainsi que des relevés ponctuels disséminés sur l'ensemble de la zone d'étude (Aoudou, 2010 ; Ndjeuto, 2012).

· Facteurs d'évolution

Cet aspect se subdivise en deux grands ensembles. D'une part, nous avons les facteurs anthropiques et d'autre part les facteurs naturels. Cependant, une troisième tendance associant les deux types de facteurs est de plus en plus répandue et utilisée pars divers auteurs (Abah M. 1984, Bazile D. 1998, Bessat C. 1996, Levrel H. 2007, Ondo Assoumou, 2006, Abdelgader, 2011).

- Les facteurs naturels

La végétation étant le reflet du climat, le premier volet naturel de la dynamique des paysages concerne les conditions climatiques qui peuvent fluctuer avec le temps. En effet, le climat global varie incessamment à toutes les échelles de temps ; temps profond géologique (centaine à dizaine de millions d'années), temps du Quaternaire (million d'années), temps de la préhistoire et de l'histoire humaines (dizaine de milliers à millier d'années), temps de l'époque actuelle (centaine à dizaine d'années), selon des oscillations irrégulières continues enchaînant des périodes, des stades et des phases plus ou moins longues de chauds et de froids relatifs plus ou moins intenses. La période interglaciaire actuelle de réchauffement a débuté il y a une douzaine de milliers d'années, à la fin du Würm, dernière période glaciaire2(*). Dans la même logique, Wakponou en 2004 fait remarquer que « les oscillations paléoclimatiques quaternaires ont eu un effet indéniable sur le couvert végétal. Il est cependant difficile de distinguer en l'état actuel des situations, les conséquences qui leur sont imputables de celles émanant des activités anthropiques », car chaque formation végétale est liée à des conditions bioclimatiques et morphopédologiques particulières.

- L'action de l'Homme

Les différentes interventions de l'homme sur la modification des paysages constituent les facteurs anthropiques. Dans ce répertoire s'inscrivent les pratiques telles que le déboisement, le surpâturage, les feux de brousse, etc.

Akakpo et al,op cit, relèvent plusieurs formes d'activités qualifiées de facteurs de pressions: l'écorçage, le passage des troupeaux, la fabrication du charbon, l'exploitation du bois et l'agriculture. Aoudou en 2010, classe l'intervention de l'homme en deux groupes. Elle peut être directe «par destruction ou modification volontaire des paysages végétaux, par apport d'espèces cultivées ou introduites, ou par propagation d'espèces indigènes utiles ».Elle peut aussi être indirecte et résulter par exemple des pratiques de l'élevage d'animaux ou de l'agriculture et des feux de brousse qui s'inscrivent dans le temps et dans l'espace. La Mission d'expertise pour l'étude des feux de brousse et leur utilisation dans le cadre d'une gestion raisonnée des aires protégées du Complexe WAP, conduite par Grégoire J-M et al, réalisée dans le Parc du W : Burkina Faso, Bénin et Niger, ressort que les feux de brousse constituent un élément clé de la dynamique des paysages de savane des régions soudaniennes et peuvent être considérés selon les zones écologiques concernées, soit comme un fléau contre lequel il convient de lutter, soit comme un véritable outil de gestion, dont l'utilisation raisonnée permet de maintenir ou d'entretenir certains types de paysages.

Letouzey, en 1968 dans les tentatives d'explication de la configuration actuelle des paysages végétaux de l'Adamaoua introduit les facteurs biodynamiques qui comprennent deux composantes, notamment la présence des populations Gbaya, cultivatrice du manioc et la présence de l'élevage bovin, pratiqué par les Peuls avec surcharges locales des herbages, de même, l'action des feux annuels de renouvellement des pâturages, ou des feux de chasse, s'ajoutant à l'action directe du bétail.

Au vu des écrits antérieurs sur la thématique de l'évolution des paysages végétaux réalisés par nos prédécesseurs, nous nous proposons d'utiliser une méthodologie presque similaire à la leur, notamment les enquêtes de terrain couplées à l'utilisation des outils de la télédétection (images satellites et photographies aériennes) afin de réaliser une étude diachronique et jauger l'ampleur du phénomène que nous étudions. Nous nous démarquerons via une zone d'étude quasi inexplorée, l'administration du questionnaire basée sur une recension des activités ayant un impact direct ou indirect au préalable, afin de traiter de la perception des populations villageoises sur l'évolution des paysages végétaux et les différents facteurs.

CADRE CONCEPTUEL

Pardynamique,ilfautentendrelecomportementd'unorganismeoud'ungrouped'éléments évoluantdansletempsetdansl'espace. Le dictionnaire Larousse désigne ce mot comme ce qui est relatif au mouvement, d'où ses nombreux emplois dans les domaines de la physique (dynamique des fluides, dynamique moléculaire, etc.). Dans le cadre de cette étude, ce terme est utilisé dans un domaine précis qu'est la végétation. Il s'agit donc d'appréhender l'évolution spatiotemporelle du couvert végétal dans, et à la périphérie d'une ville.

Périphérie : Le mot périphérie vient du grec « peripheria » qui signifie circonférence. Plus généralement, la périphérie désigne une limite éloignée d'un objet ou d'une chose3(*). Conceptualiser ce terme revient à l'associer au centre, d'où l'expression centre-périphérie. Le concept centre est considéré comme un des plus importants en économie spatiale et en géographie. Le dualisme centre-périphérie est évoqué dans les contextes les plus variés et même avec des significations les plus diverses. L'idée de centre évoque une position privilégiée. C'est également un lieu de forte concentration de population, d'activités économiques, de culture et de pouvoir (Huriot et al, 1995). La juxtaposition centre-périphérie n'est pas sans effet. Elle se matérialise par des divergences, des asymétries, des phénomènes de polarisation et de domination.

L'utilisation de ce concept remonterait à Karl Marx pour résumer les relations entre la ville et la campagne. Toutefois, sa signification contemporaine doit beaucoup aux théoriciens des inégalités qui contribuèrent à sa diffusion dans le courant des années soixante. Au début des années 80, Alain Reynaud développe ce concept en géographie et définit le centre et la périphérie par rapport à un système territorial sans pour autant donner à ces derniers une signification géométrique : le centre n'est pas au milieu d'un espace ni la périphérie reléguée aux marges. Le centre se caractérise par la concentration, en un lieu, d'une certaine masse de population, de fonctions économiques, d'activités de production et de services, de richesses. Il est doté d'une capacité d'innovation et de créativité. Bénéficiant d'une grande accessibilité, il est un lieu très attractif. Par les polarisations qu'il engendre, il est un puissant moteur de l'intégration territoriale. Toutefois, la dissymétrie des échanges est à la base de cette intégration. Avec des niveaux de vie moins élevés, la périphérie, souvent enclavée et isolée, envoie des flux migratoires massifs vers le centre. Elle est dépendante, subordonnée et se décline toujours en négatif par rapport au centre. Sa faiblesse principale tient de l'absence d'autonomie en matière décisionnelle (Cattan, 2006). Dans le même sillage, les ressources nécessaires à faire du centre un lieu attrayant viennent inévitablement de la périphérie.

Certains économistes considèrent la périphérie comme une métaphore désignant les pays sous-développés par opposition au centre qui fait référence aux pays développés et c'est alors que la triade États-Unis, Union Européenne et Japon est considéré comme le centre du monde au regard de leur pouvoir décisionnaire ainsi que de leur niveau de développement.

Dans notre contexte, cette notion fait référence aux alentours de la ville. En fait, nous définissons un périmètre d'environ 900 km²(30 x 30 km) autour du centre urbain que nous considérons comme périphérie.

Paysage : le dictionnaire Larousse le définit comme une «étendue de pays qui s'offre au regard ». Ce concept occupe une place extrêmement importante dans beaucoup de disciplines, notamment en géographie, agronomie, écologie, littérature, etc.

L'intérêt accordé à ce concept par les disciplines a donc entrainé sa compréhension sous diverses formes. C'est ainsi qu'on parle de paysage naturel, historique ou antique, paysage idéal, paysage politique ou paysage audiovisuel.

Pour nous en Géographie, le paysage est avant tout un «objet, un élément physique, quelque chose de matériel». Notre intérêt est de comprendre et d'interpréter l'objet que nous voyons et non d'interpréter ce que nous ressentons à partir de l'objet que nous voyons. En géographie, le paysage doit être étudié suivant trois dimensions.

La première dimension est une vision horizontale. L'observation se fait à l'oeil nu. Cette observation est donc «de face» les pieds au sol. La deuxième dimension est une observation «du dedans». Celle-ci est plus complète que la première, car avec cette approche on ne se contente plus de constater ou d'admirer, mais on va désormais collecter l'information à partir des unités paysagères (transects, placettes). Enfin, la troisième dimension est une vue «du dessus». Cette vision est plus large, car l'échelle d'observation est plus importante et permet d'embrasser une plus grande étendue. Elle permet par ailleurs d'individualiser l'organisation spatiale de chaque type de végétation par rapport à l'ensemble (Ondo Assoumou, 2006).

Le concept de paysage fait ainsi référence aux différents paysages végétaux, formations végétales qu'on retrouve dans notre zone d'étude. Il s'agit en l'occurrence des savanes, de la forêt-galerie et de la forêt claire.

- Savane :Étymologiquement, elle correspond à une formation végétale intégrant une composante ligneuse et une composante herbacée. Les savanes se définissent également comme des écosystèmes globalement caractérisés par deux saisons contrastées, des sols à faible fertilité et par des ressources végétales, pastorales et forestières soumises à une pression anthropique et à des feux fréquents (Aoudou, 2010).

Une nomenclature des types de végétation de l'Afrique a été élaboréelors d'une réunion qui s'est tenue à Yangambi en août 1956 en République Démocratique du Congo (Guillaumet et al, 1975). Elle comporte plusieurs sous-ensembles en fonction de la taille des espèces et du taux de recouvrement. Ainsi, on distingue la savane herbeuse, la savane arbustive, la savane arborée et la savane boisée.

· La savane herbeuse est une savane uniquement composée de graminoïdes annuelles et vivaces, dont la hauteur est généralement comprise entre 0,8 et 3 m, avec un taux de recouvrement inférieur à 10%. On y retrouve également des arbustes dont la taille est inférieure ou égale à celle des herbacées.

· La savanearbustive est composée d'arbustes et graminées dont la taille est comprise entre 5 et 10 m et dont le recouvrement des strates est inférieur à 5%. Sa présence est généralement associée aux pressions anthropiques, en plus des facteurs morphoclimatiques.

· La savane arborée est constituée d'un couvert herbacé continu et des arbres, plus ou moins régulièrement distribués d'une taille supérieure à 5m, et le un recouvrement allant de 5 à 30 %.

· La savane boiséecomporte de nombreux arbres et arbustes répartis confusément sur l'ensemble du territoire. Elle est composée d'étendues à dominance herbeuse et d'îlots boisés plus ou moins denses. La taille des espèces est supérieure à 5 m et le taux de recouvrement de la strate est compris entre 35 et 75%.

- La forêt claireest une forêt à canopée ouverte de hauteur moyenne (8-25 m), à houppiers4(*) plus ou moins jointifs et au feuillage relativement clair, sans véritable strate ligneuse intermédiaire, mais avec un tapis herbacé continu, parcouru occasionnellement par les feux de brousse. Son taux de recouvrement atteint les 90%.

- La forêt-galerie est une végétation dense, constituée de ligneux qui bordent les cours d'eau et les lacs. La densité des ligneux et la diversité spécifique de cette formation sont importantes au point qu'elle se rapproche de celle des forêts denses humides.

Ville : Définir la ville, délimiter ses contours, mesurer cet « univers urbain en expansion » et suivre son évolution spatiale dans le temps est un des problèmes redoutables auxquels se trouve confronté tout chercheur travaillant sur cet espace complexe (RahimA., 2009).

À la complexité de la diversité des points de vue sur la ville, s'ajoute la difficulté de délimiter ses contours qui sont devenus de plus en plus flous dans l'espace et dans le temps. La ville a été longtemps définie par opposition à la campagne en faisant souvent référence à une limite brutale ville/campagne. Aujourd'hui, cette dichotomie n'est plus d'actualité : « les murs d'enceinte qui séparaient deux mondes aux lois distinctes ont partout disparu. L'élévation des niveaux de vie et le développement des transports ont affranchi les citadins de la nécessité d'habiter un périmètre bien circonscrit, bâti en continuité. Des activités et des résidences se diluent dans des zones naguère franchement rurales. Statistiquement, ces nouvelles formes d'urbanisation sont de plus en plus difficiles à saisir » (Le Gléau et al. 1996). Ainsi, le clivage ville/campagne, urbain/rural s'estompe de plus en plus et on se trouve en face d'une autre réalité beaucoup plus complexe : les espaces périurbains. Ces espaces mixtes offrent le sentiment d'être à la fois en ville et en campagne et posent un problème d'identité, car on ne sait plus si on est en ville ou en campagne. (Rahim, op cit.)

Le classement administratif des villes (petites, moyennes et grandes) obéit à des éléments tels que la taille de la population, la qualité des infrastructures, les activités économiques, la superficie dédiée à l'espace urbain, etc. En retenant la taille de la population, on note qu'elle varie en fonction des pays. En effet, elle va de 200 habitants pour le Danemark à 50 000 habitants pour le Japon. Toutefois, une définition statistique internationale de la population a été déterminée lors de la conférence de Prague en 1966 et le nombre de 20 000 habitants a été retenu par les Nations unies. En fonction des différents paramètres sus-évoqués, Meiganga se classe parmi les villes moyennes du pays.

La ville est ainsi considérée comme un centre, un pôle de développement et ses limites fixées à la base par l'autorité administrative sont généralement en divergence avec la réalité. L'actualisation des documents de planification permet de définir des zones urbaines, au-delà desquelles l'implantation des habitations est en marge de la loi. Les paramètres que nous retenons sont les limites de l'espace urbanisé et la distance entre les agglomérations et le centre urbain.OBJECTIFS DE LA RECHERCHE

* 1http://www.geo-airbusds.com/fr/233-images-satellites-spot

* 2Encyclopédie kiwix

* 3 Encyclopédie kiwix

* 4 Le houppier désigne l'ensemble des parties aériennes d'un arbre, à l'exception de la base du tronc (le fût). C'est donc l'ensemble constitué des branches, rameaux et le feuillage d'un arbre.

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