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Dynamique des paysages végétaux autour d'une ville moyenne et sa périphérie. Cas de Meiganga (de 1987 à  2015)


par Issouhou MOUHAMAN
Université de Ngaoundéré - Master 2015
  

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Objectif principal

L'objectif principal de cette étude est la protection de l'environnement en montrant l'évolution des paysages végétaux ces vingt-huit dernières années dans la ville de Meiganga ainsi qu'à sa périphérie afin d'en tirer des leçons et d'orienter les décideurs.

Objectifs spécifiques

En guise d'objectifs spécifiques, il sera question de :

· Dresser un état de lieux des paysages végétaux dans et autour de la ville de Meiganga.

· Caractériser la dynamique des paysages végétaux dans et autour de cette ville en nous intéressant à l'évolution spatiotemporelle de la couverture végétale au sein de cette ville, de même qu'à sa périphérie entre 1987 et 2015.

· Montrer les facteurs d'évolution du couvert végétal.

HYPOTHÈSES DE RECHERCHE

Hypothèse principale

L'hypothèse principale est que les activités anthropiques telles que l'aménagement du territoire et l'agriculture ont entrainé une évolution régressive des paysages végétaux dans la ville de Meiganga et sa périphérie

Hypothèses secondaires

· Les paysages végétaux dans la ville de Meiganga et sa périphérie sont constitués d'une part, d'une végétation anthropisée et d'autre part des savanes herbeuses, savanes arbustives, savanes arborées, savanes boisées, forêts claires et des forêts-galeries.

· L'évolution des paysages végétaux dans la ville et sa périphérie s'est faite dans l'ensemble d'une façon régressive.

· La démographie importante et le développement des infrastructuresont impulsé une conquête des territoires pour des raisons de logement et le développement de l'agriculture au détriment du couvert végétal.

· CADRE GÉOGRAPHIQUE

La ville de Meiganga est située entre 6,42° et 6,61° de latitude Nord et 14,14° et 14,43° de longitude Est. D'après les limites communales de 2013, l'espace urbain de Meiganga couvre une superficie de 375,33 km² et l'espace urbanisé quant à lui occupe 11,61 km². Le village Nganhi marque la borne Nord de l'espace urbain, au Sud c'est le village Bounou, l'Est et l'Ouest sont limités par les cours d'eau Yoyoet Matou(figure 1).

Figure 1. Localisation de la zone d'étude

MÉTHODOLOGIE

En vue de pouvoir infirmer ou confirmer nos hypothèses, une méthodologie bien déterminée a été élaborée et c'est ainsi qu'une démarche, une méthode et des outils se sont avérés indispensables.

La démarche que nous adoptons est celle dite hypothético-déductive qui consiste en l'énumération des hypothèses en vue de les confirmer et/ou les infirmer à l'issue du travail de recherche.

Afin de mieux cerner la dynamique du couvert végétal, nous avons jugé bon de définir un périmètre ou zone d'influence de la ville sur sa périphérie et c'est ainsi que nous avons choisi cinq villages se trouvant dans les 900km2 autour du centre urbain et deux sites près de la ville, d'où le choix de Bounou, Meidougou et Dokolim au Sud, Nganhi plus connu sous le nom de Roblin et Bounou au Nord de la ville, le long de la Nationale N°1. En effet, deux transects ont été effectués à partir de la limite du centre urbain, du moins, à la limite de l'espace urbanisé ; l'un de 2km à l'Est et l'autre de la même distance à l'Ouest, visant d'une part à identifier les espèces rencontrées à proximité et d'autre part, avoir une vue d'ensemble sur la ville ainsi que vérifier s'il existe des espèces typiques des hautes altitudes (à l'Ouest de la ville, sur le mont Ganga à 1115m).

D'une manière générale, le travail s'est effectué en trois étapes : la recherche documentaire, les enquêtes de terrain et le laboratoire.

· La recherche documentaire

Nous avons commencé par la bibliothèque de la FALSH en vue d'y trouver des anciens mémoires, thèses, diplôme d'étude approfondie (D.E.A) ayant trait à notre thème, de même qu'à Anthropos pour le même but, ainsi qu'à la bibliothèque centrale de l'Université pour consulter d'autres écrits. Des recherches ont aussi été menées sur internet et pour finir, auprès de la Mairie et des délégations (agriculture, forêts et faunes, habitat et développement urbain, aménagement et urbanisme) de l'arrondissement de Meiganga.

Au final, les données exploitées ont été dans l'ensemble, les livres, les mémoires, thèses de doctorat, articles, D.E.A, rapports, encyclopédies, dictionnaires et documentaires. Les lieux de recherche quant à eux concernent les services de l'université (bibliothèques, anthropos, AUF), les recherches sur internet et la descente sur le terrain (enquête, délégations et Mairie).

· Les enquêtes de terrain

Elles se sont déroulées en trois phases à savoir la pré-enquête ou enquête exploratoire du 7 au 13 mai 2014 afin de prendre contact avec les Chefs de village et se rapprocher de certains services administratifs (mairie et délégations). Par la même occasion, obtenir des « données primaires ».

Une seconde descente a été faite pendant le mois d'octobre 2014 durant lequel nous avons enquêté cinq villages et les services administratifs, ceci afin de pouvoir récolter les données de manière plus approfondie.

Une troisième descente en août 2015 afin de compléter certaines données manquantes notamment sur l'inventaire floristique au sein de la ville, l'identification des points de vente de bois et la prise des photographies.

· La collecte des données

L'obtention des données a pu être possible grâce à l'administration d'un questionnaire à un échantillon de la population pour les données socioéconomiques, et de multiples descentes sur le terrain pour ce qui est des données biophysiques notamment les types de sols et les relevés floristiques.

- Le questionnaire

Il a été élaboré sur la base des informations obtenues de la pré-enquête ou phase exploratoire ainsi que des connaissances acquises à l'issue de la recherche documentaire. C'est ainsi qu'il a été élaboré suivant une nouvelle méthode dite « approche par corps de métier » subdivisée en plusieurs sections parmi lesquelles les métiers susceptibles d'agir directement ou indirectement sur la dynamique des paysages végétaux. Ainsi, grâce aux questions posées, cet instrument nous a permis d'avoir une panoplie d'informations entre autres la perception des populations sur l'évolution des paysages végétaux ainsi que les facteurs d'évolution de la végétation ces vingt-huit dernières années.

- La méthode d'échantillonnage

Sur la base des informations recherchées, nous avons opté pour un sondage aléatoire simple visant tout d'abord à estimer le nombre de ménages à la suite des entrevus avec le Chef de la localité, ensuite définir un intervalle appelé « le pas » qui correspond au nombre de ménages qui sera traversé avant d'enquêter un autre ménage. Ce fut le procédé utilisé pour les villages fortement peuplés à l'instar de Nganhi, Meidougou et Dokolim.Le pas considéré dans ces villages était compris entre 5 et 15.Enfin, dans les villages faiblement peuplés (Bounou et Bardé), nous avons procédé au porte-à-porte. Cependant, des exceptions ont été faites dans la mise en pratique de ces méthodes et ce, dans le but de pouvoir remplir tous les corps de métiers figurant sur le questionnaire ayant un lien direct ou non sur l'évolution des paysages végétaux.

- Le profil de l'enquêté

Les personnes à enquêter étaient les personnes des deux sexes (masculin et féminin) exerçant dans un ou plusieurs corps de métier recensés, ayant plus de 20ans, dotées de raison, résidantes dans le village et disposées à répondre à nos questions.

- Administration du questionnaire

L'administration du questionnaire s'est faite avec l'accord du Chef du village ainsi que des autorités en place (la police à Meidougou et Nganhi). L'aide d'un facilitateur endogène (un habitant du village jouant le rôle de guide et quelquefois d'interprète) a été très importante pour l'obtention d'informations fiables.

- Les entrevues

Elles se sont déroulées à la phase exploratoire avec les Chefs des cinq villages, ainsi qu'avec les autorités administratives. Durant la deuxième descente, des entrevues plus longues ont été refaites avec ces autorités ainsi qu'avec d'autres.

Nous nous sommes ainsi entretenus avec le Délégué des forêts et faunes, le délégué de l'environnement et de la protection de la nature, le Second Adjoint au Maire en l'absence du Maire, le Secrétaire Général des services de la Mairie ainsi que les Chefs de villages.

- Les relevés floristiques

Dans notre travail, nous nous intéressons uniquement aux ligneux5(*) constitués d'arbres, d'arbustes, d'arbrisseaux, ainsi que des sous-arbrisseaux. Un tel choix s'explique par le fait que les ligneux constituent l'un des éléments de base de l'écosystème savanicole et sont d'une importance économique pour les populations locales (Aoudou, 2010). D'où la mise en place des placettes de 20 x 20m2 et la réalisation des transects dans le but d'effectuer des relevés ponctuels.

· L'acquisition des images satellites et Radar

Les images satellites ont été obtenues via le téléchargement à l'internet ( www.usgs-glovis.com et www.earthexplorer.com) ainsi qu'au département de géographie notamment pour les images et photographies aériennes des années antérieures (1994).

Le téléchargement de celles-ci nécessite au préalable l'adresse de l'image qui couvre notre zone. En effet, toute la surface du globe est couverte par les images satellites et une adresse est donnée sous forme de « Path »et  « Row ». Les « Path » font référence à la longitude et les « Row » à la latitude. Nous avons donc utilisé Google Earth via un fichier KML qui montre la surface que couvre chaque scène et son adresse (annexe 10). Cet outil nous a permis d'obtenir l'adresse de notre zone d'étude (Path : 184Row55etPath 184 Row 56) pour ensuite rechercher les images satellites.

Les images Radar (SRTM), indispensables pour les opérations d'extraction des cours d'eau, délimitation du bassin versant, élaboration de la carte de pentes et extraction des courbes de niveau ont été obtenu sur le site internet http://glcf.umd.edu/data/landsat/.

· Le laboratoire

S'agissant des méthodes utilisées pour le traitement des données recueillies, certains logiciels nous ont permis d'effectuer cette tâche.

- Microsoft Word utilisé pour la saisie et le traitement du texte.

- Microsoft Excel, pour la saisie et l'analyse de données obtenues après dépouillement des questionnaires et fiches de collecte, la réalisation des différents calculs, la production de graphiques (histogramme, diagramme et camembert) et création de tableaux dynamiques croisés.

- Microsoft Publisher pour la réalisation des schémas méthodologiques.

- Microsoft Office Picture manager et XnView 1.9 nous ont été utile pour le traitement des photographies afin d'avoir une meilleure visibilité (contraste, luminosité, correction du gamma, rognage, etc.).

- Quantum Gis 2.10a permis de concevoir et/ou actualiser des cartes, et de calculer les superficies de chaque classe d'occupation du sol via l'extension « groupstats » téléchargeable directement dans la liste des extensions de Qgis.

Cette application nous a également permis de convertir le système de projection initial du rendu des classifications supervisées de WGS 84 zone 33 Nord en WGS 846(*), pour une harmonisationdes couches ; aussi bien celles issues de l'application ENVI 4.7 que celles utilisées pour cartographier la zone, ainsi que les coordonnées prises sur le terrain. Une opération qui permet de limiter les erreurs au niveau de l'échelle et du cadre alloué à la grille des coordonnées lors de la mise en page d'une carte.

- Le traitement des images Landsat a pu se faire grâce à l'application ENVI 4.7 via les opérations de mosaïque et de classifications non dirigées en définissant le nombre de classes voulu et laisser le logiciel les créer automatiquement. La différence du résultat de ce procédé, très souvent en divergence avec la réalité nous amène à la classification dirigée (figure 2).

Figure 2. Méthodologie de traitement d'images satellites

- Le logiciel Adobe Illustrator Cs, utilisé afin d'effectuer des mosaïques de certaines photographies aériennes et obtenir des images couvrant une surface plus importante.

- Sous Google Earth, nous avons procédé à l'exploration, à la délimitation et à l'enregistrement de notre zone d'étude. Les différentes couches d'informations créées dans ce logiciel ont par la suite été exportées en fichier KML7(*) utilisable par QGIS.

- EGMD (Easy Google Map Downloader) a servi à télécharger l'image aérienne de notre zone d'étude (annexe 5) à partir des coordonnées géographiques (extrême supérieur gauche et extrême inférieur droit), inscrit dans l'interface du logiciel ainsi que le niveau de zoom voulu (pour l'image de notre zone nous avons choisi le zoom 18).

Le traitement de l'image radar (SRTM) de notre zone a permis d'extraire automatiquement les cours d'eau et de délimiter le bassin versant de Yoyo, dans lequel Meiganga est au centre ; ceci, grâce au logiciel Global Mapper. Une vérification de ces résultats sur l'image Google Earth a permis d'ajuster la position de certains cours d'eau et d'exporter les modifications faites sous format KML exploitable par Qgis pour finaliser la carte.

A. Image Radar (SRTM)

B. Extraction automatique du cours d'eau et délimitation du bassin versant

C. Vérification sur Google Earth

D. Cartographie sur Qgis

Planche 1. Étapes de réalisation de la carte du bassin versant de yoyo

· Les outils

Surleterrain,nousavonseubesoindedeuxtypesdematériel. D'une partceluinousaidantàcollecterdesdonnéeset d'autre partceluiutilisé pour assurernotresécuritéetnouspermettredeparcourir lessites visités.

Ainsi, pour réaliser ce travail, il était nécessaire d'utiliser :

- Un appareil photo numérique pour la prise de photos.

- Un ruban métrique servant àmesurer la circonférence des plantes,

- Unemachettepoursefrayeruncheminlorsdelaréalisationdestransectsetpour faire une entaille pour la photographie de la couleur et du type de tronc pour chaquearbre.

- Une ficelle de 80m segmentée en quatre segments de 20m utilisée pour délimiter les placettes.

- Un GPS utilisé pour relever les coordonnées géographiques des placettes, des photos et faire le Tracking8(*) des transects

D'une manière générale, la méthodologie utilisée fait intervenir deux aspects fondamentaux à savoir l'enquête de terrain et la télédétection (figure 3.).

Figure 3. Schéma de la méthodologie générale adoptée

INTÉRÊTS

Ce travail présente tout d'abord un intérêt méthodologique dans la mesure où il met en exergue une approche de collecte, de traitements et d'analyse de l'information autour d'une ville en vue d'analyser l'évolution des paysages végétaux dans une ville moyenne et sa périphérie sur une période de vingt-huit ans. L'intérêt de ce travail est également appliqué ; car les résultats qui en découleront pourront être utilisés par les aménageurs notamment dans la prise en compte des aspects environnementaux.

ORGANISATION DU MÉMOIRE

Notre travail est structuré en deux parties et quatre chapitres :

Ière Partie : GÉNÉRALITÉS SUR LA ZONE D'ÉTUDE

Chapitre 1. Présentation de la zone d'étude

Ce chapitre sera consacré à présenter la commune de Meiganga dans ses différentes aspérités. Ainsi, il sera question pour nous de parler de son organisation, son cadre socio-économique et ses caractéristiques physiques.

Chapitre 2.Les paysages végétaux de Meiganga et sa périphérie

Il s'agira pour nous de présenter de manière détaillée les différentes formations végétales que l'on retrouve dans et autour de la ville de Meiganga.

IIème Partie. ÉVOLUTION DE LA VÉGÉTATION

Chapitre 3.Évolution des paysages végétaux de Meiganga et sa périphérie

Le thème de recherche traitant sur une période de 28 ans, l'analyse diachronique nous permettra de mieux observer l'évolution des paysages végétaux autour de Meiganga via divers procédés parmi lesquels des comparaisons entre les images satellites.

Chapitre4.Facteurs d'évolution des paysages végétaux

Il s'agira dans ce chapitre de ressortir les différents facteurs et processus qui ont contribué à l'évolution des paysages végétaux à Meiganga ainsi qu'à sa périphérie.

Ire Partie. GÉNÉRALITÉS SUR LA ZONE D'ÉTUDE

Chapitre 1.  Présentation de la zone d'étude

Chapitre 2. Analyse des paysages végétaux

Cette partie vise à présenter d'une manière générale le cadre d'étude dans ces différentes aspérités. C'est ainsi que d'une part, nous montrerons le cadre administratif, socio-économique et organisationnel de la ville de Meiganga et de quelques localités en occurrence les villages les plus proches dans la mesure où ceux-ci sont directement influencés par les mutations orchestrées par le centre urbain (Chapitre 1). D'autre part, un accent particulier sera mis sur la végétation qui présente à nos yeux un intérêt particulier afin d'en ressortir les principales caractéristiques (Chapitre 2).

* 5Une plante ligneuse est une plante qui fabrique en grande quantité de la lignine, molécule donnant àla plante sa solidité. Encyclopédie Kiwix.

* 6WGS 84 (World Geodetic System 1984 : Système géodésique mondial, révision de 1984) est le système géodésique associé au GPS ; il s'est rapidement imposé comme une référence pour la cartographie. (Encyclopédie Kiwix).

* 7KML (Keyhole Markup Language) que l'on peut traduire par "langage à base de balises géolocales", est un langage basé sur le formalisme XML et destiné à la gestion de l'affichage de données géospatiales dans les logiciels Google Earth, Google Maps, Google Mobile et World Wind.

* 8 Le Tracking est une opération qui vise à enregistrer la trajectoire parcourue en effectuant le transect. Les informations enregistrées par le GPS sont spatialisées et projetées sur un logiciel de cartographie comme Qgis et même sur Google Earth.

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