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Aide au développement peut-elle aider l'Afrique noire à  se lancer au développement durable?

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par Jean-Paul Jean-Paul NABONA BISIMWA
Université Libre dà¢â‚¬â„¢Uvira et des Grands Lacs, ULUGL en sigle - Master complementaire  2012
  

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Chapitre deuxième

LES FONDEMENTS DE L'EFFICACITE DE L'AIDE

EXTERIEURE

« L'aide étrangère est la composante centrale du développement mondial »
Hollis B. Chenery, New York Times (1er mars 1981).

« Nous, les experts, n'avons que faire de la hausse du produit intérieur brut en tant que telle. Elle nous tient à coeur parce qu'elle contribue à améliorer le sort des pauvres et à en diminuer la proportion dans la population. Elle nous tient à coeur parce que les personnes moins pauvres peuvent manger davantage et acheter plus de médicaments pour leurs enfants... Le bien--être des prochaines générations des pays pauvres dépend du succès de notre quête de la croissance »

William Easterly, The Elusive Quest For Growth (2001).

Pourquoi aider les pays pauvres ? Comment l'aide internationale se justifie-t-elle?

Quels sont les principaux fondements de l'efficacité de la politique d'aide au développement ? Comment l'aide internationale peut-elle favoriser le développement des pays pauvres ? Comment évolue la pauvreté dans le monde après plus d'un demi-siècle de politique de développement axée sur l'aide internationale ? La politique d'aide internationale est-elle toujours bien accueillie?

Deux paradigmes se sont toujours opposés à propos de l'aide internationale : l'un lui assigne le rôle de financer les « investissements efficients » pour promouvoir le développement dans les pays pauvres; tandis que l'autre lui confère le rôle de « transferts redistributifs » pour corriger les injustices et inégalités entre les Nations. Il existe bien évidemment une remarquable disparité dans les dotations en richesse des Nations. De ce point de vue l'aide se justifierait par une réallocation des ressources destinée à corriger l'injustice dans les dotations initiales entre les économies, et à permettre aux pauvres de vivre mieux. A cette vue statique, s'oppose l'approche dynamique de l'aide au développement. Selon cette dernière approche, l'aide doit viser l'augmentation du revenu dans les pays pauvres et les amener à s'auto suffire.

En effet, «Il vaut mieux apprendre à un homme à pêcher que de lui donner du poisson » (Confucius). La Banque Mondiale soutient la thèse angélique selon laquelle l'aide internationale est la politique à mener au niveau mondial pour favoriser la croissance économique dans les pays pauvres et éliminer la pauvreté. Cette vision de l'aide, aussi noble qu'elle puisse paraître, ne fait pourtant pas consensus. D'abord parce que les faits semblent réfuter cette thèse. Plus d'un demi-siècle d'aide internationale n'a pas réussi à éliminer la pauvreté dans le monde. Ensuite, certains auteurs, d'inspiration marxiste, dénoncent l'aide, en laquelle ils voient une nouvelle source d'exploitation du Tiers-monde, par l'ex colonisateur. Depuis le tournant du nouveau siècle, cette vision manichéenne de l'aide a laissé la place à l'analyse empirique de l'efficacité de l'aide extérieure. Dans la section 1, on examine les fondements théoriques statiques de la justice et de l'efficience de l'aide internationale. On montre que l'aide est une politique visant à corriger l'injustice dans les dotations en ressources entre les économies. Elle peut en outre générer des améliorations au sens de Pareto du fait notamment de l'existence de biens publics mondiaux. Dans la section 2, on analyse théoriquement l'efficacité dynamique de l'aide. On montre qu'en finançant les investissements dans les pays pauvres, l'aide peut y promouvoir la croissance économique et ainsi conduire à éliminer la pauvreté dans le monde. Après plus de cinquante ans d'aide, la pauvreté a-t-elle baissé? C'est ce qu'on étudie dans lasection 3. Les analyses sur l'évolution de la pauvreté mondiale, très controversées, ne permettent pas de dégager une réponse claire à cette question. Le résultat de cinquante ans

d'aide au développement vis-à-vis de l'objectif de réduction de la pauvreté est ambigu. Ceci nous amène à considérer dans la section 4 les critiques à l'encontre de la politique d'aide au développement.

Section1 : Aide internationale, justice et efficacité

L'inégalité dans les dotations entre pays est tout à fait manifeste. Certains pays sont dotés de terres arables, de ressources naturelles, ... alors que d'autres doivent consacrer de gros efforts à leurs sols pour les rendre cultivables. Les pays pauvres, vulnérables, sont le plus souvent touchés par des catastrophes naturelles (raz de marée, sécheresse, ...). De ce fait, si l'on cherche dans la théorie économique ce qui peut justifier l'aide internationale, on est amené à considérer les théories économiques de la justice: Rawls (1971, 1996), Sen A. (1980, 1999), Fleurbaey (1996), Roemer (1996, 2000), ... Malheureusement les critères de justice sont tous problématiques et débouchent sur des politiques de redistribution contestables. Les économistes préfèrent détourner le problème en invoquant l'altruisme des plus nantis et l'amélioration du bien-être de tous : l'aide serait alors une politique pour générer des améliorations au sens de Pareto.

1. L'altruisme, le besoin de justice et l'aide internationale

Des principales caractéristiques des institutions de l'aide internationale, on peut citer, quoique à des degrés différents, l'altruisme et le besoin de justice. Comment l'aide se justifie-t-elle à partir de ces deux principes?

1.1. Altruisme et aide internationale

On peut admettre que si une préoccupation d'aider les pays pauvres existe, c'est que les pays « riches » sont altruistes. Il existe plusieurs façons de formaliser l'altruisme. Pour simplifier, nous considérons qu'à partir d'un certain niveau de bien-être, la consommation supplémentaire devient une nuisance lorsqu'elle se fait au détriment des autres. Supposons qu'il existe deux pays A et B (représentant par exemple le Sud et le Nord), et que leurs courbes d'indifférence dans la boîte d'Edgeworth ont l'allure suivante:

Figure I--14 : Altruisme, redistribution et amélioration au sens de Pareto

L'utilité du pays A augmente classiquement jusqu'au point C où elle atteint un maximum. Passé ce point, toute consommation supplémentaire le fait passer sur un niveau d'utilité inférieur. Il en est de même pour le pays B qui atteint un niveau de saturation lié à son altruisme au point A. Les points de tangence des courbes d'indifférence au nord*est de C et au sud-Ouest de A, respectent

l'égalité des TMS sur la courbe des contrats, mais ne sont pas des optimums au sens de Pareto. Seuls les points entre A et C sont des optimums de Pareto. Cette situation est représentée à droite sur la courbe des possibilités d'utilité. Le pays B a un maximum d'utilité en A, il a en E le même niveau d'utilité qu'en F. En E il consomme plus de biens qu'en F mais compte tenu de son altruisme, son utilité reste inchangée. Elle est identique à celle en F.

Ce simple cadre de réflexion nous permet de montrer que l'aide au développement peut se trouver justifiée par le principe de l'efficience parétienne. Si l'allocation internationale des ressources est en E, une réallocation qui fait passer de E à F (transfert de ressources du pays B vers A) est une amélioration au sens de Pareto. L'utilité du pays A augmente et laisse celle du pays B inchangée. Dans ces conditions, seule la partie AC de la courbe des contrats et/ou de la CPU est optimale. L'aide internationale peut viser à atteindre ces points. On a là une justification de l'aide internationale fondée sur l'altruisme et le critère de Pareto. Les situations de pauvreté extrême (nord-est de C et sud-ouest de A) peuvent sans doute expliquer un altruisme interétatique. Les engagements des pays riches à consacrer une partie de leur revenu (0,7% du PIB) à l'aide aux pays pauvres peuvent s'expliquer ainsi, par l'altruisme. Une autre justification de l'aide internationale peut se trouver dans le besoin de justice.

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