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Aide au développement peut-elle aider l'Afrique noire à  se lancer au développement durable?

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par Jean-Paul Jean-Paul NABONA BISIMWA
Université Libre dà¢â‚¬â„¢Uvira et des Grands Lacs, ULUGL en sigle - Master complementaire  2012
  

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Section 2 : Aide, croissance économique et lutte contre la pauvreté

Dans la section précédente, on a vu que la croissance économique dans les pays pauvres qui augmente la richesse globale, génère des améliorations au sens de Pareto. S'il y a donc une politique à mener dans ce sens, elle pourrait faire objet de consensus. Dans un premier temps, on présente l'importance pour le revenu des pauvres d'une croissance économique soutenue à long terme. On montre ensuite que l'aide peut permettre d'atteindre un tel objectif, et conduire à l'élimination de la pauvreté dans le monde.

Figure I--17 : Aide, croissance économique et amélioration au sens de Pareto

La croissance économique dans les pays pauvres peut permettre à l'humanité de faire face à certains défis majeurs comme la pauvreté, la migration, l'insécurité et le terrorisme. L'exil économique et la criminalité sur le plan mondial sont intrinsèquement liés à la pauvreté dans les pays en développement. La lutte contre la pauvreté peut être envisagée comme un « bien public » que la communauté internationale doit financer. Cette lutte ne peut passer que par l'augmentation du revenu dans les pays pauvres. Promouvoir la croissance économique dans les pays du Tiers-monde devient alors une nécessité ; et le moyen proposé pour y arriver est le financement de l'investissement dans les pays pauvres à partir de l'aide au développement. Se pose la question de savoir comment l'aide favorise-t-elle la croissance économique et si la croissance économique réduit réellement la pauvreté?

1. Effets bénéfiques de la croissance économique pour le revenu par tête moyen à long terme

Barro et Sala-i-Martin (1996) soulignent dans la célèbre introduction de leur livre, les conséquences à long terme d'une petite différence de taux de croissance économique. Pour évaluer la répercussion sur de longues périodes des différences des taux de croissance, on peut se référer à l'exemple suivant relatif à trois pays africains. En 1960, le Botswana, la Zambie et le Zimbabwe avaient des niveaux de revenu par tête similaires : 650$ pour la Zambie, 467$ pour le Zimbabwe, 313$ pour le Botswana. Remarquons toutefois que le revenu par tête zambien représentait plus du double de celui botswanais. Ces trois pays se situent dans une même zone géographique. Entre 1960 et 2005, le Botswana a connu un taux de croissance moyen de 6,44% ; celui du Zimbabwe est 0,42% et la Zambie -0,91%. La figure ci-dessous présente l'évolution de leur indice de PIB par habitant de 1965 à 2005.

Figure I-18 : Le Botswana: début d'un miracle en Afrique?

La croissance économique a permis au Botswana de multiplier son PIB par habitant moyen par 16,58 sur la période 1960-2005. Celui du Zimbabwe avec un taux de croissance de 0,42% n'a été multiplié que par 1,2 et celui de la Zambie a régressé. Il a été multiplié par 0,66. Le revenu par tête au Botswana vaut en 2005 plus de 12 fois celui zambien dont il valait moins de la moitié il y a moins de 50 ans. Et ceci à cause de leur différence de croissance. Supposons que les trois pays maintiennent ces taux de croissance économique pendant cent ans; c'est-à-dire jusqu'en 2060. Le tableau ci-dessous présente les estimations du revenu par tête pour les trois pays.

Tableau I-7 : Effets de différents taux de croissance économique

Dans 50 ans environ, le revenu par tête au Botswana sera voisin de 160000$. Il vaudra alors plus de 4 fois le revenu moyen par tête des Etats-Unis aujourd'hui (37000$). Le Botswanais moyen sera alors 4 fois plus riche que l'Américain moyen l'est aujourd'hui. Alors que le revenu par tête zimbabwéen qui croît au taux de 0,42% ne sera que 710. Mais, si au lieu de ce taux (6,44%), le revenu par tête au Botswana croissait de 5,44% ; c'est-à-dire 1% de moins que le taux de croissance actuel, en 2060 le PIB par tête au Botswana vaudrait environ 62500$ ; c'est-à-dire pratiquement le tiers du montant de la prévision précédente. Ainsi, même une petite différence de taux de croissance, lorsqu'elle est cumulée sur une période relativement longue, peut créer des écarts considérables de bien-être. C'est pourquoi la croissance économique est l'élément clé dans les pays pauvres pour leur développement.

Malheureusement, plusieurs pays connaissent des taux de croissance économique semblables à ceux du Zimbabwe et de la Zambie. Sur la même période (1960-2005), le Timor-Leste a connu un taux de croissance moyen de 0,57% ; l'Uruguay 0,8% ; le Burundi 0,45% ; l'Argentine 0,72% ; l'Ethiopie (0,64%), ... Et il y a des situations pire : République Centrafricaine -0,69% ; République Démocratique du Congo -2,98% ; Haïti -1,14% ; Djibouti -4,34% ... Notre exemple ci-dessus montre que si rien n'est fait pour aider la Zambie ou le Zimbabwe, 50 ans plus tard, ils

resteront toujours pauvres et l'écart de niveau de vie entre le Botswanais moyen et le Zimbabwéen moyen sera considérable. Pour citer Barro et Sala-i-Martin (1996) : « si nous voulons comprendre pourquoi les niveaux de vie diffèrent tant entre pays, nous devons déterminer les raisons d'écarts aussi prononcés entre leurs taux de croissance économique à long terme. Car même de petites différences entre ces taux de croissance, lorsqu'elles sont cumulées sur une génération ou plus, engendrent de remarquables écarts entre les niveaux de vie ». Une question fondamentale se pose alors. Pour paraphraser Lucas, « la communauté humaine peut-elle agir pour que l'économie zambienne puisse croître au même rythme que le Botswana ? Si oui, que faut-il faire au juste ? Sinon, que peut-il y avoir dans la nature de la Zambie pour qu'il en soit ainsi ? » Pour initier le processus de croissance dans les pays pauvres, la solution avancée par la Banque mondiale est que la communauté internationale finance leur investissement grâce à l'aide internationale. En augmentant leur stock de capital grâce à l'aide, les pays pauvres pourront durablement connaître la croissance économique et ainsi vaincre la pauvreté.

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