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Aide au développement peut-elle aider l'Afrique noire à  se lancer au développement durable?

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par Jean-Paul Jean-Paul NABONA BISIMWA
Université Libre dà¢â‚¬â„¢Uvira et des Grands Lacs, ULUGL en sigle - Master complementaire  2012
  

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2.2. Croissance économique et réduction de la pauvreté

Une vaste littérature s'est développée ces dernières années sur le lien entre la croissance économique et la réduction de la pauvreté. Même si aucune étude n'a

montré que la croissance économique s'accompagne de l'augmentation de la pauvreté absolue, certains auteurs soutiennent que le fruit de la croissance économique peut être capté par une minorité et que finalement, elle s'accompagne d'inégalités plus marquées. Dans ce cas, la croissance du revenu moyen va entraîner l'augmentation de la pauvreté relative (écart entre riches et pauvres) au sein d'un même pays.

Néanmoins, les analyses de Chen et Ravallion (1997) sur un échantillon de 42 pays et celles de Janvry et Sadoulet (1999) ne permettent pas de mettre en évidence une influence de la croissance économique sur le niveau des inégalités, et donc la pauvreté relative. La célèbre étude de Dollar et Kraay (2000) montre par contre que la croissance économique est bénéfique pour les pauvres. Même si le lien entre la croissance économique et les inégalités dans les pays pauvres reste à élucider, plusieurs auteurs (Timmer 1997, Chen et Ravallion 1997, Ravallion Bruno et Squire 1998, Foster et Szekely 2002) soutiennent que l'augmentation du revenu par tête moyen d'un pays grâce à la croissance économique entraîne l'augmentation du revenu des plus démunis du pays. La croissance économique réduit donc la pauvreté.

Dollar et Kraay (2000) définissent les plus démunis d'une économie comme la part de la population qui occupe le premier quintile du revenu ; c'est-à-dire 20%les plus pauvres. En estimant la corrélation entre le revenu par tête moyen au niveau 80 national et le revenu par tête des plus pauvres du pays, ils montrent que la croissance économique s'accompagne de l'augmentation du revenu des plus pauvres. La croissance est donc bénéfique pour les plus démunis. C'est ce que la figure suivante illustre.

Figure I--21 : Corrélation entre le PIB par tête et le revenu des pauvres

L'étude couvre quarante ans, et porte sur 125 pays. La figure fait dépendre le revenu par habitant des plus démunis (en ordonnées) du revenu par habitant moyen au niveau national (en abscisses). Chaque point correspond à un pays. L'Ethiopie par exemple avec un revenu global annuel moyen par tête de 316$ et un revenu moyen de 100$ pour les pauvres est représentée sur la figure par le point le plus à gauche. Le revenu moyen35par habitant pour l'ensemble des pays incorporés dans l'étude varie de 316$ à 18673$. Le revenu des pauvres varie lui de 42$ à 8769$. On remarque une corrélation très étroite entre les deux variables (R2 élevé). La pente de la droite de régression est statistiquement égale à 1. Cela signifie qu'une augmentation du revenu moyen par habitant se traduit par une augmentation du revenu des pauvres dans la même proportion. Néanmoins, cette forte corrélation est à prendre avec réserve dans la mesure où la manière dont le lien est présenté ci-dessus ne permet pas d'éviter le risque de surestimation du coefficient de corrélation entre les deux variables lorsqu'elles ne sont pas stationnaires. La figure ci-dessous illustre cette fois-ci, la relation entre les taux de croissance des deux variables; c'est-à-dire le taux de croissance du revenu moyen par habitant et celui du revenu par habitant des pauvres.

35 Les revenus utilisés ici sont en termes réels; c'est-à-dire corrigés en fonction du pouvoir d'achat des devises locales.

Figure I--22 : Corrélation entre les taux de croissance

Chaque point de cette figure associe pour un pays donné, le taux de croissance du PIB par tête (en abscisse) au taux de croissance du revenu des plus pauvres (en ordonnée). L'idée principale est de savoir si la croissance économique est pro--pauvre. On remarque que la relation est moins étroite que celle de la figure précédente. Ce résultat est tout à fait prévisible dans la mesure où la variabilité de la variable endogène n'est pas la même dans le premier cas (niveau logarithmique) et dans le second cas (taux de croissance économique). La corrélation reste cependant élevée. La croissance du revenu des pauvres est expliquée à plus de 50% par la croissance du revenu moyen. D'autres facteurs (dont surtout la distribution du revenu) expliquent le reste. Une fois encore, la pente de la droite de régression est statistiquement égale à 1. Ce qui signifie que quand le revenu moyen croit, le revenu des pauvres croit dans la même proportion. C'est la loi du « one to one » de Dollar et Kraay (2000). D'autres études (Ravallion et Chen 1997, Ravallion et Squire 1998) aboutissent à une élasticité supérieure à 1 entre ces deux variables ; suggérant ainsi qu'une augmentation de 1% du revenu moyen par habitant entraîne une augmentation supérieure à 1% du revenu des pauvres.

En somme, la croissance économique en augmentant le revenu moyen par habitant au niveau national, augmente aussi le revenu des plus pauvres. L'augmentation du revenu entraîne à son tour le progrès sur le plan social. C'est ce qu'illustrent les figures suivantes:

Figure I--23 : Corrélation entre le PIB par tête et les indicateurs « objectifs » de pauvreté

Ces figures présentent la corrélation entre le niveau du revenu par habitant et le niveau de bien-- être sur le plan social, repéré ici par un ensemble de quatre indicateurs sociaux. Il s'agit notamment de : la malnutrition au sein de la population repérée par la disponibilité énergétique alimentaire (en calories par habitant), l'espérance de vie à la naissance (en années), le taux de mortalité des moins de 5 ans (pour mille) et l'accès aux connaissances repéré par le nombre moyen d'années d'étude de la population.

L'espérance de vie à la naissance, le niveau d'éducation et le niveau de revenu sont les trois indicateurs principaux souvent considérés comme reflétant le niveau de développement d'une population. Le PNUD par exemple agrège ces trois variables en un indice synthétique appelé Indicateur de Développement Humain (IDH). C'est de ce dernier qu'il se sert pour jauger le niveau de développement atteint à travers le temps et l'espace. La disponibilité calorifique alimentaire et le taux de mortalité infantile sont souvent considérés comme indicateurs reflétant le niveau de bien*être des plus vulnérables au sein de la population. C'est pourquoi nous retenons ces quatre indicateurs (espérance de vie, niveau d'instruction, disponibilité alimentaire et mortalité des enfants) pour apprécier le niveau de développement sur le plan social.

On remarque que le revenu par habitant présente en général une bonne corrélation avec tous ces indicateurs. Les coefficients sur ces figures indiquent que, lorsque le revenu par habitant augmente de 1%, la disponibilité énergétique alimentaire augmente de 17%. Dans le même temps, l'espérance de vie à la naissance augmente de 0,14% ; le taux de mortalité des moins de 5 ans baisse de 0,87% et le nombre moyen d'années d'étude augmente de 0,44%. La croissance économique entraînerait bien le progrès social. C'est la raison pour laquelle certaines institutions comme la Banque mondiale et le FMI utilisent principalement le revenu par habitant comme indicateur du niveau de développement. Il en sera de même pour le reste de notre analyse.

En conclusion la philosophie de la Banque mondiale peut se résumer ainsi : l'aide aux pays pauvres est la politique à mener pour combattre la pauvreté dans le monde. En finançant les investissements dans les pays pauvres grâce à l'aide internationale, on promeut leur croissance économique. On augmente ainsi le revenu par tête moyen au niveau national, et

par-là, celui des pauvres. Quand le revenu augmente, à cause des effets bénéfiques de l'augmentation du revenu sur les indicateurs sociaux, on améliore le bien-être global des pays en développement. C'est ainsi qu'on pourra aider les pays du Tiers-monde à se développer. A terme, la pauvreté absolue qui est la principale caractéristique du sous-développement pourra disparaître. C'est l'objectif que poursuit la Banque mondiale dans les ODM.

Se pose alors une question : après plus d'un demi-siècle de politique d'aide au développement, la pauvreté a-t-elle baissé dans le monde?

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