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Aide au développement peut-elle aider l'Afrique noire à  se lancer au développement durable?

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par Jean-Paul Jean-Paul NABONA BISIMWA
Université Libre dà¢â‚¬â„¢Uvira et des Grands Lacs, ULUGL en sigle - Master complementaire  2012
  

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2.2. Les critiques d'inspiration marxiste : l'aide, une nouvelle source d'exploitation
(néocolonialisme)

Les critiques d'inspiration marxiste de l'aide internationale ont connu un regain d'importance ces dernières années avec le développement d'un courant de pensée essentiellement francophone, qui est souvent désigné sous l'intitulé de courant du « refus du développement », ou de « l'anti-développement », au nom de leurs considérations, opposées à celles du FMI et de la Banque mondiale. Citons les travaux de René Dumont, Ivan Illich, François Partant, Serge Latouche, Gilbert Rist, Eric Toussaint, Alain Caillé, Guerrien, Insel, B. S. Yamey, Sapir, Cornélius

Castoriadis, Vandana Shiva, François-Xavier Vershave, Nicholas-Georgescu Roegen, René Passet, Vincent Cheynet ou encore François De Ravignan (pour ne citer qu'eux).

Les auteurs d'inspiration marxiste considèrent l'aide internationale ainsi que l'ensemble des politiques de développement comme servant avant tout, la cause des pays riches. Ils considèrent l'aide comme un puissant canal par lequel les pays industrialisés continuent par exercer leur domination sur les pays en développement, malgré leur indépendance politique. Stéphanie Treillet (2003), résume leur proposition commune comme suit: "le développement, à la fois sur la plan théorique (système de pensée, objectifs) et sur le plan des stratégies mises en application (aide, mondialisation, ...) n'a constitué pour les sociétés d'Afrique, d'Asie et d'Amérique Latine, depuis leur indépendance, qu'un nouvel avatar de la domination des pays industrialisés et de l'occidentalisation du monde, sur tous les plans (économique, social, culturel...)".

De nombreux historiens pensent que le concept de « développement » avec surtout la mise en place de l'aide internationale, en augmentant les interventions des pays occidentaux dans les pays du Sud, avait pour but initial de stopper l'avancée des communistes et de garder le contrôle des anciennes colonies. Le discours instigateur de l'aide internationale n'est*il pas le même que celui qui appelait à la création de l'OTAN (Organisation du Traite de l'Atlantique Nord) ? La création de l'OTAN, est considérée au départ comme une coalition pour contrer le bloc communiste. Le troisième point du discours du 20 janvier 1949 du président H. S. Truman appelait à la création de l'OTAN, à une fourniture d'équipement et à une assistance militaire aux pays qui acceptaient de coopérer avec eux. Et au quatrième point, il appelait à l'aide internationale au développement. Dès le départ, la politique d'aide internationale, n'est pas purement philanthropique. L'aide, surtout bilatérale était principalement utilisée pour supporter les alliés politiques au cours de la guerre froide. L'exemple de l'ex Zaïre, actuel République Démocratique du Congo est très parlant dans ce domaine. Le régime de Mobutu Sese Seko a contre toute attente, bénéficié de soutiens politico-militaire et d'appuis financiers énormes pendant plusieurs décennies, provenant essentiellement des Etats-Unis. Juste après l'effondrement du bloc soviétique qui a entraîné la fin de la guerre froide, le président Mobutu a perdu tous ses soutiens occidentaux.

« Desarollo » (développementiste) en Amérique Latine était une insulte dans les années 1950, et désignait l'impérialisme américain (Lut Tins, 2004). Pour se légitimer, la colonisation s'est appuyée sur les valeurs de civilisation et d'éducation. Désormais les valeurs compensatoires sont celles de construction, développement, intégration, mondialisation ...

Les « anti-développementistes » dénoncent le « développement » et ses pratiques qu'ils qualifient de « désastres ». Les Occidentaux, nostalgiques de la période coloniale et soucieux de toujours contrôler les autres parties du monde ont mis en place l'aide publique au développement. Elle est aujourd'hui la manifestation déguisée de l'égoïsme des plus nantis, et un nouveau moyen de leur ingérence dans les affaires et la vie des pays du Tiers*Monde. Selon les auteurs anti-développementistes, l'aide au développement n'existerait que dans le souci de pérenniser la domination occidentale. Elle sert d'outils de justification d'intervention dans les pays en développement, visant avant tout l'intérêt du donateur. « Le principal objectif des donateurs est bel et bien le renforcement de leur zone d'influence à travers le soutien politique aux dirigeants alliés du Sud, afin d'être en mesure de leur imposer des décisions économiques et de contrôler les positions qu'ils adoptent lors des sommets internationaux ». D. Millet et E. Toussaint (2005).

Un mobile important de l'aide internationale est la promotion du commerce inégal, qui enrichit les pays industrialisés au détriment du Sud. Alors que les exportations des produits manufacturiers des pays riches (qui occupent 70% du commerce mondial) augmentent, les exportations mondiales de matières premières et leurs prix ont fortement diminué depuis les années 1980 ; en grande partie sous l'effet des politiques des institutions internationales (Banque mondiale, FMI, OMC, etc.). Les ventes de matières premières des pays pauvres ne compensent

généralement pas leurs importations de marchandises. Il en résulte pour les pays du Sud un déficit de leurs balances commerciales. En conséquence, le commerce, inégal, ne profite qu'aux pays industrialisés qui s'enrichissent par l'appauvrissement des pays du Sud. Pour protéger leurs intérêts, les pays riches ont alors mis sur pied des politiques dites de « développement », qui en fait accroissent leurs interventions et garantissent leurs intérêts commerciaux. En passant par l'aide internationale et la mondialisation, les pays industrialisés « pompent » les richesses du Sud, puisqu'ils en tirent énormément de profits, comme le montre la figure ci-dessous.

Figure I--26 : Transferts financiers 2001 pour l'ensemble des pays en développement (en
milliards de dollars)

NB : Le service de la dette représente les remboursements annuels augmentés des intérêts.

Ainsi, à travers les rapports commerciaux et l'aide internationale qui est génératrice de dette, les pays occidentaux soutirent aux pays en développement plus de ressources financières qu'ils ne leur en procurent. La dette gigantesque, est un moyen sûr pour les pays riches de garder les pays pauvres dans leur sphère d'influence, et d'aliénation. L'aide étrangère ne peut contribuer de façon substantielle au développement du Tiers Monde ; au contraire, elle est à même de le retarder.

En somme, ces deux thèses (libérale et marxiste) se rejoignent quant à l'incapacité de l'aide internationale à promouvoir le développement ou à soulager la souffrance des pays pauvres. Alors que la Banque mondiale considère l'aide comme nécessaire pour la croissance des pays en développement et l'éradication de la pauvreté dans le monde, le courant contestataire libéral et les « anti-développementistes » la considèrent comme défavorable au développement. Face à ce manichéisme, il nous faut considérer les analyses empiriques de l'efficacité de l'aide internationale pour voir ce que nous disent les faits. C'est ce qu'on abordera dans le chapitre suivant.

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