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Aide au développement peut-elle aider l'Afrique noire à  se lancer au développement durable?

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par Jean-Paul Jean-Paul NABONA BISIMWA
Université Libre dà¢â‚¬â„¢Uvira et des Grands Lacs, ULUGL en sigle - Master complementaire  2012
  

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2. L'inférence empirique des raisons de l'aide

La question de l'allocation de l'aide internationale entre les pays bénéficiaires fait l'objet d'une littérature abondante. Depuis les années 1970, de nombreuses études pour la plupart empiriques ont cherché à inférer les raisons d'allocation de l'aide internationale. Selon que l'étude porte sur l'aide bilatérale, l'aide multilatérale ou l'ensemble de l'aide, les résultats sont naturellement très différents.

2.1. L'aide bilatérale s'expliquerait surtout par l'intérêt du donateur

Les « raisons » d'allocation internationale de l'aide bilatérale ne cessent de faire débat depuis les travaux pionniers de Mac Kinlay et Little à la fin des années 1970. Plusieurs auteurs20ont analysé les principaux critères d'allocation des différents pays donateurs: Etats-Unis, Japon, France, Royaume-Uni, Danemark, Suède, Australie.

Mac Kinlay et Little (1977, 1978 et 1979) ont essayé d'expliquer la répartition internationale de l'aide des principaux donateurs bilatéraux (France, Etats-Unis, Royaume Uni) à partir de deux modèles. Un modèle « receveur » (altruiste) faisant dépendre l'aide reçue du niveau des besoins du bénéficiaire, et un modèle « donateur » (égoïste) axé sur les objectifs de politique étrangère du pays donateur. Leurs résultats plaident nettement en faveur d'une allocation de

l'aide basée sur l'intérêt du donateur. Cette conclusion a été confortée par l'analyse économétrique de Maizels et Nissanke (1984). Dans le climat passionné des années 1970-80, ce résultat semblait illustrer le cynisme des relations internationales, jusque dans ses manifestations les plus altruistes. Les importantes aides des Etats-Unis à l'ex Zaïre (actuelle RDC) en pleine guerre froide malgré des conditions de gestion calamiteuses sous le régime Mobutu en sont une illustration. Il a été dit que ces aides poursuivaient l'objectif non déclaré de créer un pouvoir de monopsone artificiel sur les exportations d'uranium de la RDC, l'ex Zaïre, une matière première nécessaire pour la fabrication des missiles ; en empêchant en même temps, l'adversaire (l'URSS) de s'en procurer. Mais il y a aussi des enjeux idéologiques.

En Afrique, les régimes autoproclamés marxistes dans les années 1970-1980 (Ethiopie, Mozambique, Angola, Bénin, Burkina Faso, ...) étaient sanctionnés par le gouvernement américain dans l'octroi de son aide. Ils n'ont bénéficié que de seulement 6% de l'aide américaine durant la décennie 1980, contre 88% pour les régimes capitalistes proches du bloc occidental comme le Sénégal, l'ex Zaïre, l'Egypte, ... Des études plus récentes avec des méthodologies différentes (Hook S. et al. 1998, Gounder 1999, Burnside et Dollar 1997, 2000 ; CERDI 2001, Morrissey 2004) sont venues confirmer le modèle « égoïste » notamment pour les grands donateurs (Etats-Unis, France, Grande Bretagne, Japon, Australie, Suède, Canada). Alesina et Dollar (2000) ont trouvé que les liens coloniaux étaient beaucoup plus importants : « une ancienne colonie non démocratique reçoit environ deux fois plus d'aide qu'un pays sans liens coloniaux mais démocratique ». Avec la fin de l'antagonisme Est-Ouest en 1990, les intérêts stratégiques se sont modifiés vers d'autres grands enjeux comme par exemple le commerce. A titre d'exemples, selon l'ACDI, « Le Canada bénéficie d'environ 70 centimes de chaque dollar dépensé au titre de l'aide au développement, grâce notamment à l'achat de produits et services canadiens ». Entre 2001 et 2003, les apports nets d'aide reçus par l'Afghanistan ont plus que triplé et l'aide à l'Irak a été multipliée par 23 (de 0,1 à 2,3 milliards USD). Ces augmentations provenaient surtout des Etats-Unis, dans sa politique de lutte contre le terrorisme (OCDE, 2004). D'autres pays comme la France, le Royaume Uni et le Portugal assistent plus leurs Ex-colonies, reflétant des préférences linguistiques et des alliances politiques. L'aide du Japon va beaucoup plus à ses partenaires commerciaux, et aux pays qui votent avec lui à l'ONU. Il apparaît presque banal de remarquer que l'intérêt du pays donateur concerné est au premier plan des objectifs de l'aide au développement.

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