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Repenser la liberté comme mystère chez G. Marcel. une approche analytico-herméneutique de : "les hommes contre l'humain".


par Freddy KAKULE KANAMUNGOYA
Université Saint Augustin de Kinshasa (USAKIN) - Graduat 2020
  

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IV. Don et liberté

Les réflexions de G. Marcel sur la liberté ne se sont pas limitées seulement à la conception de la liberté comme « pouvoir de choisir » mais elles sont allées au-delà pour saisir la liberté comme « un appel libérateur qui fait passer l'homme du clos à l'ouvert »47(*). Autrement dit, la liberté que prône l'auteur du Refus à l'invocation n'est pas une liberté qui nous enferme sur nous-mêmes mais elle est une ouverture vers autrui.

Par ailleurs, bien que ce ne soit pas le cas, le don ou la grâce parait de l'ordre du problème par le fait qu'il est considéré comme venant du dehors de moi mais nécessitant une disponibilité pour l'accueillir.

De ce fait, G. Marcel déclare dans une interview inédite accordée à G. d'Aubarède que la différence fondamentale entre J.-P Sartre et lui c'est qu'il n'a jamais pu considérer la liberté comme absolu. Aux yeux de Marcel, la liberté ne peut exister à condition de s'articuler sur une grâce reconnue comme telle48(*). C'est à travers cette déclaration que s'éclaircit sa position en ce qui concerne la liberté et Transcendance. Sur ce, il s'avère important de retenir que pour lui la Transcendance ne nie ni ne contrecarre la liberté de l'homme mais par contre, il l'éclaire, l'éveille et la suscite. Par conséquent, « la liberté n'est plus le pouvoir d'être par soi, ni même pour soi, elle devient plutôt l'actif laissez-passer accordé à l'appel libérateur49(*) ». Dans la perspective marcellienne, un acte est libre quand il n'est plus un pouvoir angoissant de l'alternative mais devient une réponse joyeuse à l'appel qui se veut libérateur. C'est-à-dire qui allège pour nous ce fardeau qui s'appesantit sur nos épaules et semble devoir nous jeter un jour face contre terre.

Eu égard à ce qui précède, nous pouvons dire que Marcel marque ainsi la différence entre lui et d'autres philosophes non-chrétiens quand il soutient que la liberté est comme un don ou une volonté qui doit se maintenir dans la grâce. D'ailleurs, dira-t-il plus tard, la vérité de la liberté est sans doute de résorber son pouvoir, sa subvention et sa puissance de contraire. D'après lui, de même que la philosophie par du refus à l'invocation, la liberté va du dilemme au consentement50(*). En plus, dans une conférence inédite qui avait comme intitulé «  la liberté et le don », P. Ricoeur souligne qu'il était question de démontrer la manière dont « la grâce et le don » s'articulent l'un sur l'autre parce que la liberté pensée sans référence à la grâce risque de perdre toute valeur et toute signification51(*).

Grosso modo, nous avons constaté tout au long de ce point la place prépondérante que Marcel accorde à la grâce quand il parle de la liberté. D'ailleurs, il va jusqu'à dire que la liberté est au service de la grâce. En parlant, du don mieux encore de la grâce, les autres philosophes surtout les non-chrétiens, utilisent le terme « valeur » pour signifier la même chose que G. Marcel. De ce fait, la valeur se présente comme un thermomètre pour faire la distinction entre la liberté authentique et celle que nous appelons prétendue.

* 47 P. RICOEUR, Gabriel Marcel et Karl Jaspers. Philosophie du mystère et philosophie du paradoxe, Paris, Edition du temps présent, 1947,p. 224

* 48 Cf. G. MARCEL cité par R. TROISFONTAINE, De l'existence à l'être, op. cit., p. 305.

* 49 IDEM, Refus à l'invocation, Paris, Gallimard, 1964, p. 74.

* 50 Cf. G. MARCEL cité par P. RICOEUR, Gabriel Marcel et Karl Jaspers, op. cit., p. 229.

* 51 Cf. Ibid.

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